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Nouvelle capitale, nouveau départ

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mercredi, 17 avril 2024

Tous les regards se tournent désormais vers la Nouvelle Capitale administra­tive. Suite à la prestation de serment du président Abdel Fattah Al-Sissi pour son troisième mandat, à partir du nou­veau bâtiment du parlement à la Nou­velle Capitale, le feu vert a été donné pour y transférer le gouvernement.

Nouvelle capitale, nouveau départ

C’est donc à la Nouvelle Capitale que siège désormais le centre du pouvoir, symbole de la nouvelle République. Comme l’a déclaré le président de la Société de la Nouvelle Capitale administrative, Kha­led Abbas : « La prestation de serment représente l’inauguration de la première phase de la Nouvelle Capitale. A par­tir d’aujourd’hui nous y assisterons à de nombreux événements officiels, qu’ils soient présidentiels ou gouvernementaux ».

Lancé en 2015, ce projet ambitieux oc­cupe une superficie de 730 km2. Son ob­jectif est de créer une ville à la fois inclu­sive, intelligente et durable, symbolisant la modernité et la force de l’Etat égyp­tien. Huit ans après son inauguration lors de la Conférence économique de Charm Al-Cheikh, plus de 100 institutions gou­vernementales, y compris 30 ministères et leurs organes affiliés, y ont été transférées. Actuellement, environ 40 000 employés et ouvriers y travaillent. Située à 60 km du Caire, cette ville intègre 25 quartiers résidentiels, soit environ 1,1 million de logements et 40 000 chambres d’hôtel, en plus du parlement, d’un palais présiden­tiel et d’un aéroport international.

Afin d’éviter toute inconstitutionnalité, le Conseil des ministres a approuvé en juin 2022 le décret présidentiel portant sur la modification de la frontière orien­tale du gouvernorat du Caire pour qu’elle comprenne les superficies de la Nouvelle Capitale administrative. La Constitu­tion dispose dans son article numéro 114 que le siège du Conseil des députés est la ville du Caire. Ainsi et selon la Consti­tution, la Nouvelle Capitale est géogra­phiquement et administrativement affiliée au gouvernorat du Caire et deviendra la capitale politique et administrative de l’Egypte, comme l’explique le professeur de sciences politiques à l’Université du Caire Hassan Salama. « Cela annonce un nouveau système de gouvernance fon­dé sur une interaction entre l’Etat et la société », affirme Salama, qui rappelle que ce projet d’envergure met en place un système de développement durable pour les générations futures. « Ce qui permettra de remodeler la politique interne et externe de l’Egypte. D’une part, il revoit la rela­tion entre les citoyens et le gouvernement, car le citoyen sera un véritable partenaire dans le système de gouvernance et le pro­cessus de prise de décision. D’autre part, un nouveau système de gouvernance intel­ligent permettra à l’Egypte de suivre le rythme des développements mondiaux », explique Salama.

Les urbanistes, de leur côté, y voient un autre avantage, et pas des moindres. A l’instar de la professeure d’urbanisme à l’Université du Caire Soheir Hawass qui affirme que Le Caire khédivial retrouvera sa nature propre, altérée tout au long des années. « Le centre-ville était un quartier résidentiel, commercial et administratif, avec des immeubles luxueux où habitait la classe aisée. Avec le temps et avec la transformation de la zone en siège des ser­vices gouvernementaux, les caractéristiques du centre du Caire khédivial ont chan­gé ». Hawass ne considère donc pas le transfert du siège du gouvernement comme « un changement dans l’identité politique de la capitale », mais plutôt comme « une occasion de restaurer la forme originale du Caire ».

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