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Louqsor: dans la grandeur de Karnak

Nasma Réda, Jeudi, 22 février 2024

La salle hypostyle des temples de Karnak est l’une des plus grandes et des plus impressionnantes de l’histoire et de l’architecture de l’Egypte Ancienne. Ses colonnes sont la partie la plus spectaculaire du monument. Visite.

Dans la grandeur de Karnak

La salle hypostyle des temples de Karnak est sûrement la partie la plus impressionnante du temple, attirant chaque jour des milliers de visiteurs qui traversent cette forêt de colonnes. Ils sont éblouis par les proportions hors du commun de l’architecture de cette célèbre salle. Les touristes ne manquent pas l’occasion de prendre une dizaine de photos, notamment à l’aube ou au coucher du soleil où le ciel bleu forme avec les colonnes gigantesques un tableau incomparable. La grandeur des temples de Karnak est symbolisée par cette salle hypostyle où le constructeur a voulu figer dans la pierre une forêt de papyrus.

Situés sur la rive est de l’ancienne Thèbes, les temples de Karnak étaient dédiés principalement au culte d’Amon, le dieu de Thèbes. L’axe du temple, comme la plupart des temples égyptiens antiques, était est-ouest, mais il avait la particularité d’avoir un axe nord-sud faisant face au temple de Louqsor. Les deux temples étaient reliés par une allée bordée de statues en forme de sphinx, connue sous le nom de l’Allée des béliers. Construit par plusieurs pharaons entre 2200 et 360 av. J.-C., le temple de Karnak abrite le grand temple d’Amon, d’autres petits temples et sanctuaires, le grand lac sacré et notamment la grande salle des colonnes. Hatchepsout, Amenhotep III, Séthi Ier, Ramsès II et Ramsès III sont les pharaons les plus importants qui ont participé à sa construction.

Sur une superficie de 5 000 m2 s’étendent 134 colonnes massives représentant des papyrus et formant la salle hypostyle des temples de Karnak à Louqsor. Ces colonnes sont réparties sur 16 rangées : les deux rangées du milieu sont constituées de 12 colonnes qui sont de 10 m de circonférence et sont les plus hautes parmi celles de 24 m de hauteur. « Ces 12 colonnes ont été construites par le roi Amenhotep III de la XVIIIe dynastie », souligne Moustapha Al-Saghir, directeur des temples de Karnak. « En effet, la différence de niveau entre les colonnes latérales, moins élevées que celles du centre, permet d’aménager un système de claustras en forme de fenêtres, à travers lequel la lumière s’infiltre pour éclairer l’allée principale menant au saint des saints qui est la partie la plus sombre du temple. L’objectif n’est pas d’inonder la salle de lumière, mais simplement de laisser passer une lumière suffisante pour les déplacements », ajoute Al-Saghir, indiquant que les colonnes éclairées sont celles avec les chapiteaux ouverts, tandis que celles moins éclairées sont en forme de papyrus fermés.

Ces colonnes campaniformes, avec des chapiteaux en forme de papyrus ouvert, jalonnent l’allée centrale autrefois fréquentée par les prêtres, le roi ou leurs assistants. « L’explication est simple. Le centre du temple est éclairé par les rayons du soleil qui traversent les claustras de l’ancien toit : les fleurs sont alors épanouies », explique Al-Saghir, indiquant que cette allée guide vers la partie la plus sacrée du temple d’Amon-Rê. Par ailleurs, les 122 autres colonnes, commandées par le roi Séthi Ier de la XIXe dynastie et complétées par son fils Ramsès II, sont non seulement moins hautes mais aussi papyriformes, avec des chapiteaux fermés. « Etant laissées dans l’ombre, les fleurs des colonnes de côtés y restent fermées », explique le directeur des temples.

En effet, la partie nord de la salle hypostyle, principalement l’oeuvre de Séthi Ier, est décorée de hauts-reliefs, tandis que la partie sud, achevée à l’époque de Ramsès II, est ornée de reliefs en creux. Les inscriptions, situées soit sur les colonnes soit sur les parois entourant la salle, constituent un important dossier archéologique et historique. « Chaque colonne porte une, deux ou plusieurs scènes gravées par un ou deux souverains, principalement Séthi Ier, Ramsès II de la XIXe dynastie et Ramsès IV de la XXe dynastie. Chaque scène comporte également une, deux ou plusieurs divinités, principalement Amon, adoré à Thèbes », assure Mohamed Gad, membre de l’équipe des restaurateurs.

Il est à noter que les grands pharaons, en particulier Séthi Ier et son fils Ramsès II, ont développé non seulement les inscriptions gravées sur les colonnes, mais aussi les gravures sur les parois extérieures et intérieures de cette grande salle. Afin de montrer leurs gloires au peuple, des scènes de guerre et de traités militaires remplissent les parois extérieures. Ramsès II, quant à lui, a enregistré les étapes de la fondation du temple de Karnak, notamment de la grande salle hypostyle, sur les parois du côté sud.

Le mythe de la construction

La salle hypostyle de Karnak a été construite pour des raisons religieuses, politiques et symboliques. Elle était principalement dédiée au dieu Amon-Rê, la divinité principale de l’Egypte Ancienne, et servait à une variété de cérémonies religieuses. Les colonnes de la salle hypostyle étaient considérées comme des représentations des piliers du ciel, tandis que les peintures du toit représentaient les constellations, symbolisant l’ordre cosmique. C’était un lieu où le pharaon rencontrait ses sujets et rendait la justice, ainsi qu’un lieu de rassemblement pour les processions religieuses et les festivals.

Plusieurs théories tentent d’identifier les raisons pour lesquelles les anciens pharaons insistaient sur le fait d’ériger des colonnes géantes dans leurs temples. Les explications sont multiples, la plus connue étant celle liée au mythe d’Osiris et Isis. Celle-ci a fouillé les débris du corps de son mari au milieu des plantes de papyrus, les a regroupés et Osiris a été ressuscité.

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