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L’autre visage de la CAN

Aliaa Al-Korachi , Mercredi, 24 janvier 2024

Des Lions de la Teranga sénégalais aux Lions indomptables du Cameroun en passant par les Bafana Bafana sud-africains et les Black Stars ghanéens, les surnoms des équipes participant à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) reflètent la richesse de la culture et de l’histoire du continent.

L’autre visage de la CAN

Tambours, chants, danses et costumes traditionnels colorés … Au-delà de son caractère sportif, la CAN 2024, qui se déroule actuellement en Côte d’Ivoire, est une démonstration culturelle aussi bien dans les tribunes que sur le terrain. La variété même des surnoms des équipes africaines qui participent à cette compétition reflète la richesse du patrimoine africain. « Les Lions indomptables défient les Eléphants ». « Duel décisif entre les Bafana Bafana et les Chipolopolo ». « Les Aigles de Carthage contre les Super Eagles ». Ce sont là quelques gros titres parus sur les pages des journaux ou sur les sites sportifs. Seuls les passionnés de football africain peuvent facilement les comprendre. Le football est le sport le plus populaire du continent noir. Pour les sociétés africaines, le ballon rond n’est pas un simple jeu, mais un reflet de l’identité nationale. Alors que les surnoms des grandes équipes européennes sont inspirés pour la plupart de la couleur de leur maillot (les Bleus en France, l’Azzurri en Italie, les Oranje aux Pays-Bas, la Roja en Espagne), les équipes africaines sont plus créatives. Leurs surnoms sont souvent inspirés du folklore, de l’environnement et du patrimoine africains. Chaque équipe s’est choisi un surnom qui la distingue des autres, dans le but d’inspirer l’enthousiasme à ses joueurs et à ses supporters, mais aussi pour intimider ses adversaires. La grande majorité de ces surnoms sont des noms d’animaux de la jungle. Ils apportent une touche amusante à la CAN et constituent désormais une partie intégrante du football africain. En effet, l’immense richesse de la faune et du patrimoine historique africains a été la principale source d’inspiration des surnoms des équipes nationales africaines : les Fennecs algériens, les Pharaons égyptiens, les Lions de l’Atlas marocains, les Aigles de Carthage tunisiens, les Super Eagles nigérians, les Black Stars ghanéens, les Aigles maliens, les Eléphants ivoiriens, les Lions de la Teranga sénégalais et les Bafana Bafana sud-africains.

L’éléphant « Akwaba » est la mascotte officielle de cette édition de la CAN en Côte d’Ivoire. Akwaba signifie « Bienvenue » en dialecte ivoirien. Akwaba porte un bonnet noir sur la tête, un maillot orange, un short vert et des chaussettes blanches. En effet, depuis 1992, chaque CAN choisit un personnage emblématique, souvent un animal, en tant que mascotte. L’aigle, l’hippopotame et le lion sont les animaux les plus sélectionnés. Seule la 32e CAN qui a eu lieu en 2019 en Egypte avait pour mascotte officielle un jeune garçon nommé Tut et non pas un animal. Pourquoi les sélections africaines portent-elles en majorité des surnoms d’animaux, parfois grands et féroces, et parfois petits et habiles ? Selon Mohamed Abdel-Karim, spécialiste de l’Afrique, l’utilisation de noms d’animaux est l’expression d’une culture populaire commune au continent, elle est aussi le reflet de l’esprit d’unité entre les citoyens d’un même pays. « Il y a un lien étroit entre la culture africaine et ses symboles. C’est un choix intelligent qui montre qu’il y a des similitudes entre les peuples africains vis-à-vis de la société, de la valeur de la vie et du rapport de l’homme à son environnement », explique Abdel-Karim. Et d’ajouter que le choix des surnoms est en parfaite harmonie avec la pensée spirituelle africaine selon laquelle le monde dans lequel nous vivons est à la fois matériel et spirituel. Le monde matériel inclut tous les êtres que nous voyons. Quant au monde spirituel, il est habité par les ancêtres et les esprits non humains qui affectent notre vie quotidienne. Et ces esprits sont représentés/incarnés dans le monde humain par les animaux, les oiseaux et les poissons. Les chercheurs africains ont également fait le lien entre la philosophie humanitaire africaine connue sous le nom d’Ubuntu (qui consacre l’idée selon laquelle l’intérêt de l’individu sert l’intérêt et le bonheur de la société) et le respect de la personne africaine pour son environnement.

Qui gagnera la compétition ? Les Lions, les Eléphants, les Fennecs ou les Braves guerriers ? A la CAN, les surnoms des équipes sont devenus encore plus officiels que les noms même des pays participants.

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