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Blinken en Israël pour discuter de Gaza, l'ONU se prononce sur un "cessez-le-feu immédiat"

AFP , Vendredi, 22 mars 2024

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Le secrétaire d'Etat atterit à Tel-Aviv. Photo : AFP

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, est arrivé vendredi en Israël où il devrait insister sur l'urgence d'accroître l'aide humanitaire à Gaza au moment où le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer sur une résolution pour un "cessez-le-feu immédiat" dans le territoire palestinien.

Après cinq mois et demi de guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza assiégée, au bord de la famine, Washington cherche aussi à convaincre son allié d'éviter une offensive terrestre sur la ville surpeuplée de Rafah, redoutant de lourdes pertes civiles.

Le Royaume-Uni, membre permanent du Conseil de sécurité, et l'Australie ont appelé vendredi à une "fin immédiate des combats" dans la bande de Gaza, pour y permettre "l'acheminement de l'aide et la libération des otages".

Pendant que les diplomates s'activent, les affrontements se poursuivent à travers le territoire palestinien, notamment dans et autour de l'hôpital al-Chifa, le plus important du territoire, où l'armée israélienne a affirmé vendredi avoir tué plus de 150 combattants palestiniens et arrêté des centaines de suspects depuis le début de la semaine.

Cette opération d'envergure lancée lundi contre ce complexe hospitalier a poussé des centaines de civils à fuir.

"Le fossé se réduit" dans les négociations pour une trêve associée à une libération d'otages, a assuré jeudi M. Blinken. "S'il est difficile de parvenir" à un accord, "cela est toujours possible", a-t-il ajouté.

En parallèle de ces pourparlers, les Etats-Unis ont pour la première fois présenté un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU sur un "cessez-le-feu immédiat lié à la libération des otages" retenus à Gaza depuis le début de la guerre.

Le texte, consulté par l'AFP et qui doit être soumis vendredi au vote, souligne "la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat et durable pour protéger les civils de tous côtés, permettre la fourniture de l'aide humanitaire essentielle".

L'issue du vote est toutefois incertaine alors que la Russie réclame un "appel" plus clair à faire taire les armes.

Rafah, une "erreur" 

Les Etats-Unis ont déjà mis leur veto à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité appelant à un cessez-le-feu, estimant que cela aurait bénéficié au Hamas.

Mais face à la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza, Washington intensifie ses efforts pour parvenir à une trêve, acheminer de l'aide et éviter une offensive terrestre sur Rafah, ville à la frontière égyptienne où s'entassent selon l'ONU environ 1,5 million de Palestiniens, la majorité déplacés par la guerre dans le reste du territoire.

"Il y a de meilleurs moyens de gérer la menace du Hamas", a déclaré jeudi M. Blinken, qualifiant "d'erreur" une éventuelle invasion terrestre de Rafah.

En dépit des pressions internationales, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, affirme qu'une offensive sur Rafah est nécessaire pour "vaincre" militairement le Hamas à Gaza.

La guerre éclatée le 7 octobre a fait 31.988 morts à Gaza, selon le dernier bilan en date du ministère palestinien de la Santé à Gaza.

Mossad et CIA au Qatar

Lors de sa sixième tournée au Moyen-Orient depuis le début de la guerre, M. Blinken a rencontré jeudi au Caire le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, pour discuter des moyens de parvenir à un cessez-le-feu.

Les discussions sur une trêve se poursuivent à Doha entre représentants des Etats-Unis, du Qatar et de l'Egypte. Le chef du Mossad, les services de renseignement israéliens, David Barnea, doit y rencontrer vendredi le directeur de la CIA, William Burns, le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahman, Al-Thani et le chef des services de renseignement égyptiens, Abbas Kamel.

Après avoir exigé un cessez-le-feu définitif, le Hamas a infléchi sa position la semaine dernière en acceptant le principe d'une pause de six semaines dans les combats. Mais des différends semblent persister sur l'échange d'otages israéliens détenus à Gaza contre des prisonniers palestiniens écroués en Israël.

"Les enfants meurent de faim"

Israël impose un siège complet à la bande de Gaza depuis le début de la guerre et contrôle strictement l'aide qui arrive principalement depuis l'Egypte via Rafah. Or ces contrôles serrés, selon l'ONU, ont pour effet de réduire le nombre de camions entrant dans le territoire.

"Les enfants meurent de faim. Ils sont privés de nourriture", s'est alarmé jeudi le Comité des droits de l'enfant des Nations unies. "Même les miettes sont difficiles à trouver", affirme-t-il.

Afin de soulager la population, plusieurs pays organisent des parachutages de nourriture et ont ouvert un couloir maritime depuis Chypre vers Gaza. Mais l'aide reste insuffisante face aux besoins des 2,4 millions d'habitants de Gaza et ne parvient que très difficilement dans le nord, où vivent plus de 300.000 personnes selon l'ONU.

"Voici nos enfants, voyez-vous leur état ? Nous ne savons pas comment les nourrir", a déclaré jeudi à l'AFP une Palestinienne fuyant les combats dans le secteur de l'hôpital al-Chifa. "Nous sommes assiégés depuis trois jours, nous ne pouvons rien leur donner à manger ou à boire".

*Article modifié par Ahraminfo

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