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Hausse des investissements publics

Amani Gamal El Din , Samedi, 08 avril 2023

Le gouvernement a approuvé le budget préliminaire de 2023-2024, qui prévoit une croissance de 4,1 % du PIB.

Hausse des investissements publics
Les deux facteurs qui augmentent l’inflation sont les taux d’intérêt et le recul de l’offre sur le marché.

Au cours d’une réunion ministérielle, le budget préliminaire de l’année fiscale 2023-2024 a été approuvé. Le ministre des Finances, Mohamad Maeit, a annoncé que le taux de croissance par rapport au PIB de l’année 2023-2024 se situerait autour de 4,1 % contre 5,5 % projeté en décembre dernier et contre 4,2 % à la fin de l’exercice courant. Et ce, à la lumière des estimations du ministère de la Planification et du Développement économique, des objectifs de la Banque Centrale d’Egypte (BCE) et des projections des prix mondiaux.

Le déficit budgétaire sera de 6,9 % du PIB contre 6,8 % projeté pour la fin de l’exercice financier courant à cause de la hausse du coût de l’emprunt. « Le budget de l’année 2023-2024 intervient dans des circonstances exceptionnelles des économies mondiales qui exercent des pressions difficiles sur les budgets des pays dont l’Egypte. Que ce soit en termes des hausses des prix des biens et des services résultant des perturbations des chaînes d’approvisionnement, ou du coût élevé du financement », a expliqué Maeit.

Pour sa part, Mohamed Shadi, macro-analyste auprès du Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques, prévoit un taux de croissance autour de 3,5 %. Il estime que ceci revient primordialement au problème de financement auquel le monde est confronté. « Il sera difficile de financer les secteurs qui stimulent la croissance, comme celui de la construction et de l’infrastructure. Ajoutons l’effet mondial produit par la faillite des banques, ayant commencé par Silicon Valley Bank, qui engendrera davantage de complexités au niveau du financement, notamment celui adressé aux marchés émergents », explique-t-il.

Le budget de cette année vise une répartition équitable des crédits budgétaires d’une manière qui tient compte des besoins de croissance et de développement de toutes les régions et de tous les segments sociaux. Partant, les investissements publics atteindront 586,7 milliards de L.E. contre 376 milliards de L.E. dans l’exercice financier courant, avec une croissance annuelle de 55,9 %. « La multiplication des investissements publics aide à créer de nouvelles opportunités d’emploi et à améliorer les services procurés aux citoyens », lit-on dans le communiqué de presse du cabinet ministériel.

En matière des recettes, il est projeté qu’elles connaissent un taux de croissance annuel de 41,2 %, soit 2,1 trillions de L.E. contre 1,51 trillion en 2022-2023. Les recettes fiscales devant augmenter de 31 % grâce à l’élargissement de l’assiette fiscale, à l’enregistrement de nouveaux contribuables et à l’application de modifications législatives et administratives. En effet, conformément à son programme de prêt du FMI, le gouvernement s’est engagé à mettre en oeuvre de nouvelles mesures fiscales au cours de l’exercice 2023-24, visant une augmentation de 0,3 % du ratio impôts-PIB. De même, le total des dépenses est chiffré à 3 trillions de L.E. contre 1,8 trillion en 2022-2023, avec un taux de croissance annuel de 44,4 % (voir encadré). « Bien que les recettes et dépenses aient augmenté à un taux comparable, la différence entre elles n’a pas été réduite. Le gouvernement a pu gérer la situation à cause d’une dévaluation de la livre de 100 % depuis mars 2022. Le chiffre des dépenses sera amené à la hausse avec les fluctuations du taux de change », explique Hicham Hamdi, analyste à la banque d’investissement Al-Naeem Holding.

A la lumière des nouvelles estimations qui prennent en compte des mesures ciblées de réforme, le budget prévoit un surplus primaire de 2,5 % du PIB, contre 2 % en 2022-2023. Selon Maeit, il s’agit du plus haut taux de surplus primaire malgré les efforts de réduire la dette en pourcentage du PIB. « La hausse du surplus primaire est un indicateur de l’exactitude des politiques budgétaires en vigueur. Il s’agit d’une opération de calcul du total des recettes et des dépenses, loin des intérêts et des services de la dette. Une bonne note de surplus primaire donne plus de crédibilité aux concepteurs des politiques budgétaires. Ce qui veut dire que si l’Etat arrive à rembourser sa dette et ses services, il sera en meilleure posture », analyse Shadi.

Le ministre des Finances s’est déclaré optimiste en ce qui concerne les pressions inflationnistes et projette une inflation de 16 % contre les 40,2 % enregistrés en mars 2023. « Bien que les chocs inflationnistes soient absorbés, ce chiffre est très optimiste. Nous prévoyons pour l’année fiscale prochaine une inflation d’au moins 20 % », explique Hamdi. Avis partagé par Shadi, pour qui « les deux facteurs qui augmentent l’inflation sont les taux d’intérêt et l’offre sur le marché qui sont sous pression ». S’y ajoutent les fluctuations du taux de change entre le dollar et la livre égyptienne.

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