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Terrorisme : La lutte se poursuit

Racha Darwich , Mercredi, 22 mars 2023

Après avoir occupé la première place de l’Indice global du terrorisme pendant des années, l’Iraq a rétrogradé en 2022 à la 7e place. Les tensions persistent cependant dans le pays.

Terrorisme : La lutte se poursuit

A cause de la faiblesse des institutions de l’Etat après 2003, la tribu, ou le clan, est devenue le garant de la sécurité des Iraqiens. Les tribus ont cherché à s’approprier non seulement des armes légères, mais aussi des armes moyennes et lourdes, voire même des missiles Katioucha et des drones. Les armes sont aussi apparues entre les mains des groupuscules illégaux et hors-la-loi, des gangs et des mafias organisées qui travaillent dans le trafic des armes, du pétrole et dans le trafic des êtres humains. Sans oublier l’organisation terroriste Daech qui possédait un vaste arsenal d’armes et les milices confessionnelles qui sont les bras militaires de partis soutenus par des pays voisins. Pendant des années, ce dossier a été une clause permanente dans les programmes des gouvernements consécutifs, notamment après la multiplication des milices et leur intrusion dans les institutions de l’Etat sous prétexte qu’elles ont joué un rôle pionnier dans la défaite de Daech après 2014. Le problème persiste aujourd’hui encore. L’actuel gouvernement iraqien a lancé début mars un plan en coopération avec l’Onu pour recueillir les armes incontrôlées qui sont en possession des tribus et des organisations illégales. La prolifération de plus de 20 millions de pièces d’armement a accru le phénomène de la vendetta dans le pays, ainsi que la violence et les actes terroristes.

Indice global du terrorisme 2022

De 2011 à 2018, l’Iraq a occupé la tête du classement de l’Indice global du terrorisme, avant de passer à la 2e place de 2019 à 2021, puis de rétrograder à nouveau à la 7e place en 2022 dans le rapport publié il y a quelques jours. L’Iraq a enregistré 401 attaques terroristes en 2022, le 2e chiffre le plus élevé au monde avec cependant une diminution de 54 % par rapport à 2021 (833 attaques). Il y a donc une amélioration de la conjoncture sécuritaire en Iraq. Le nombre de décès dus au terrorisme reflète aussi cette tendance, avec 174 décès en 2022 contre 524 en 2021, soit une baisse de 68 %. Dans l’ensemble, le nombre de décès dus au terrorisme en Iraq a diminué de plus de 97 % par rapport au pic de 2007. Le nombre de victimes civiles est aussi à son plus bas niveau, passant de 64 % en 2021 à 32 % en 2022. Pour la troisième année consécutive, les militaires sont la principale cible des attaques terroristes en Iraq (61 % des décès dus au terrorisme sont des militaires). Cependant, le nombre d’attaques contre l’armée a chuté de 60 % en 2022 par rapport à 2021 et le nombre de victimes militaires est le plus bas depuis le pic de 2007. En effet, le pire attentat cette année s’est produit quand des hommes armés ont tué 11 soldats dans une attaque contre le quartier général de l’armée dans le gouvernorat de Diyala le 21 janvier 2022. Bien qu’aucune organisation n’ait revendiqué l’attentat, les forces de sécurité l’ont attribué à l’organisation de Daech, qui continue à dominer l’activité terroriste en Iraq et qui est rendue responsable de 76 % des décès dus au terrorisme en 2022. Cependant, les attaques et les décès de Daech ont diminué de plus de la moitié l’année dernière. Les décès ayant chuté de 71 % par rapport à leur pic de 2007.

Le défi Daech

Alors que les activités de Daech ont considérablement diminué depuis que le gouvernement iraqien a déclaré sa défaite militaire en Iraq en 2017, sa menace pour la sécurité de la région n’a pas disparu. Bien que le groupe terroriste ne contrôle plus le territoire, il continue à mener une insurrection de faible intensité qui cause régulièrement des morts et des blessés dans les zones montagneuses et désertiques reculées de l’Iraq. Au cours de l’année 2022, l’Iraq a aussi vécu une forte instabilité suite aux manifestations qui ont abouti à la démission du gouvernement et la nomination de Mohammed Chia Al- Soudani au poste de premier ministre. Les manifestants avaient exigé une amélioration des conditions de vie, des services publics et des opportunités d’emploi, exigences que le gouvernement iraqien est encore incapable de fournir. L’instabilité en Iraq peut être exploitée par Daech et d’autres groupes armés dans les années à venir.

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