Samedi, 02 mars 2024
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Un premier numéro mythique

Mercredi, 01 novembre 2023

Lors d’une cérémonie à l’hôtel Al-Massa, en présence de nombreuses personnalités, Al-Ahram a fêté son numéro 50 000. Un événement salué par le président Sissi. Retour sur l’histoire de cette institution de presse prestigieuse, la plus grande d’Afrique et du Moyen-Orient.

Un premier numéro mythique
Les frères Takla.

Aux premières années de sa parution, Al-Ahram n’était pas uniquement distribué à l’intérieur de l’Egypte. C’est pour cela que le prix du journal était calculé en fonction des monnaies locales des différents pays, depuis la Turquie, en passant par la Syrie, l’Europe, l’Algérie, la Tunisie, pour finir avec Bombay en Inde.

Le journal Al-Ahram a, à ses débuts, essayé de couvrir toutes les informations selon leur disponibilité, même si elles étaient publiées en retard, d’autant qu’il était à ses débuts un hebdomadaire, il y avait donc une difficulté d’accéder à l’information et de la transférer.

Les pages du premier numéro couvraient alors une large palette de détails : les événements du « Conseil des députés en Angleterre », les visites effectuées par des personnalités publiques à un certain nombre de pays comme la France, l’Espagne et la Turquie, les appels du Conseil des lords au retrait de la Grande-Bretagne de l’accord de Paris …

En dessous de la deuxième et de la troisième pages, le journal avait utilisé les marges pour écrire les raisons pour lesquelles les frères Takla avaient choisi le nom Al-Ahram. A l’intérieur de ces marges on trouvait une narration de l’ancienne histoire des pyramides de Guiza, survolant également les commentaires des historiens sur ces monuments. On pouvait lire que selon certains récits, les pyramides de Guiza voulaient dire la tombe des morts dans la langue hébraïque ou la langue copte.

Engagé depuis ses débuts à diffuser le maximum d’informations aux lecteurs, le premier numéro a tenu à publier les procès les plus importants des tribunaux de l’époque, tout en gardant les noms sous l’anonymat.

Al-Ahram a également chroniqué les arts qui existaient. Alors que le mot « courrier des lecteurs » était encore inexistant, une lettre rédigée par un étudiant azhari appelé Ali effendi Mazhar avait été insérée, elle faisait l’éloge du journal et de son rôle pionnier pour le pays.

La dernière page d’Al-Ahram a compilé des faits divers. On y raconte l’histoire d’une jeune fille anglaise qui a traversé un long trajet maritime de Londres. Takla avait alors écrit avec ironie qu’à cause de cette traversée, « la crue du Nil avait monté d’un cran en comparaison avec l’année qui avait précédé, soit en 1876 ». On trouvait également dans cette dernière page les cours du coton, du blé, des fèves et des céréales. La page avait également pointé du doigt certains incidents locaux. Dans la dernière colonne du numéro, Takla avait parlé de la nouvelle imprimerie d’Al-Ahram qui était prête à « imprimer des livres scientifiques, littéraires, des nouvelles et ainsi de suite ». Il promettait au lecteur de publier un quotidien au cas où le nombre d’abonnés connaîtrait une hausse auprès des 23 agents d’Al-Ahram, présents dans les Etats arabes.

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