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Dérèglement climatique, la nouvelle norme

Aliaa Al-Korachi , Jeudi, 27 juillet 2023

Juillet 2023 a été le mois le plus chaud jamais enregistré sur la planète. Principal responsable : le réchauffement climatique, qui a aggravé les répercussions des phénomènes naturels. Explications.

Dérèglement climatique, la nouvelle norme

Tic-tac. a new york, l’horloge du climat (Metronome) décompte le temps qu’il reste au monde avant d’atteindre le point de non-retour du changement climatique. Les effets de ce phénomène deviennent de plus en plus intenses. De la Chine à l’Europe, en passant par les Etats- Unis et le Moyen-Orient, d’intenses vagues de chaleur frappent depuis le début du mois de juillet de nombreuses régions. Selon la NASA, juillet 2023 est probablement le mois le plus chaud sur la planète « depuis plusieurs centaines, voire des milliers d’années ».

En effet, l’été 2023 a été celui de « tous les extrêmes ». Le rapport annuel de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), publié il y a deux mois, avait déjà alerté que « tous les indicateurs climatiques sont au rouge ». « Les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de croître, le climat continue de changer et les populations du monde entier sont durement touchées par les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes », note le rapport (voir indicateurs climatiques page 4). Le changement climatique est-il responsable des vagues de chaleur ? En d’autres termes, le dérèglement climatique actuel est-il en train de devenir la norme ? Le phénomène météorologique El Niño (petit garçon en espagnol) est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Le 6 juillet, l’OMM a annoncé le retour officiel d’El Niño après trois ans de repos.

Le retour d’El Niño

L’arrivée d’El Niño inquiète profondément les climatologues. Il s’agit de vents anormalement chauds qui augmentent la température des océans. Ce phénomène devrait entraîner une nouvelle hausse des températures, ainsi que des sécheresses et des inondations dans plusieurs endroits de la planète. El Niño est l’opposé de La Niña, qui provoque, au contraire, une baisse des températures. Ces deux phénomènes se produisent en moyenne tous les 2 à 7 ans en alternance. Déjà, l’année 2016 avait été signalée comme la plus chaude jamais enregistrée en raison d’El Niño. Au cours du XXe siècle, on a compté 17 épisodes de La Niña et 25 d’El Niño. « Les effets d’El Niño sur les températures mondiales se manifestent généralement l’année qui suit la survenue du phénomène, et donc c’est en 2024 que ces effets seront plus évidents », a déclaré le secrétaire général de l’OMM, M. Petteri Taalas.

Toutefois, selon beaucoup de climatologues, les vagues de chaleur ne peuvent pas être attribuées uniquement au phénomène d’El Niño. C’est le réchauffement climatique qui a augmenté l’impact négatif des phénomènes climatiques et naturels comme El Niño, et non l’inverse, explique Mohamad Fahim, président du Centre des études sur le changement climatique auprès du ministère de l’Agriculture. « C’est un phénomène naturel qui se répète depuis des centaines d’années, c’est-à-dire avant que le phénomène du réchauffement climatique ne ravage le monde. Il y a une relation directe entre les effets d’El Niño et le réchauffement climatique, ce qui signifie que son impact sur le climat augmente à mesure que l’intensité du réchauffement climatique augmente », explique-t-il.

C’est pourquoi l’OMM prévoit que la période 2023-2027 sera la plus chaude de l’histoire, notamment à cause de l’effet combiné des gaz à effet de serre et du phénomène météorologique El Niño.

La nécessité d’une action urgente

Comment agir ? Le monde se dirige vers une hausse des températures bien supérieures à l’objectif fixé par l’Accord de Paris de 2015 sur le climat qui consiste à limiter le réchauffement planétaire à 1,5oC. En effet, chaque fraction de degré de plus dans les températures a des conséquences graves. Aujourd’hui, la planète est d’environ 1,1oC plus chaude qu’avant l’époque préindustrielle, à cause des émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion des combustibles fossiles. Les experts mettent en garde contre l’idée que le pire est encore à venir et que des températures record transformeront de grandes parties de la terre en zones inhabitables, ce qui nécessite une action internationale urgente.

Le respect de l’Accord de Paris sur le climat nécessite que les grands pays industrialisés, Etats-Unis et Chine en tête, respectent leur engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre et indemnisent les pays en développement qui ont subi de nombreux pertes et dommages.

Comment renforcer le financement de la lutte contre le changement climatique ? Cette question sera au centre de la Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique (COP28) qui se tiendra en novembre aux Emirats arabes unis et au cours de laquelle près de 200 pays évoqueront la création d’un fonds pour soutenir les pays les plus exposés aux risques du changement climatique.

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