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Hossam Moghazi : Les pays en aval sont plus durement touchés par les effets du réchauffement climatique que les pays en amont

Ghada Ismaïl, Samedi, 12 août 2023

3 questions à Dr Hossam Moghazi, chef du département d’ingénierie de l’irrigation de l’Université d’Alexandrie et ancien ministre des Ressources hydriques.

Hossam Moghazi

Al-Ahram Hebdo : Qu’est-ce que l’année hydrologique qui a commencé le 1er août en Egypte ?

Dr Hossam Moghazi : L’année hydrologique en Egypte est le plus ancien calendrier dans l’histoire de l’Egypte. Elle commence le 1er août de chaque année et se termine le 31 juillet de l’année suivante. Elle a été appelée ainsi parce qu’elle marque le début de la crue qui commence son trajet aux sources du Nil, à savoir le Nil blanc et le Nil bleu, les deux principaux affluents du Nil qui se rejoignent à Khartoum, au Soudan, avant d’arriver aux frontières égyptiennes le 1er août. Ensuite, la crue atteint son pic en septembre et en octobre, avant de commencer à diminuer progressivement jusqu’à ce qu’elle atteigne le mois de juillet, la fin de l’année hydrologique.

— A votre avis, quels sont les défis hydriques auxquels le pays est confronté cette année ?

— Evidemment, les ressources hydriques sont confrontées à de nombreux défis, et cela pour plusieurs raisons. A mon avis, le défi numéro 1 est le changement climatique. Un défi qui prend de l’ampleur avec l’augmentation de la population. Pourquoi ? Les pays en aval sont plus durement touchés par les effets du réchauffement climatique que les pays en amont. C’est pourquoi l’Egypte, qui se trouve à la fin du trajet du Nil, paie la facture du changement climatique plus que tout autre pays du bassin du Nil. En outre, la pression sur les ressources hydriques augmente ces jours-ci dans le monde entier et aussi en Egypte à cause de la hausse des températures. Tout cela impose une responsabilité à l’Etat de fournir suffisamment d’eau pour faire face aux changements climatiques. La part par habitant est estimée aujourd’hui à 570 m3, alors que la part en eau par habitant en Egypte au cours de l’année 1960 atteignait 2 000 m3. Une situation qui devient de plus en plus alarmante avec l’augmentation de la population.

— Comment l’Etat tente-t-il donc de résoudre ces problèmes ?

— Pour faire face au stress hydrique, l’Etat multiplie les grands projets nationaux et les initiatives pour assurer la sécurité nationale hydrique. Citons par exemple les projets de construction des stations de traitement des eaux usées et ceux de revêtement des canaux d’irrigation, ainsi que la réhabilitation des anciens réseaux d’irrigation qui existaient depuis l’époque de Mohamad Ali pour économiser chaque goutte d’eau. Autre initiative : encourager les agriculteurs à utiliser l’irrigation moderne, afin de consommer la moitié de la quantité d’eau utilisée dans l’irrigation traditionnelle tout en leur offrant des facilités bancaires.

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