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La métaphore du scorpion

Mercredi, 13 décembre 2023

C’est un scorpion tatoué au dos d’une jeune Française que le narrateur a rencontrée un soir dans un dancing, sur la côte israélienne.

La métaphore du scorpion

Il hante chaque nuit ses rêves, tente d’escalader le miroir de sa chambre, n’y parvient pas, tombe et recommence sans cesse, ruisselant de sueur. Mais un scorpion, qui ne boit pas d’eau, qui n’a pas de pores, peut-il transpirer ? Et s’il transpire, reste-t-il le même, ne perd-il pas tout son venin ? Construit de bout en bout sur cette métaphore, ce roman du Palestinien Akram Musallam dénonce la situation issue des accords d’Oslo et de l’échec de la deuxième Intifada. Il s’achève à Gaza, sur une petite table de formica, dans une studette du quartier des Sables (al-rimal), dont il ne reste plus rien. D’autres figures apparaissent au fil du récit pour aussitôt disparaître, dont celle d’un prisonnier, « mulet de la révolution », qui vient d’être libéré après 18 ans d’incarcération et qui se trouve contraint de se remettre au service de ceux qui l’ont toujours considéré comme un vrai mulet …

Né en 1972 à Talfit, près de Naplouse, Musallam a obtenu un diplôme en littérature arabe à l’Université de Bir Zeit. Il est journaliste et reporter au quotidien Al-Ayyam (les jours) de Ramallah. Son écriture, à la fois sobre et dense, le place parmi les plus talentueux écrivains palestiniens d’aujourd’hui. Traduit vers le français par Stéphanie Dujols, chez Actes Sud.

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