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Adel El-Gendy : Le tourisme rural profite à l’économie locale

Doaa Elhami , Mercredi, 10 janvier 2024

Adel El-Gendy, directeur général du département stratégique au ministère du Tourisme et des Antiquités, revient sur le choix par l’OMT de Dahchour et de Siwa parmi les meilleurs villages touristiques ruraux de l’année 2023.

Adel El-Gendy

Al-Ahram Hebdo : Combien de villages ont participé à la compétition de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) cette année ?

Adel El-Gendy : La concurrence était rude cette année. 62 pays ont présenté les dossiers de 162 villages. Finalement, 54 ont été choisis parmi les meilleurs villages touristiques ruraux. Deux villages égyptiens ont été élus parmi les meilleurs : Dahchour dans le gouvernorat de Guiza et Siwa à Matrouh, alors que le village de Sainte-Catherine a été inscrit sur la liste de promotion de l’OMT. C’est une liste comprenant les villages qui répondent à plus de 75 % aux critères de l’OMT, mais dont le dossier comprend encore des lacunes à combler. La liste de promotion renferme également depuis 2021 le village égyptien de Foah dans le gouvernorat de Kafr Al-Cheikh, au nord du Delta. Son inscription sur cette liste s’explique par les carences du réseau routier au Delta. Nous comptons présenter l’année prochaine les deux dossiers de Sainte-Catherine et de Foah. L’Egypte a présenté cette année les dossiers de 7 villages, dont Qaramos dans le gouvernorat de Charqiya et Hanqorab dans celui de la mer Rouge, mais seulement Dahchour et Siwa répondaient aux 9 critères exigés par l’OMT.

— Quels sont les critères exigés par l’OMT ?

— L’OMT a initié le tourisme rural seulement en 2021. Pour que la destination soit choisie par l’organisation, il faut qu’elle ait un impact direct ou indirect sur le tourisme. Il faut que les activités touristiques pratiquées sur place aient un impact sur l’économie locale du village. A savoir que le secteur du tourisme est lié à près de 74 activités et métiers. Ce critère est rempli par Dahchour qui a bénéficié de 2008 à 2012 d’un projet international grâce auquel les voies d’accès touristiques ont été établies. Nous avons formé 3 400 habitants à des métiers artisanaux. Nous les avons également formés au bon accueil et à la bonne hospitalité en utilisant l’anglais, afin de leur permettre de communiquer aisément avec les touristes. L’hygiène a également occupé une place importante dans cette formation. Sans oublier les stages de valorisation et de commercialisation de leurs produits.

— Quelle est la différence entre les tourismes écologique et rural ?

— Le tourisme écologique dépend de la nature alors que le rural est plutôt basé sur la relation du tourisme avec les villageois qui conservent encore leurs traditions et leurs coutumes. Ce tourisme est plus proche du tourisme populaire. Tous les villages que nous avons proposés ont un aspect culturel, historique ou patrimonial qui était pratiqué dans le passé et continue aujourd’hui.

— Comment gérer le tourisme rural ?

— Nous avons créé un système de communication entre la communauté locale de Dahchour et la direction stratégique du ministère du Tourisme appelé « Le forum du développement économique local ». Ce forum est le point de liaison entre la communauté locale et le gouvernement et transmet leurs besoins aux responsables et vice-versa. Le forum délivre également les certificats de guides touristiques locaux et forme des membres de la communauté locale pour développer leurs compétences en matière de tourisme.

— Comment travaille le guide touristique rural ? Et en quoi est-il différent du guide touristique traditionnel ?

— Le guide touristique rural opère uniquement dans son village et accompagne de petits groupes touristiques composés de trois ou quatre personnes. Ce guide explique au visiteur le mode de vie de la campagne égyptienne, les habitudes des villageois, lui donne des informations sur les plantes cultivées, ainsi que les anciennes méthodes de culture et d’irrigation utilisées. Très souvent, de simples paysans obtiennent leur certificat de « guide touristique rural » du forum du développement économique local.

— Quels sont les efforts déployés par le ministère du Tourisme pour encourager le tourisme rural ?

— Nous avons commencé la promotion du tourisme rural au moment du lancement de l’initiative présidentielle «°Vie décente » qui vise à améliorer la qualité de vie dans la campagne égyptienne. Avec l’annonce de la compétition de l’OMT, nous avons décidé de présenter les dossiers de plusieurs villages. Chaque année, nous présentons deux villages afin de garantir une présence égyptienne permanente à l’échelle mondiale. La compétition de l’OMT est le premier pas pour promouvoir ce genre de tourisme. L’organisation onusienne publie la liste des villages ruraux élus sur son site qui est consulté par les intéressés du tourisme rural. Les internautes trouveront des détails sur les villages égyptiens. Le ministère du Tourisme inclut la visite de ces villages dans les tournées des sites archéologiques situés dans les environs. Dahchour, par exemple, est inclus dans la visite des pyramides de Saqqara. Nous créons alors une extension d’une tournée déjà bien fréquentée. Le touriste acquiert alors de nouvelles expériences, séjourne plus longtemps et dépense plus au profit de l’économie locale.

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