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Des restrictions sur les dépenses en dollar

Marwa Hussein , Samedi, 11 novembre 2023

Le gouvernement a décidé de limiter fortement les dépenses publiques, hors investissements, afin de faire face à la pénurie de devises étrangères.

Des restrictions sur les dépenses en dollar
Le gouvernement a décidé de rationaliser les dépenses des voyages officiels à l’étranger. (Photo : Reuters)

Le gouvernement égyptien a pris des mesures visant à rationaliser les dépenses publiques en devises étrangères dans l’exercice financier 2023-2024. L’objectif de ces mesures, approuvées par le Conseil des ministres, est de faire face aux répercussions de la crise économique et du manque de devises. Parmi les décisions prises, figure celle de suspendre la mise en oeuvre de tous les projets qui n’ont pas encore démarré et qui comprennent une composante en dollar. Ainsi, pour effectuer des transactions en devises étrangères, il est impératif d’obtenir l’approbation du ministère des Finances, en coordination avec la Banque Centrale et les autorités concernées. De même, la décision stipule de reporter les dépenses en devises non urgentes. Les dispositions de cette décision s’appliquent à tous les aspects du budget de l’Etat, à l’exception des dépenses liées aux investissements publics. « Le gouvernement applique des mesures restrictives sur les dépenses depuis la moitié de l’année fiscale précédente », souligne Yasser Omar, vice-président de la commission du budget au parlement.

Plusieurs autres mesures sont liées aux dépenses en dollar. Le gouvernement a décidé de rationaliser tous les voyages officiels à l’étranger, sauf en cas d’extrême nécessité et après l’approbation du premier ministre. Le voyage est autorisé au cas où l’organisme qui invite des fonctionnaires publics supporterait tous les frais du voyage et normalement après l’approbation de l’autorité égyptienne concernée. Les indemnités de voyages et frais de déplacement pour les voyages à l’étranger sont également interdites.

Les nouvelles règles comprennent l’interdiction des dépenses liées aux publicités, célébrations et réceptions, ainsi que les dépenses des départements de relations publiques. Les entités publiques ne sont pas autorisées, jusqu’à la fin de l’année financière, à allouer des fonds aux relations culturelles à l’étranger et aux sports. Sont également interdites les dépenses pour la participation à des conférences, qu’elles soient en Egypte ou à l’étranger, sans obtenir une autorisation préalable. L’interdiction vaut également pour la location de tentes et de chaises. Les dépenses liées à la tenue d’expositions et de conférences dans le pays et à l’étranger sont également suspendues. Selon Yasser Omar, les restrictions imposées aux voyages à l’étranger des responsables vont économiser des millions de dollars, mais les économies atteindront des milliards pour ce qui est des restrictions imposées aux projets qui n’ont pas encore démarré.

Conformément aux nouvelles règles, le ministre des Finances présente tous les deux mois un rapport périodique à la présidence du Conseil des ministres sur le respect des parties concernées des dispositions de la présente décision et les résultats de sa mise en oeuvre. La décision stipule que toutes les entités étatiques oeuvrent au développement de leurs propres ressources pour répondre à une partie de leurs besoins et alléger les pressions sur le Trésor public.

Dans le même contexte, le président Abdel-Fattah Al-Sissi a demandé que les dépenses du gouvernement en carburant soient réduites de 50 %. Cette instruction a été annoncée suite à la décision d’élever les prix de l’essence à la pompe, prise le 3 novembre (voir l’article Hausse des prix du carburant).

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