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La destruction massive des quartiers et de l'infrastructure à la bande de Gaza met le concept de « domicide » au centre de l’attention

Laila Ahmed , Vendredi, 22 décembre 2023

Qu'est-ce qu'un domicide ? Ahraminfo explique ce nouveau mot qui marie deux racines : domicile et homicide.

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Décombres des bâtiments touchés par une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, le 10 octobre 2023. Photo : AP (Archives)

Le « domicide » est un mot utilisé pour décrire la destruction intentionnelle du domicile. C'est un concept conçu pour la première fois par les géographes canadiens Porteous et Smith en 2001. La violation systématique ou généralisée du droit à un logement convenable a été mise en avant récemment, alors que les bombardements israéliens à Gaza entraînent la destruction massive d'habitations, rendant le territoire inhabitable.

La destruction de la place de Palestine dans la ville de Gaza (Centre) est le dernier exemple de ce « domicide », le vendredi 22 décembre. La place est considérée comme l'un des lieux commerciaux les plus importants de la ville de Gaza.

« L’occupation fait exploser des bâtiments et des quartiers résidentiels donnant sur la place de Palestine », selon le témoignage de la correspondante d'Al Qahera News, vendredi.

Selon de nombreux experts internationaux, il existe une lacune dans le droit international puisque, même si la protection des foyers civils est stipulée par le statut de Rome établissant la Cour pénale internationale pour les crimes de guerre commis dans les conflits entre Etats, les mettre en ruines ne figure pas parmi les crimes contre l'humanité.

« La destruction massive et arbitraire de logements civils lors de conflits violents devrait être reconnue comme un crime au regard du droit international », a déclaré l'expert indépendant de l'ONU en matière de droits au logement Balakrishnan Rajagopal au journal britannique The Guardian le 7 décembre.

Alors que le droit international interdit toutes les formes de destruction arbitraire de logements, de déportation, de déplacement et d’expulsion forcée, Rajagopal a noté une continuité alarmante de violations flagrantes du droit à un logement convenable en période de conflit, sans préciser une certaine région.

« Le droit au logement est le droit de vivre en sécurité et dans la dignité. Cela devrait être plus que survivre dans un abri anti-bombes, avec une peur persistante », a-t-il déclaré.

 

Destruction à Gaza

Depuis les attaques aériennes d'Israël sur la bande de Gaza, commencées le 27 octobre, près de 50 % des logements à Gaza ont été endommagés ou détruits complètement, selon les dernières estimations du ministère palestinien des Travaux publics et du Logement le 7 novembre, soit environ 217 460 logements.

Au total, 6 900 logements au nord de Gaza, 11 500 dans la ville de Gaza, 1 480 dans la région centrale, 760 à Khan Younis et 660 à Rafah ont été complètement détruits, a indiqué le ministère.

Les infrastructures d’eau et d’assainissement ont été gravement endommagées depuis le début de la guerre de 2023 contre Gaza, laissant les habitants souffrir d’une grave pénurie d’eau, selon un rapport de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale (CESAO) le 14 décembre.

Dans certaines zones de la bande de Gaza, notamment au nord, la part d’eau disponible par personne atteint un maximum de 3 litres par jour, une quantité bien inférieure au minimum recommandé par l’Organisation mondiale de la santé, de 15 litres par personne par jour, selon la CESAO.

Les Nations-Unies estiment que jusqu'à 1,9 million de personnes (80 % de la population totale de la bande de Gaza) ont été déplacées depuis le 7 octobre.

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