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Promouvoir le « made in ZLECAf »

Amira Samir , Mercredi, 03 mai 2023

Plusieurs démarches ont été prises en avril pour donner une impulsion à la ZLECAf. Explications.

Promouvoir le « made in ZLECAf »

Au cours du mois d’avril, deux démarches importantes ont été prises visant à accélérer la mise en oeuvre de la Zone de libreéchange continentale : la tenue du tout premier forum d’affaires de la ZLECAf et la finalisation du protocole sur l’investissement intraafricain. Le premier forum d’affaires de la ZLECAf a été organisé du 16 au 18 avril 2023, au Cap, en Afrique du Sud, dans le but de stimuler l’investissement et le commerce intra-africain. Ce forum, qui a réuni plusieurs centaines de personnes représentant de nombreuses entreprises africaines et industries, avait aussi pour objectif de convaincre le secteur privé de saisir les opportunités de cette zone qui vise à établir un marché d’environ 1,3 milliard de dollars dans 55 pays africains. « Si nous voulons réaliser les résultats que nous désirons tous, le secteur privé doit jouer un rôle essentiel dans la mise en place de la ZLECAf. Ni les gouvernements, ni mon secrétariat ne font du commerce, c’est le secteur privé qui mène le commerce en Afrique », souligne Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAf. Selon les estimations, le secteur privé africain représente 80 % de la production totale et 90 % de l’industrialisation.

En effet, l’Union africaine a fait de 2023 l’année de l’accélération de la mise en place de la Zone de libreéchange continentale. En octobre 2022, l’organisation africaine a lancé, au Ghana, « The Guided Trade Initiative » (GTI), ou l’initiative de commerce guidé. 8 pays ont démarré leurs échanges commerciaux dans le cadre de cette initiative représentant 5 régions du continent : Egypte, Cameroun, Ghana, Kenya, Tanzanie, Maurice, Rwanda et Tunisie. Une centaine de biens ou de denrées, produits ou transformés sur le continent, ont été identifiés : médicaments, caoutchouc, ustensiles de cuisine en aluminium, sucre, acier et produits en bois. « L’initiative de commerce guidé est un pas dans la bonne direction. La ZLECAf est plus qu’une simple baisse des tarifs, elle permet aux investisseurs d’accéder à l’immense marché africain qui attirera les investissements grâce aux règles d’origine qui donnent la priorité aux intrants africains et aux biens et services à valeur ajoutée », explique Mohamad Ali, directeur du commerce des marchandises et de la concurrence du secrétariat de la ZLECAf. Selon lui, cinq instrumentsclés ont été adoptés pour rendre l’accord opérationnel : un système de paiement et de règlement panafricain, un mécanisme de surveillance des obstacles non tarifaires, l’observatoire africain du commerce, le livre des tarifs électroniques et le fonds d’ajustement de la ZLECAf destiné à faire face aux pertes de recettes anticipées à court terme.

Trois protocoles

De même, pour donner une impulsion à la ZLECAf, les ministres de la Justice du continent ont achevé en avril l’examen juridique des trois principaux protocoles de la ZLECAf : le protocole sur l’investissement, le protocole portant sur la politique de concurrence et celui des droits de propriété intellectuelle. Ces protocoles représentent la conclusion des deux premières phases de la ZLECAf. Ils auront certainement des effets importants sur l’élaboration des politiques relatives à l’investissement dans le continent et au-delà. La finalisation du protocole sur l’investissement a pris une année pour élaborer le texte, aboutissant à une version finale qui définit la protection, la promotion et la facilitation des investissements intra-africains. Pour rappel, la phase I des négociations de la ZLECAf concernant le commerce des marchandises et le commerce des services est terminée, tandis que la phase II a traité le protocole sur la propriété intellectuelle et le protocole sur la concurrence. La phase III implique des négociations pour un protocole de commerce électronique. Le protocole sur l’investissement a été présenté au dernier sommet de l’Union africaine pour adoption. Il s’agit d’une occasion capitale pour le continent, car le protocole reflète et signale une position africaine commune sur divers domaines-clés liés à la gouvernance des investissements. Malgré l’établissement de textes juridiques, les échanges intraafricains n’ont pas encore réellement progressé sur le terrain. « Les gouvernements africains devraient donc s’efforcer d’accroître le soutien public à la ZLECAf et aider les entreprises à tirer parti de ses dispositions. Des politiques de filets de sécurité sociale devraient également être mises en oeuvre », conclut Mohamad Ali.

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