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Gaza : La guerre continue malgré les tentatives d’apaisement

Maha Salem , Mercredi, 07 février 2024

Alors que le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, effectue une tournée dans la région pour tenter d’instaurer une trêve, l’armée israélienne continue à pilonner Gaza.

Gaza : La guerre continue malgré les tentatives d’apaisement
(Photo : AFP)

Pour la 5e fois depuis le 7 octobre, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, effectue une tournée au Moyen-Orient avec l’espoir de parvenir à une trêve à Gaza. Blinken était lundi en Arabie saoudite et doit aussi se rendre au Qatar, en Egypte, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Cette tournée vise à faire avancer les tractations sur une nouvelle trêve entre Israël et le Hamas. « La balle est dans le camp du Hamas », a affirmé le conseiller à la sécurité nationale de la Maison blanche, Jake Sullivan. Et d’ajouter : « Accroître l’acheminement de la nourriture, de l’eau et des médicaments dans la bande de Gaza est l’une des principales priorités de Blinken lorsqu’il rencontrera le gouvernement israélien ». « Washington va renforcer ses pressions sur Israël, le Hamas et les pays concernés dans la région pour arriver à une trêve car l’expansion de cette guerre menace les intérêts américains et l’influence américaine dans la région. Cette guerre coûte cher aux Américains aux niveaux politique, militaire, économique, commercial et sécuritaire. L’arrêt de la guerre est devenu une nécessité pour les Américains », analyse pour sa part Mona Soliman, professeure de sciences politiques à l’Université du Caire.

Les Etats-Unis, principal allié d’Israël, font l’objet de critiques dans le monde arabe, mais aussi sur la scène interne, pour leur inébranlable soutien militaire et diplomatique à Israël. Washington affirme pourtant vouloir réduire l’impact de la guerre sur les civils dans la bande de Gaza.

La tournée de Blinken intervient dans un contexte de tensions exacerbées dans la région. La Syrie et l’Iraq ont dénoncé les frappes meurtrières menées par les Etats- Unis contre des groupes pro-Iran sur leurs territoires, en représailles à une attaque contre une base militaire américaine en Jordanie le 28 janvier qui a coûté la vie à trois soldats. Samedi, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont annoncé avoir bombardé des dizaines de cibles au Yémen, en réponse aux attaques répétées menées par les Houthis soutenus par l’Iran contre des navires. Bien que les Etats-Unis aient multiplié leurs frappes contre les combattants pro-iraniens en Iraq, en Syrie et au Yémen, rien n’indique que ces derniers vont céder face à la pression militaire et vont arrêter de tirer des missiles et des drones sur des cibles américaines ou occidentales en mer Rouge, en Syrie et en Iraq.

La tournée de Blinken vise essentiellement à accélérer les négociations pour parvenir à une seconde trêve, plus longue que celle d’une semaine qui avait permis fin novembre la libération d’une centaine d’otages retenus à Gaza en échange de Palestiniens détenus par Israël. De son côté, le Hamas a répété être prêt à discuter de « toute initiative qui mettrait fin à l’agression barbare contre le peuple palestinien à Gaza », a déclaré, lors d’une conférence de presse à Beyrouth, Oussama Hamdane, un des responsables du mouvement palestinien. Il a confirmé que son mouvement avait reçu la proposition de trêve, mais qu’il y manquait des détails, selon lui. Cette « proposition est un accord-cadre qui a besoin d’être étudié (…) On ne peut pas encore parler d’accord ». Après examen, « nous annoncerons notre position qui sera basée sur (…) notre volonté de mettre fin le plus rapidement possible à l’agression ».

Selon une source du Hamas, une première phase de l’initiative prévoit notamment une trêve de six semaines durant laquelle Israël devra libérer 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages toujours retenus à Gaza. 200 à 300 camions d’aide pourront entrer chaque jour dans le territoire palestinien.

Le Hamas exige un cessez-le-feu définitif, la libération d’un plus grand nombre de prisonniers palestiniens et l’augmentation des aides. Ce que refuse le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, malgré la pression croissante des proches des otages et de la communauté internationale. Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, installé au Qatar, est attendu en Egypte dans quelques jours pour discuter d’un projet d’accord élaboré par les médiateurs qatari, américain et égyptien.

Poursuite de l’agression

Renforçant son agression sur Gaza, l’armée israélienne a poursuivi ses bombardements sur Khan Younès, grande ville du sud en partie dévastée. En plus, l’armée israélienne a intensifié ses bombardements sur Rafah à la frontière égyptienne. Déjà, dans cette ville surpeuplée, plus de 1,3 million d’habitants, sur un total de 2,4 millions, sont désormais réfugiés selon l’ONU. La ville ne comptait que 200 000 habitants avant la guerre. Les déplacés s’entassent désormais dans des abris et des campements de fortune menacés par les pénuries et les épidémies. Israël prétend que les bombardements menés par son armée à Rafah et à Khan Younès visent un « centre d’entraînement » qui a servi à entraîner les combattants du Hamas ayant participé à l’opération « Déluge d’Al- Aqsa » du 7 octobre 2023. Une information niée par le Hamas. Gaza et Rafah ne sont pas les seules villes bombardées par l’armée israélienne. Le porte-parole de l’armée, Daniel Hagari, a indiqué samedi que les forces israéliennes avaient visé « plus de 3 400 cibles » du Hezbollah dans le sud du Liban et tué 200 commandants depuis octobre. A la frontière israélo-libanaise, les échanges de tirs sont quotidiens entre le Hezbollah, un allié du Hamas, et l’armée israélienne.

Le ministère de la Santé de Gaza a annoncé un bilan de 27 585 personnes tuées, en majorité des femmes, des enfants et des adolescents, dans la bande de Gaza, et un total de 66 978 personnes blessées depuis le début de la guerre le 7 octobre.

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