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Moemen Osmane : Nous visons un public plus large et diversifié

Nasma Réda , Jeudi, 18 mai 2023

Moemen Osmane, directeur du département des musées au ministère du Tourisme et des Antiquités, explique l’action menée pour développer et promouvoir les musées.

Moemen Osmane

 Al-Ahram Hebdo : Quelle est l’importance de célébrer la Journée internationale des musées ?

Moemen Osmane : La Journée internationale des musées est une occasion très importante pour célébrer et promouvoir les musées à travers le monde. Elle offre une opportunité unique de sensibiliser le public à la richesse et la diversité de notre patrimoine culturel et naturel, ainsi qu’au rôle vital que les musées jouent dans la conservation et la recherche scientifique. Cette journée est également l’occasion de réfléchir à l’importance des musées dans la société et de jeter la lumière sur les défis auxquels les musées sont confrontés, notamment en termes de financement, de gestion, de conservation et d’accessibilité.

— Quels sont les principaux défis qu’affrontent les musées et comment les surmonter ?

— Les défis sont multiples. Donnant l’exemple de la pandémie de Covid-19 qui a été un défi majeur pour les musées du monde entier. Elle a mis en évidence l’importance de l’innovation pour assurer la survie des musées et la continuité de leur mission. Les musées ont dû trouver des moyens créatifs pour maintenir le contact avec le public et cela en proposant des visites virtuelles, des expositions en ligne, des programmes éducatifs à distance et des événements en direct sur les réseaux sociaux. Ils ont également mis en place des mesures de sécurité strictes pour protéger les visiteurs et le personnel, telles que la limitation du nombre de visiteurs, la distanciation sociale, le port du masque et la désinfection régulière des espaces. Enfin, les musées ont cherché à s’adapter aux nouvelles réalités économiques, en explorant de nouvelles sources de financement et en réduisant les coûts, tout en préservant leur mission et leur engagement envers le public.

— Est-ce que l’Egypte a besoin de musées supplémentaires ?

— Avec l’expansion des fouilles archéologiques et l’entassement des nouvelles pièces dans les entrepôts, une décision ministérielle a été prise exigeant d’exposer immédiatement ces pièces au public. On a alors réfléchi à une classification muséologique créative regroupant ces pièces. Il y a les musées nationaux dont les pièces dépassent les 100 000 et ceux régionaux, situés dans les gouvernorats, qui exposent surtout les artefacts résultant des fouilles locales. Il y a deux ans, nous avons introduit les musées à thème, comme celui de la momification et de la mosaïque.

— Comment les musées peuvent-ils évoluer et se développer à l’avenir ?

— Les musées doivent continuer à évoluer et à se développer pour répondre aux besoins qui changent constamment dans la société. Cela implique de s’adresser à un public plus large et diversifié comme les groupes sous-représentés ou marginalisés, en leur proposant des programmes éducatifs et culturels adaptés à leurs besoins et à leurs intérêts. Les musées doivent également être à l’avant-garde de l’innovation, en utilisant les nouvelles technologies pour offrir des expériences de visite plus interactives et immersives, ainsi que pour améliorer la gestion et la conservation.

— Le fait d’ouvrir gratuitement les musées au grand public pendant divers événements est un phénomène qui demande une explication. Y a-t-il une relation entre le coût des billets d’entrée et le nombre des visiteurs ?

— Les prix sont à la portée de tout le monde. Par exemple, le billet du Musée égyptien du Caire est de 20 livres. Il est de 10 livres pour les autres musées et 5 livres pour les étudiants. Nous tenons à ne pas augmenter le prix des billets en particulier pour les Egyptiens que nous ciblons par des programmes de sensibilisation. Cependant, nous étudions les caractéristiques des visiteurs et leurs désirs car nous avons constaté qu’il existe des musées avec très peu de visiteurs, comme celui de Tanta, tandis que le nombre de visiteurs de celui de Kafr Al-Cheikh, qui est également un musée régional, a atteint 900 visiteurs par jour.


Les ateliers sont l’un des objectifs des musées.

— Quel est l’impact de l’intervention du secteur privé dans les musées ?

— L’Icom a publié un guide où se trouve une clause sur la nécessité de la coopération avec le secteur privé, et nous y sommes absolument attachés. Cependant, il faut préciser que le rôle du secteur privé ne va pas au-delà de l’exploitation des services. Bien que le secteur privé cherche à réaliser des bénéfices alors que le secteur muséal a un but non lucratif, nous partageons ensemble le désir de créer une visite confortable et merveilleuse. Le secteur privé dispose des ressources financières et intellectuelles qui facilitent l’expérience de visite du musée, ce qui en crée la popularité.

— Les bibliothèques affiliées aux musées ont-elles un rôle complémentaire à la mission de ceux-ci ?

— L’existence de ces bibliothèques répond aux objectifs de l’Icom. Nous avons des bibliothèques historiques affiliées à quatre musées, celles des Musées égyptien du Caire, copte, gréco-romain et d’art islamique. Nous cherchons maintenant à développer et moderniser la bibliothèque du Musée du Caire pour augmenter le nombre de visiteurs. Nous convertirons les livres en digital pour faciliter la lecture et les études. La vision du secteur des musées vise à développer des bibliothèques spécialisées dans d’autres musées afin de faciliter le travail des chercheurs. Déjà, au cours de 2022, trois bibliothèques ont été ouvertes dans les Musées de Kafr Al-Cheikh, de Tanta, avec 1 500 ouvrages, et de Louqsor. De même, il y aura une bibliothèque dans le Musée atonien à Minya lors de son ouverture. Actuellement, le secteur des musées prépare une bibliothèque de 8 000 livres au Musée de Charm Al-Cheikh, ainsi qu’une autre au Musée des carrosses royaux à Boulaq.

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