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Messages présidentiels

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mercredi, 31 janvier 2024

La sécurité nationale, les défis économiques et la guerre à Gaza étaient parmi les messages importants adressés par le président Abdel Fattah Al-Sissi à l’occasion du 72e anniversaire de la Fête de la police.

Messages présidentiels

Circonstances difficiles

« Tous les Egyptiens sont responsables de la sécurité, du progrès et de l’avenir de l’Egypte », a affirmé le président Abdel Fattah Al-Sissi, le 25 janvier, à l’occasion de la célébration du 72e anniversaire de la Fête de la police et de la Révolution du 25 janvier. Ces commémorations rappellent les nombreux défis par lesquels l’Egypte est passée au cours de longues années. Elles ont été l’occasion pour le président de souligner à travers son discours les énormes défis internes ou externes auxquels l’Egypte fait face.

Dans son discours, le président a mis en lumière les circonstances difficiles en Egypte qui ont suivi la Révolution du 25 janvier 2011, en particulier les évasions de prisons, et les tentatives faites à l’époque pour attiser l’opinion publique contre l’Etat, en particulier contre le ministère de l’Intérieur. Dans ce cadre, il a appelé le peuple égyptien à rester « toujours uni face à tout défi ou difficulté ».

 Un dialogue économique

Le président a également profité de l’occasion pour assurer sa conscience des difficultés économiques que traversent les citoyens. « Je réalise l’ampleur des souffrances et des pressions économiques en Egypte. J’apprécie encore plus la résilience des Egyptiens », a-t-il déclaré. Dans ce cadre, il a appelé le gouvernement à contrôler les prix et les commerçants à se contenter de gains appropriés. Il a même appelé à la tenue d’un « dialogue national plus approfondi et plus complet sur l’économie » afin de mettre fin aux problèmes économiques.

« Si les ressources en devises étrangères, y compris les exportations de marchandises, les revenus du Canal de Suez, le tourisme ou les envois de fonds des Egyptiens à l’étranger, n’augmentent pas ou ne sont pas au moins égales aux dépenses en dollars, le problème économique persistera », a expliqué le président. Le député Hazem El-Guindy, membre du Sénat et président adjoint du parti Wafd, a souligné l’importance de l’appel lancé par le président à un dialogue économique plus approfondi et plus global. Il a noté que les défis économiques que traverse l’Egypte nécessitent de concerter les efforts et de tenter de profiter de toutes les expertises dans ce domaine. « Nous avons besoin de formuler une stratégie économique qui permettra à l’Egypte de pénétrer dans la Nouvelle République et d’achever le processus de construction et de développement entamé il y a des années », affirme-t-il. El-Guindy ajoute : « Nous avons besoin de solutions plus concrètes car les discours théoriques sur les questions économiques se heurtent souvent à la réalité, y compris aux circonstances et crises internationales et régionales successives, dont les plus importantes sont la pandémie du COVID-19, la guerre russo-ukrainienne, en plus des crises régionales, dont la guerre israélienne dans la bande de Gaza et les tensions dans la région de la mer Rouge dues à cette guerre ».

De son côté, Ayman Mohseb, membre du Conseil des députés et rapporteur de la Commission de l’investissement dans le Dialogue national, affirme qu’un dialogue national économique contribuera à déterminer les mécanismes permettant de relever les défis économiques actuels. Il note que l’Egypte possède l’expérience et les capacités économiques qui lui permettent de surmonter les difficultés auxquelles elle est confrontée au niveau économique. « Pour la prochaine phase, nous avons besoin de visions réalistes et flexibles afin qu’elles puissent à la fois faire face à toutes les répercussions causées par les crises régionales ou internationales qui nous entourent et être réalisables sur le terrain, ce qui nécessite une étude approfondie de la situation pour parvenir à des visions appropriées », a-t-il déclaré.


Le président Sissi appelle les Egyptiens à préserver et à protéger leur unité et les réalisations qui ont été exécutées jusqu’à présent.

 Lutte contre le terrorisme

Sissi a également parlé du terrorisme dont l’éradication a coûté à l’Egypte quelque 120 milliards de L.E. avec des ressources limitées. « L’Egypte n’a pas d’autre choix que de lutter contre le terrorisme, sinon la situation se serait encore aggravée jusqu’à l’instabilité », a déclaré le président. Il a ajouté que « grâce aux sacrifices de la police et de l’armée, ainsi qu’à ceux d’autres segments de la société, l’Egypte pourra faire face à toutes formes de terrorisme et maintenir sa sécurité et sa stabilité ».

Pour le professeur de sciences politiques à l’Université du Caire Tarek Fahmi, le discours du président Sissi intervient à un moment crucial sur les plans interne, régional et international. Il affirme que le discours du président renferme des messages francs et révélateurs pour le peuple égyptien. « Il s’agit de les rassurer sur la sécurité nationale de l’Egypte, de leur dire que l’Etat est pleinement conscient de toutes les questions importantes qui préoccupent le citoyen et travaille pour trouver des solutions à tous les défis auxquels ils sont confrontés ». Et d’ajouter : « Plus important encore, c’est de souligner l’importance de l’unité du peuple comme principal facteur de la sécurité nationale. Il s’agit, comme l’a affirmé le président, du seul moyen de surmonter toutes les difficultés et que l’Egypte reste forte grâce à l’aide de son peuple et à l’unité et à la cohésion de son peuple ».

 La guerre à Gaza

Le président a également réitéré la position ferme et stable de l’Egypte sur la question palestinienne. Il a déclaré que l’Egypte soutient les droits légitimes du peuple palestinien à établir son Etat indépendant dans les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale. Il a également réfuté les affirmations d’Israël selon lesquelles l’Egypte serait à l’origine de l’arrêt de l’entrée de l’aide à Gaza, soulignant que « l’Egypte n’a jamais fermé et ne fermera pas le passage de Rafah devant l’acheminement de l’aide humanitaire au peuple palestinien. Les affirmations d’Israël sont sans fondement ». Il a noté que « le poste-frontière de Rafah est ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ». Il a ajouté que « les mesures israéliennes entravent l’entrée de l’aide dans l’enclave. Cela est considéré comme une sorte de pression exercée par Israël sur la bande de Gaza et ses habitants pour libérer les otages israéliens ». Le président a souligné qu’avant la guerre, 600 camions entraient quotidiennement à Gaza à travers le terminal de Rafah. Ce nombre est passé à 220 camions au maximum après le déclenchement de la guerre.

A cet égard, le politologue Hassan Salama assure que la guerre de Gaza est l’un des plus grands soucis de l’Egypte. Il affirme que le message du président n’est pas seulement adressé aux Egyptiens, mais également à l’étranger. « L’Egypte déploie d’énormes efforts diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu. Elle mène également une action humanitaire en acheminant des aides et en accueillant les blessés. En outre, elle fait récemment face aux provocations multiples d’Israël. C’est un nouveau fardeau qui s’impose au pays, mais l’Egypte est capable d’y faire face », a souligné le politologue.

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