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Washington juge "excessive" les attaques d'Israël à Rafah

AFP, Vendredi, 09 février 2024

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Des hommes marchent dans une rue ravagée par les bombardements israéliens à Rafah dans le sud de la bande de Gaza. Photo : AFP

L'armée israélienne bombarde vendredi Rafah, ville du sud de Gaza où s'entassent plus d'un million de Palestiniens déplacés par la guerre, sur fond de crainte d'un "désastre" humanitaire de son allié américain qui juge "excessive" sa riposte contre le Hamas.

Signe des vives tensions au Moyen-Orient dans le sillage de la guerre à Gaza, des salves de roquettes ont été lancées dans la nuit depuis le Liban vers le nord d'Israël, peu après une frappe aérienne israélienne contre un dirigeant militaire du Hezbollah libanais, et les Etats-Unis ont mené des bombardements contre les rebelles Houthis au Yémen.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui a conclu jeudi une tournée régionale visant à encourager les efforts pour obtenir une trêve, a exhorté Israël à "protéger" les civils dans ses opérations à Gaza, incluant Rafah.

Après des opérations terrestres à Gaza City, puis à Khan Younès, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a ordonné de préparer une offensive sur Rafah, ville située à la frontière, fermée, avec l'Egypte, où s'entassent 1,3 million de Palestiniens dont la grande majorité sont des personnes déplacées par les affrontements des derniers mois.

Washington a averti jeudi d'un "désastre" à Rafah et assuré ne pas soutenir une opération "sans une planification sérieuse et crédible" concernant les civils sur place. "Je pense, comme vous savez, que la riposte à Gaza, dans la bande de Gaza, a été excessive", a déclaré le président américain Joe Biden, dans une rare critique à l'égard d'Israël.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "alarmé" par une opération terrestre sur place. "Une telle action aggraverait de façon exponentielle l'actuel cauchemar humanitaire dont les conséquences régionales sont déjà incalculables", a-t-il écrit sur le réseau social X.

Des roses et des bombes 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des témoins ont fait état de frappes mortelles dans le centre et le sud de Gaza. Et le Croissant-Rouge palestinien s'est désolé de la mort de trois enfants dans une frappe israélienne sur Rafah.

Sur place, les raids aériens et les craintes locales d'opération terrestre n'ont pas complètement découragé Husam Abdul Hadi, un Palestinien de 20 ans, qui y vend des roses pour alléger les coeurs.

"Notre objectif est de ramener un sourire sur tous les visages, de changer leur humeur, de les rendre heureux et de les faire rire", dit-il à l'AFP. "Je l'ai trouvé en train de vendre des roses, alors j'ai voulu acheter quatre roses, parce que j'ai quatre enfants. Je veux les offrir à ma femme, et j'espère que nous passerons le cap de la guerre et que nous vivrons en paix", dit l'un de ses clients Abou Elias Mehanna.

"Gaza n'est plus Gaza", a témoigné pour l'AFP le ministre de la Culture de l'Autorité palestinienne, Atef Abou Seif, qui se trouvait à Gaza pour lancer la Journée du patrimoine palestinien lorsque la guerre a éclaté. Il y est resté coincé 90 jours.

Plus de 1 160 personnes du côté israélien, en majorité des civils ont été tués le 7 octobre, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Environ 250 personnes ont également été enlevées et emmenées à Gaza. Selon Israël, 132 otages sont toujours détenus sur place, dont 29 seraient morts.

En représailles, Israël a juré de "détruire" le groupe de Hamas et a lancé une offensive qui a fait au moins 27 840 morts dans le territoire palestinien, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le dernier bilan du ministère de la Santé .

Le Caire et Ryad 

Au Caire, un "nouveau cycle de négociations", parrainé par l'Egypte et le Qatar avec la participation du Hamas, a débuté jeudi pour obtenir "le calme dans la bande de Gaza" ainsi qu'un échange de prisonniers palestiniens et d'otages, selon un responsable égyptien.

Un accord avait permis fin novembre une pause d'une semaine dans les combats, l'acheminement de davantage d'aide à Gaza, la libération d'une centaine d'otages et de quelque 240 prisonniers palestiniens écroués en Israël. Cette fois, les pourparlers portent sur une trêve de plusieurs semaines.

"Nous nous attendons à des négociations très (...) difficiles, mais le Hamas est ouvert aux discussions et désireux d'arriver à un cessez-le-feu", a expliqué un responsable proche du Hamas.

L'Arabie saoudite a reçu jeudi des dignitaires de la région pour des "consultations" sur la situation à Gaza, Ryad s'estimant cette semaine disposé à discuter de la normalisation de ses relations avec Israël mais seulement après la fin de la guerre à Gaza et en cas de création d'un Etat palestinien.

* Article modifié par Ahraminfo

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