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Contrer les pratiques monopolistes

Marwa Hussein , Vendredi, 24 novembre 2023

Le gouvernement a pris des mesures contre la hausse du prix du sucre, liée à des conduites de monopole.

Contrer les pratiques monopolistes
Le ministère de l’Approvisionnement offre le kilo de sucre à un prix subventionné de 13 L.E. aux détenteurs des cartes d’approvisionnement.

Le prix d’un kilo de sucre dans les supermarchés en Egypte a frôlé les 50 L.E. cette semaine contre 40 L.E. il y a une semaine. Son prix était de 34 L.E. vers la fin septembre et 25 L.E. en août. Le sucre est un produit essentiel dans le quotidien des Egyptiens qui en mettent d’habitude plusieurs cuillères dans chaque verre de thé. La consommation moyenne per capita est de 34 kg de sucre par an.

Des experts estiment que le prix du kilo, basé sur les prix mondiaux du sucre, ne doit pas dépasser les 32 L.E., surtout que l’Egypte produit plus de 80 % de ses besoins en sucre. « Le prix de la tonne de sucre brut sur le marché international est d’environ 850 dollars. Avec un simple calcul, le prix du kilo brut serait de 26 L.E. En ajoutant l’emballage, le transport et un bénéfice de 20 %, il doit être vendu à 32 L.E. », estime Gamal Siyam, expert en économie agricole, ajoutant que les quantités importées de sucre sont limitées et ne doivent pas affecter le marché local. L’Egypte est, en effet, le 12e producteur mondial de sucre et possède à la fois des cultures de cannes à sucre et de betteraves. Sa production a augmenté en 2022 pour atteindre 2,8 millions de tonnes, couvrant l’essentiel de la consommation qui s’élève à 3,2 millions de tonnes.

Selon Hamada Ragab, de la Société publique de production de sucre Nobaria, le prix d’une tonne de sucre est actuellement de 45 000 L.E. contre 22 000 il y a à peine 3 mois. « C’est un prix exagéré. La majorité des quantités échangées sur le marché ont été vendues il y a longtemps. Les entreprises de production de sucre ont vendu leur produit à 22 000 L.E. maximum. Nous ne savons pas d’où provient ce prix élevé », s’interroge-t-il.

Plusieurs pointent du doigt des pratiques monopolistes. « La hausse des prix de certains produits est affectée par les rumeurs liées à la dévaluation de la livre, mais il n’existe pas de raisons objectives à la hausse exorbitante des prix », assure Ayman Mohamed Hassan, directeur de l’Institut des produits agricoles, affilié au ministère de l’Agriculture. Siyam et Hassan soulignent qu’il n’y a pas eu de baisse dans la production de betteraves ou de cannes à sucre. «°La superficie cultivée en cannes à sucre est fixée à 30°000 feddans, alors que celle de betteraves est de 700°000 feddans. Le gouvernement adopte une politique d’augmentation de la production des betteraves », détaille Siyam. Le ministère de l’Approvisionnement offre aux détenteurs de cartes d’approvisionnement du sucre à 13 L.E. le kilo, prix subventionné. Chaque personne a droit à un kilo de sucre subventionné par mois, dans la limite de 4 kg par famille. Les coopératives relevant du ministère de l’Approvisionnement vendent, elles, le sucre à 27 L.E. le kilo, mais les quantités disponibles sont limitées.

Pour faire face à la hausse du prix du sucre, le gouvernement a pris plusieurs mesures, comme l’importation du produit. L’Egypte a ainsi acheté 200 000 tonnes de sucre en septembre et 100 000 tonnes pour les mois de novembre et de décembre. Le gouvernement a également suspendu les exportations en sucre à deux reprises cette année, en septembre et en mars, pour une durée de 3 mois. « Nos exportations en sucre sont en tout cas insignifiantes. Il s’agit surtout de quantités importées en forme brute qui sont raffinées en Egypte puis exportées », explique Hassan.

Le ministre de l’Approvisionnement, Ali Al-Messelhi, a déclaré en septembre que les stocks en sucre couvrent les besoins locaux jusqu’au mois d’avril 2024. En octobre, le premier ministre, Mostafa Madbouly, a lancé une initiative visant à baisser les prix de 9 produits alimentaires essentiels, dont le sucre, de 15 à 25 %. Les autres produits sont les fèves, les lentilles, les pâtes, l’huile de cuisson, le riz, le fromage blanc, les volailles et les oeufs.

L’Egypte connaît une forte inflation depuis presque un an. Celle-ci a atteint des records au cours des derniers mois, culminant à 39,7 % en août, avant de baisser légèrement à 38 % et à 35,8 % en septembre et en octobre respectivement.

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