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A Damchit, du foot, de la tolérance et de la bonne humeur

Dina Darwich , Dimanche, 13 août 2023

Les habitants du village Damchit s’apprêtent à accueillir les équipes de football des villages alentours dans le cadre d’une compétition de football. Mais aussi d’une initiative pour lutter contre le fanatisme sportif. Reportage-photos.

A Damchit, du foot, de la tolérance et de la bonne humeur
(Photo : Moustapha Emeira)

Au village de Damchit, situé à 90 km du Caire, les préparatifs vont bon train. Par des efforts personnels, les habitants construisent le terrain de football, ramènent les chaises pour le public, tandis que quelqu’un parmi eux, assis sur sa moto, teste le son du microphone avant de présenter le match et faire le commentaire. Avec des moyens primitifs, quatre jeunes garçons se hâtent pour installer les filets de buts, tracer les lignes sur la terre et aménager un espace pour l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), surtout qu’ils font accueillir un arbitre qui officie en première division, Mohamad Hanafi, ainsi que deux joueurs : Ahmad Al-Cheikh et Bassem Morsi, qui habitent des villages avoisinants et jouent actuellement dans les clubs de Talaïe Al-Gueich et la banque Ahly.


(Photo : Moustapha Emeira)

« Non au fanatisme sur le terrain », tel est le nom d’une initiative lancée par un groupe de jeunes à Damchit, au gouvernorat de Gharbiya. « Il s’agit de la 5e édition de cette compétition qui a commencé en 2019 sous le titre : Non aux drogues et ce, en parallèle avec la campagne lancée par l’Etat et à laquelle avait participé la star Mohamad Salah. Chaque année, le message à transmettre diffère. Cette année, face à l’état de tension extrême que témoigne la compétition nationale de football et à la guerre qui a éclaté entre les grands clubs concernant le transfert des joueurs, ainsi que le retour limité du public dans les stades, on a décidé que le message de la compétition de cette année aurait pour objectif d’apaiser la situation, et surtout d’inciter le public à se déplacer pour voir un match en considérant le foot comme leur sport favori, loin des querelles et des différents types de violence rencontrés dans ce sport », explique Ibrahim Omar, un des organisateurs de l’événement qui compte 32 équipes.


(Photo : Moustapha Emeira)


(Photo : Moustapha Emeira)​

Une soixantaine d’équipes

« Chaque année, on reçoit environ 64 équipes de notre bourg et d’autres venant de villages et de villes alentours, et même de certains gouvernorats comme Ménoufiya et Kafr Al-Cheikh. Cependant, on sélectionne minutieusement celles qui vont participer tout en éliminant les clubs qui risquent de provoquer des problèmes ou ceux qui ont causé des troubles les années précédentes », explique le jeune organisateur. Et d’ajouter : « On a posé des règles de conduite au public, afin d’éviter l’agressivité, la violence verbale et physique, et on offre des prix par le biais de compétitions publiées sur notre page Facebook en donnant aux personnes l’opportunité de prédire les équipes gagnantes et ce, avant les matchs. Par ailleurs, certains prix sont décernés aux meilleurs joueurs. On en choisit 8 qui doivent jouer durant toute la semaine. Les gagnants parmi les joueurs ou le public reçoivent un appareil électroménager. L’année dernière, le meilleur joueur a gagné un billet d’avion pour le petit pèlerinage. Et à l’instar de la Premier League, on a instauré le prix Fantasy Premier League, un jeu basé sur les matchs de cette compétition et la performance des joueurs chaque semaine ».


(Photo : Moustapha Emeira)

Et vu que la participation à cette compétition est gratuite, chaque année, les organisateurs tentent de trouver un sponsor parmi les hommes d’affaires du village pour financer ces rencontres sportives. « Cette année, c’est le propriétaire d’un magasin d’appareils électroménagers qui parraine la compétition », conclut Ibrahim Omar.


(Photo : Moustapha Emeira)

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