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Ukraine: des explosions entendues dans le centre de Kiev, plusieurs blessés

AFP , Jeudi, 21 mars 2024

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Des secouristes ukrainiens se tiennent devant un bâtiment résidentiel de cinq étages après une attaque de missiles à Kiev. Photo : AFP

Des explosions ont retenti jeudi dans le centre de Kiev après une alerte aérienne pour des missiles et des drones, faisant dix blessés, au lendemain de la mort de plusieurs civils en Ukraine et en Russie de chaque côté de la frontière commune.

Une dizaine de fortes explosions ont été entendues par des journalistes de l'AFP à partir 05H00 (03H00 GMT) dans la capitale ukrainienne, de même que des tirs de la défense antiaérienne.

"Le nombre de victimes est passé à 10. Deux d'entre elles ont été hospitalisées. D'autres ont été soignées sur place", a déclaré le maire de Kiev Vitali Klitschko, dans un message sur Telegram.

Il a également fait état de "débris de roquettes" tombés dans certains quartiers de la capitale, notamment sur un "immeuble résidentiel", et de "voitures en feu".

Les dernières frappes russes d'ampleur sur Kiev avaient eu lieu fin janvier.

Mercredi, l'Ukraine et la Russie avaient fait état de frappes ayant provoqué la mort de plusieurs civils de chaque côté de leur frontière commune, où les bombardements se sont multipliés ces derniers temps.

A Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine, au moins quatre personnes ont été tuées et sept blessées dans une frappe russe en pleine journée, a annoncé le gouverneur régional Oleg Synegoubov.

Un corps a pu être dégagé et deux autres restaient bloqués sous les gravats, a poursuivi M. Synegoubov, d'après qui deux blessés se trouvent dans un état grave.

"Les opérations de secours se poursuivent" et les pompiers essaient de maîtriser l'incendie, a indiqué Serguï Bolvinov, un haut responsable local de la police. Selon les services d'urgence, le feu s'est propagé sur "plus de 2.000 mètres carrés".

Située à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec la Russie, Kharkiv, qui comptait environ 1,5 million d'habitants avant l'invasion russe il y a deux ans, est régulièrement bombardée par l'armée russe.

Incursions armées 

A quelque 70km de là, dans la région russe de Belgorod, trois personnes sont mortes et quatre ont été blessées dans une série de bombardements, particulièrement "massifs" dans l'un des districts frontaliers, a déclaré le gouverneur local Viatcheslav Gladkov.

Depuis mercredi matin, la zone subit "des bombardements massifs", en particulier à partir de lance-roquettes multiples, a-t-il dit, évoquant un district frontalier cible d'attaques aériennes et d'incursions terrestres de groupes armés en provenance d'Ukraine.

Des bâtiments d'habitation, une école et deux maternelles ont également été endommagés, selon le gouverneur.

Aucun élève ou professeur ne s'y trouvait, les autorités régionales ayant décidé cette semaine de fermer à titre provisoire les établissements scolaires des zones frontalières face au risque de frappes.

M. Gladkov avait également annoncé mardi soir que des points de contrôle seraient installés à l'entrée de plusieurs villages proches de l'Ukraine, théâtres d'incursions armées ces dernières semaines.

Ces tentatives d'infiltration à partir du territoire ukrainien, que l'armée russe dit repousser, sont effectuées par des groupes se présentant comme des combattants russes alliés à Kiev et opposés à Vladimir Poutine.

La zone où des points de contrôle seront mis en place, autour du village de Kozinka, est celle où les "actions les plus actives" ont été menées par ces groupes, a expliqué le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

Pendant l'élection présidentielle russe, la semaine dernière, "des combattants ukrainiens ont tenté de s'emparer de localités dans les régions de Belgorod et de Koursk", a-t-il dit.

"Cela a pris trop de temps" 

Kiev avait promis de porter les combats sur le sol russe en représailles aux nombreux bombardements sur le territoire ukrainien.

De son côté, Vladimir Poutine, qui vient d'être reconduit dans ses fonctions, a promis mercredi d'"assurer la sécurité" des habitants des régions frontalières, dont celle de Belgorod, saluant leur "courage".

A Kiev où il était en visite officielle, le conseiller à la Sécurité nationale américain Jake Sullivan s'est pour sa part déclaré incapable de prédire si et quand le Congrès adopterait le programme d'aide militaire de 60 milliards de dollars en faveur de l'Ukraine, toujours bloqué à la Chambre des représentants, dirigée par les républicains.

"Cela a déjà pris trop de temps. Je le sais, vous le savez", a déclaré M. Sullivan lors d'une conférence de presse, aux côtés d'Andriy Yermak, chef de cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Je ne vais pas faire de prédictions sur le moment exact où cela se fera, mais nous travaillons pour que cela soit le plus tôt possible", a-t-il ajouté.

Il a réitéré la position de la Maison Blanche, qui s'est dite "confiante" dans la possibilité de débloquer l'argent à un moment ou à un autre.

Jeudi, l'Australie a, elle, annoncé rejoindre la coalition internationale en matière de drones pour soutenir l'effort de guerre ukrainien, copilotée par le Royaume-Uni et la Lettonie.

L'Ukraine a massivement recours aux drones pour compenser sa pénurie d'obus d'artillerie. Depuis le début du conflit en 2022, des centaines de milliers de ces engins ont été déployés par Kiev.

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