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Hommage à un égyptologue exceptionnel

Doaa Elhami , Mercredi, 17 avril 2024

La 2e année de la disparition de l’égyptologue Ramadan Badri Hussein est commémorée par une exposition au Musée égyptien et un documentaire retraçant sa vie.

Hommage à un égyptologue exceptionnel
Le masque d’argent doré, annoncé comme la meilleure découverte mondiale en 2018. (Photo : Doaa Elhami)

Avec une vingtaine de pièces, le Musée égyptien de la place Tahrir organise une exposition temporaire en hommage à l’égyptologue Ramadan Badri Hussein, disparu le 8 mars 2022. Inaugurée le 5 mars dans la salle 44 du rez-de-chaussée par l’égyptologue Zahi Hawas, elle prendra fin au mois de juin prochain. Le directeur général du Musée égyptien, Ali Abdel-Halim, a expliqué que les pièces présentées font partie de la collection découverte par la mission égypto-allemande de l’Université Humboldt dirigée par Hussein. « Ces pièces ont été révélées dans les tombes de puits annexées de l’atelier d’embaumement à Saqqara », ajoute-t-il, précisant que cette découverte datant de la XXVIe dynastie est une première en son genre jamais trouvée à Saqqara, raison pour laquelle elle a été choisie en 2018 parmi les 10 découvertes les plus importantes au monde.

Au premier coup d’oeil, le visiteur peut apercevoir, au milieu de la salle, le chef-d’oeuvre de l’exposition. Il s’agit d’un masque funéraire qui recouvrait le visage d’une momie. « Cette momie, appartenant à une dame, se trouvait dans un sarcophage couvert d’une couche de plâtre coloré et orné d’écritures hiéroglyphiques indiquant le nom de la propriétaire du sarcophage, qui est la prêtresse des divinités Mout et Niout-Cha-Es », ajoute le directeur. Selon Loutfi Abdel-Hamid, directeur des affaires archéologiques au musée, le masque est fabriqué en argent doré et incrusté de plusieurs matériaux comme la calcite pour le blanc des yeux, l’obsidienne pour l’iris et le verre noir pour les lignes des yeux ; la perruque et les sourcils sont également incrustés de verre coloré mélangé avec une pâte similaire à celle des yeux. « Ces détails indiquent que la propriétaire du masque était une dame aisée », souligne l’égyptologue.


Les vases canopes trouvés à l’atelier d’embaumement à Saqqara gardent encore des secrets. (Photo : Doaa Elhami)

L’exposition propose à ses visiteurs des amulettes en faïence de volumes et formes variés. Parmi les plus remarquables se distinguent deux amulettes, l’une en forme d’un repose-tête et l’autre en forme de scarabée. Les deux étaient destinées à protéger le défunt lors de son voyage vers l’au-delà. Parmi les pièces distinctives, on trouve aussi une statuette représentant un faucon et la double plume colorée. « Sans oublier les poids de diorite utilisés par l’embaumeur pour mesurer les matières employées dans le processus de momification », ajoute l’égyptologue.

Parmi les pièces funéraires exposées, on compte 4 vases canopes ornés d’hiéroglyphes, dont le couvercle de chacun représente l’un des fils d’Horus : Hapi symbolisé par la tête d’un babouin pour conserver les poumons, Amset représenté par la tête d’un être humain pour le foie, le troisième couvercle associé à Douamoutef sous la forme d’un chacal pour protéger l’estomac et, enfin, le dernier couvercle en forme de faucon pour abriter les intestins.

En marge de l’inauguration de l’exposition, les organisateurs ont diffusé un documentaire d’une vingtaine de minutes retraçant le parcours du professeur Ramadan Badri Hussein, ses principales réalisations scientifiques et ses relations avec ses professeurs, collègues et étudiants.

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