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Salah Halima : L’Egypte préfère la voie pacifique pour régler la crise du barrage de la Renaissance

Samar Zaree , Jeudi, 23 février 2023

Trois questions à l’ambassadeur Salah Halima, vice-président du Conseil égyptien pour les affaires africaines.

Salah Halima

Al-Ahram Hebdo : L’Egypte a de nouveau appelé, lors de sa participation cette semaine au Sommet de l’Union Africaine (UA), à la reprise des négociations sur le barrage éthiopien de la Renaissance. Quelle est l’importance de cet appel ?

Salah Halima : La participation du ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, à la 42e session du Sommet de l’UA, qui s’est tenue en Ethiopie, est une occasion importante pour l’Egypte de réitérer devant l’organe de décision de l’UA sa position qui consiste à parvenir à un accord juridique contraignant sur le remplissage et l’exploitation du barrage, à la lumière du grave défi à la sécurité hydrique auxquels sont confrontés l’Egypte, le Moyen-Orient et l’Afrique. C’est un nouvel appel qui met la communauté africaine face à ses responsabilités.

— Les négociations sur le barrage de la Renaissance sont suspendues depuis avril 2021. Y a-t-il une réelle chance pour une relance des négociations ?

— Sans aucun doute. L’Egypte ne renoncera jamais à cette revendication malgré l’intransigeance éthiopienne. De plus, cette rencontre représente une nouvelle opportunité puisque ce sommet a vu la passation de la présidence de l’UA du Sénégal aux Comores. C’est donc une chance d’appeler cette nouvelle présidence à réaliser un progrès sur ce dossier. Même si la situation du statu quo n’est pas prometteuse en raison des comportements unilatéraux d’Addis-Abeba, l’Egypte préfère jusqu’au dernier souffle suivre la voie pacifique des négociations pour régler cette crise.

— L’Egypte détient-elle des cartes pour inciter l’Ethiopie à reprendre les négociations ?

— Depuis le début de la construction du barrage, soit depuis plus de dix ans, l’Egypte disposait de nombreux outils de pression, puisque en tant que pays en aval, elle a toutes les raisons et le droit légal d’appeler à parvenir à un consensus. C’est ce que stipulent les accords sur le partage des eaux du Nil signés en 1902 et 1959, donnant le droit à l’Egypte et au Soudan de s’opposer à tout projet affectant le débit du fleuve. En plus, conformément à l’article 5 de la déclaration de principes, l’Ethiopie, le Soudan et l’Egypte devaient négocier un accord consensuel sur le remplissage et l’exploitation du barrage. Tous ces accords ont été violés par l’Ethiopie. Mais l’Egypte préfère parvenir à un accord soit via les négociations, soit via les médiations. Des efforts sérieux sont déployés par les Etats-Unis et les Emirats arabes unis pour mettre fin à cette crise.

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