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Euromoney Egypte : les investisseurs rassurés

Marwa Hussein, Mardi, 12 novembre 2013

Lors d'une intervention à la conférence Euromoney Egypt cette semaine au Caire, le ministre des Finances, Ahmad Galal, a exclu l’imposition de nouvelles taxes. Il a annoncé un plan pour réduire la dette publique, malgré la hausse prévue des dépenses.

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Pas de taxes sur les gains provenant de la Bourse sous prétexte de booster l'investissemen. (Photo: Bassam Al-Zoghby)

La dette de l’Egypte va diminuer malgré une hausse prévue des dépenses publiques. C’est ce qu’a affirmé le ministre des Finances, Ahmad Galal. « Nous envisageons une baisse de la dette à 91 % du PIB contre 94 % l’année passée », a annoncé Galal, lors de la session d’ouverture de la conférence Euromoney Egypt qui a pris lieu le 11 novembre au Caire.

En fait, la dette de l’Egypte n’a cessé de croître dépassant les prévi­sions préliminaires du gouvernement que ce soit en chiffre absolu ou par rapport au PIB. Elle a atteint 94 % du PIB en juin 2013 (fin de l’exercice fiscal dernier), contre 85 % un an plus tôt. La dette extérieure, qui est restée aux alentours de 1,5 % du PIB depuis le début des années 1990, a atteint environ 43,2 milliards de dollars à la fin de l’exercice 2012/13, soit une hausse de plus de 20 % par rapport à l’exercice précédent.

Lors de la conférence Euromoney Egypt, le gouvernement a dévoilé un plan pour limiter la dette à travers 3 mesures : réduire le service de la dette en baissant les taux d’intérêt sur la dette publique, réduire le déficit bud­gétaire et stimuler l’économie, pour pousser les recettes fiscales, sans imposer de nouvelles taxes.

« Le gouvernement n’a pas l’inten­tion d’imposer de nouvelles taxes qui représenteraient un fardeau pour les investisseurs car nous ne voulons pas freiner la reprise de l’économie », a dit le ministre devant une foule d’in­vestisseurs et d’exécutifs travaillant en Egypte. Il reconnaît qu’il y a des distorsions au niveau du système fis­cal. « Mais ce n’est pas le bon moment pour appliquer des réformes », a expliqué Galal à l’Heb­do.

Les prêts de 12 milliards de dollars offerts à l’Egypte par trois pays du Golfe après le départ de Mohamad Morsi ne feront qu’augmenter la dette, selon les experts. La banque d’investissement EFG-Hermes estime que la dette dépassera le seuil des 100 % du PIB pour la première fois depuis 2006 au cours de l’exer­cice 2013/14 à cause des dettes arabes qui s’élèvent à 12 milliards de dollars.

« Le pays va également faire face à un calendrier très occupé de service de la dette au cours des trois pro­chaines années, ce qui va maintenir la pression sur la balance des paie­ments du pays », souligne EFG-Hermes dans un rapport. L’endettement extérieur semble être une source sûre aux yeux du gouver­nement pour financer une hausse des dépenses publiques d’au moins 45 milliards de L.E. Le gouvernement a lancé en octobre un nouveau plan de stimulation de l’économie à hauteur de 29,6 milliards de L.E. (4,2 mil­liards de dollars) alors qu’un autre plan, dont le montant n’a pas été encore révélé, est envisagé. En outre, une hausse du salaire minimum des employés de la fonction publique depuis janvier va coûter au trésor 9 milliards de L.E. en 2012 en plus de 6 milliards de L.E. pour la hausse des salaires dans le secteur de la santé.

Le ministre des Finances a refusé d’an­noncer le coût du nouveau plan de stimulation. Le gouvernement prévoit des réformes pour générer des revenus telles que l’imposition de l’impôt foncier, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), l’augmentation des droits de carrière et la réduction des subven­tions à l’énergie.

Ce sont plus ou moins les mêmes réformes annoncées par tous les gouvernements arrivés au pouvoir depuis 2008 et qui n’ont pas été menées à terme.

« Les objectifs annoncés sont diffi­ciles à réaliser s’il n’y a pas de plan clair pour réduire les subventions aux carburants. De plus, les recettes fis­cales ne vont pas augmenter de manière significatives immédiatement après la mise en oeuvre de la TVA », estime Waël Ziada, directeur des recherches auprès de EFG-Hermes, qui prévoit un déficit budgétaire de 13,5 % (contre 14 % fin juin 2013 et 10 % prévu par le gouvernement)

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