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Nucléaire iranien : A la recherche d’une issue diplomatique

Maha Al-Cherbini avec agences, Lundi, 04 novembre 2013

Dans l’espoir de résoudre la crise nucléaire iranienne, un nouveau round de discussions doit se tenir à Genève les 7 et 8 novembre entre Téhéran et les Six, alors qu’une autre réunion doit se tenir, le 11 novembre, entre l’Iran et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA).

Les efforts diplomatiques s’intensifient pour trouver une issue pacifique à la crise nucléaire iranienne dans l’impasse depuis une décennie. Le ton des négociations entre l’Occident et la République islamique a, en fait, changé avec la prise de fonction à Téhéran en août du président modéré Hassan Rohani et d’une nouvelle équipe diplomatique. A la veille de la nouvelle réunion de Genève, les deux parties ont paru optimistes. Vendredi, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a déclaré qu’il espérait un accord « rapide » lors du prochain round de négociations avec le groupe 5+1, les 7 et 8 novembre. « Surmonter plusieurs années de manque de confiance mutuelle prendra du temps. Il faudra du temps pour cicatriser. Mais, la résolution de cette question ne devrait pas être difficile parce que l’Iran ne veut pas d’armes nucléaires », a-t-il affirmé. L’Iran et les 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) ont renoué le dialogue mi-octobre à Genève après plusieurs mois d’interruption.

Mi-octobre, l’Iran a proposé une feuille de route pour une sortie de crise, que les deux parties ont convenu de garder « confidentielle » et dont elles devraient débattre les 7 et 8 novembre. A Genève aussi, les deux parties doivent débattre des résultats de la réunion entre Téhéran et l’AIEA la semaine dernière. Cette rencontre avec l’Agence onusienne a été qualifiée de « productive » par le nouveau chef des inspecteurs de l’Agence, Tero Varjoranta, et l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Reza Najafi.

La semaine dernière, l’Iran a mis une nouvelle proposition devant l’AIEA. Or, l’AIEA comme les Six ont refusé à ce stade de préciser la tenue des propositions iraniennes tant que les négociations étaient en cours. « Je pense qu’avec la soumission de cette nouvelle proposition, nous avons pu ouvrir un nouveau chapitre de coopération », a déclaré M. Najafi. Cet enthousiasme est partagé par l’AIEA qui a reconnu que l’Iran est prêt à coopérer avec l’Agence sur la question de son programme nucléaire controversé, indépendamment d’éventuels progrès dans les discussions avec les Six. Vu cette percée, les deux parties ont décidé de reprendre leurs négociations le 11 novembre à Téhéran pour poursuivre cette coopération, affirmant que cette réunion a permis des avancées permettant d’envisager les prochaines négociations avec un certain optimisme.

Pressions israéliennes

Pour ne pas plonger dans l’optimisme, il ne faut pas oublier que Tel-Aviv n’accepterait pas facilement une solution diplomatique à la crise iranienne. La pression israélienne se poursuit de plus belle sur le Congrès américain pour maintenir la pression sur Téhéran. Cette semaine, une grave divergence a surgi entre la Maison Blanche et le Congrès à propos des nouvelles sanctions contre l’Iran. La plupart des membres du Congrès insistent sur le fait d’imposer de nouvelles sanctions, alors que l’Administration américaine y voit une grave menace aux négociations nucléaires en cours. Cette divergence s’est accentuée quand Téhéran a affirmé cette semaine que les puissances mondiales doivent respecter le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium à des fins civiles. Vendredi, le chef de l’Organisation Iranienne de l’Energie Atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, a déclaré que l’Iran poursuivait normalement l’enrichissement d’uranium à 20 %. « La production de l’uranium à 20 % et celle des plaques de combustibles se poursuivent, aucun arrêt n’est intervenu », a déclaré M. Salehi, démentant les propos d’un député qui avait évoqué la semaine dernière la suspension de l’enrichissement à 20 %. L’enrichissement d’uranium par l’Iran est au coeur des inquiétudes des pays occidentaux et d’Israël, qui craignent que l’uranium enrichi à 20 % ne soit utilisé pour obtenir de l’uranium à 90 % pour un usage militaire .

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