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Une élection aux muliples enjeux

Aliaa Al-Korachi , Ola Hamdi , Jeudi, 30 novembre 2023

L’élection présidentielle à l’étranger se déroule les 1er, 2 et 3 décembre 2023, soit une semaine avant le début du vote en Egypte prévu du 10 au 12 décembre. De nombreux défis attendent le prochain président sur plusieurs fronts tant internes qu’externes.

Une élection aux muliples enjeux

Le marathon de la présidentielle égyptienne 2024 est lancé. Le silence électoral à l’étranger a débuté le 29 novembre, deux jours avant le début du scrutin prévu du 1er au 3 décembre. L’élection se déroule dans 137 ambassades et consulats de 121 pays de par le monde. Quant au vote en Egypte, il débutera une semaine après la fin du vote à l’étranger. Il se tiendra les 10, 11 et 12 décembre. Les résultats du premier tour seront annoncés et publiés au Journal officiel le 18 décembre 2023. Tandis que les résultats finaux seront annoncés le 16 janvier.

Comment se dessine donc le paysage électoral ? En effet, 67 millions d’électeurs égyptiens s’apprêtent à voter pour choisir entre 4 candidats pour un mandat présidentiel qui s’étend sur les 6 prochaines années. A la tête de ces candidats se trouve l’actuel président, Abdel-Fattah Al-Sissi, qui dirige le pays depuis 2014 et cherche à accomplir les plans de développement économique et les projets nationaux répartis dans tous les gouvernorats. Les trois autres candidats représentant des tendances politiques et idéologiques différentes sont : Abdel-Sanad Yamama, chef du plus ancien parti libéral égyptien, le Néo-Wafd, Farid Zahran, chef du Parti social-démocrate d’opposition, et Hazem Omar, chef du Parti républicain du peuple (voir pages 6 et 7).

« L’importance du scrutin découle de l’importance de cette échéance constitutionnelle elle-même qui intervient au moment où les conjonctures régionale et internationale imposent de nombreux défis à l’Etat égyptien tant sur le plan interne qu’externe. Ce qui nécessite d’augmenter le degré de sensibilisation chez les Egyptiens à l’importance de la participation à ce scrutin », explique Ayman Abdel-Wahab, expert au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. Et d’ajouter : « Le fait de pouvoir organiser la présidentielle à son timing déterminé, en pleine turbulence régionale causée par l’agression israélienne contre la bande de Gaza, représente sans aucun doute un défi majeur pour l’Etat égyptien, mais reflète également sa capacité de faire face à des défis extérieurs tout en poursuivant ses plans de développement et en remplissant ses obligations constitutionnelles ».

Les grands chantiers

La question qui se pose donc est : quels sont les dossiers les plus importants sur la table du prochain président ? En matière de politique intérieure, le principal défi est d’ordre économique. L’élection présidentielle égyptienne se déroule alors que l’économie mondiale souffre toujours des répercussions de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Ces deux chocs externes ont exercé, par conséquent, une pression directe sur l’économie égyptienne, notamment en ce qui concerne les prix des denrées alimentaires. « La priorité du prochain président est de poursuivre le processus de développement global dont l’Egypte a été témoin au cours des 10 dernières années et d’achever les projets nationaux déjà en cours. Il s’agit également de renforcer la puissance militaire de l’armée égyptienne afin qu’elle soit en mesure de faire face aux défis extérieurs », souligne Ahmed Sayed Ahmed, spécialiste des affaires régionales.

Sur le plan régional, à cause des conflits et les tensions qui se cachent derrière les frontières égyptiennes, ainsi que les transformations du système international, le pays est confronté à des défis pour préserver la sécurité nationale et la stabilité acquise au cours des dernières années, c’est ce qu’explique Ahmed Sayed Ahmed. Au nord-est de la bande de Gaza, la guerre en cours reste une préoccupation majeure pour tous les Egyptiens, notamment avec l’insistance d’Israël sur le fait de transformer Gaza en enfer afin de forcer les Palestiniens à se déplacer vers la frontière égyptienne. En outre, la guerre à Gaza pourrait dégénérer en un conflit régional plus large. A l’ouest avec la Libye, l’ingérence des parties internationales et régionales complique toujours le règlement de la crise libyenne et élargit de plus en plus le fossé entre les deux gouvernements à l’est et à l’ouest. Quant à la frontière sud de l’Egypte, l’Etat au Soudan fait toujours défaut à cause du conflit persistant entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide. « Au niveau extérieur, le principal objectif du prochain président sera sans doute d’apporter plus de soutien à la cause palestinienne et la solution à deux Etats, ainsi que d’empêcher Israël de mettre en oeuvre son plan de déplacement forcé. Autre mission : renforcer les partenariats économiques, d’autant plus que l’Egypte a réussi à devenir un membre actif des BRICS à partir de janvier prochain en renforçant, en parallèle, sa coopération avec le G20 et les pays africains dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale », explique Sayed Ahmed. Et de conclure : « Tous ces dossiers urgents nécessitent une prise de conscience des enjeux et une mobilisation populaire à travers une participation massive aux élections afin de transmettre un message au monde extérieur selon lequel le peuple égyptien fait front uni derrière son Etat face aux défis ».

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