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Hassan Fahmi : La dégradation du classement de l’Egypte nuira à l’économie

Dahlia Réda, Mardi, 12 novembre 2013

Pour Hassan Fahmi, président de l’Autorité de l’investissement, la détérioration du classement de l’Egypte dans le rapport Doing Business 2014 est biaisée. En dépit de la réputation des experts de la Banque mondiale, il affirme qu’ils n’ont pas tenu compte de la réalité des faits.

Hassan fahmi

Al-ahram hebdo : Pourquoi le classe­ment de l’Egypte dans le rapport Doing Business 2014 a-t-il reculé ?

Hassan Fahmi : L’Egypte est en effet tom­bée à la 128e position sur 189 pays, contre une 109e place l’année dernière. Ce qui nous gêne, en tant qu’entité gouvernementale, c’est que le rapport a totalement négligé la situation d’instabilité politique que traverse l’Egypte. Il n’a pas pris en considération le fait que la majeure partie des informations utilisées remonte à juin 2013, période qui a connu en Egypte la chute d’un président. Cette situation a affecté le climat des affaires. De plus, l’absence de Parlement pendant plus d’un an explique le gel de la promulga­tion de lois qui auraient pu améliorer un grand nombre d’indicateurs dans le rapport. Le rapport a aussi négligé les efforts récem­ment entrepris par le nouveau gouvernement en termes de règlement des conflits avec les investisseurs.

— Il est reproché à l’Autorité de l’inves­tissement d’être en grande partie respon­sable de cette baisse de performance ...

— L’économie égyptienne a connu un recul de son classement à cause du repli de sept sur dix indicateurs principaux compa­rant les données de l’économie égyptienne aux moyennes de la région d’une part et des pays à revenu élevé de l’OCDE d’autre part. Parmi les indicateurs ayant enregistré une mauvaise performance, on trouve la création d’entreprises, qui se positionne au 50e rang en 2014 contre 44 en 2013, l’octroi des per­mis de construire, 149 en 2014 contre 144 en 2013, l’obtention des prêts bancaires avec un recul de 4 places et le règlement de l’in­solvabilité qui s’est détérioré de 5 places.

— La détérioration des indicateurs dans le rapport est-elle vraiment palpable dans la réalité ?

— Non, pas forcément. Il existe des indi­cateurs comme celui de l’enregistrement des entreprises où l’Organisme de l’investisse­ment fait des efforts, notamment pour réduire le délai d’enregistrement des entre­prises à 3 jours, bien que le rapport consi­dère que les procédures d’enregistrement en Egypte prennent 7 jours. Ce même écart s’applique à d’autres indicateurs tels que le transfert de propriété, le paiement des impôts et l’exécution des contrats. En réalité, les progressions dépassent de loin leur état cité dans le rapport. Par ailleurs, le rapport dépend d’informations recueillies dans le secteur privé, qui, à son tour, a inté­rêt à sous-estimer l’effort fait par le gouver­nement pour en tirer plus de privilèges.

— Quel sera l’impact d’un tel classe­ment ?

Ce classement nuira à l’économie nationale. Car les investisseurs étrangers comptent sur ce rapport en tant qu’indica­teur avant de se lancer ou de s’orienter vers un nouveau marché .

Place de l’Egypte sur 189 pays dans le rapport Doing Business 2014

Création d’entreprise

50

Octroi de permis de construire

149

Raccordement à l’électricité

105

Transfert de propriété

105

Obtention de prêt

86

Protection des investisseurs

147

Paiement des impôts

148

Commerce transfrontalier

83

Exécution des contrats

156

Règlement de l’insolvabilité

146

Doing Business est un rapport annuel élaboré par la Banque mondiale, dans le but de classer les différentes économies d’après leur environnement légal et pro­cédural et la facilité à investir ou entre­prendre. Il compare cette année 189 pays sur une période allant de septembre 2012 à 2013. Le pays en tête de liste cette année est le Singapour, suivi de Hong Kong et de la Nouvelle-Zélande

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