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Ahmed Ghoneim : Nous voulons rendre la culture et le patrimoine à la portée de tous

Nasma Réda , Dimanche, 22 janvier 2023

Le directeur exécutif du Musée national de la civilisation égyptienne (NMEC), Ahmed Ghoneim, revient sur la mission de ce prestigieux établissement.

Ahmed Ghoneim

Al-Ahram Hebdo : Un an et demi après l’inauguration spectaculaire du musée, quel est votre plan pour l’avenir de cet établissement distingué ?

Ahmed Ghoneim: Le NMEC progresse constamment, que ce soit sur le plan du revenu ou sur le plan du nombre de visiteurs. On vise à maintenir notre place parmi les musées internationaux en développant nos activités, et on essaye toujours d’innover dans les moyens de promotion du musée par des méthodes créatives.

— Comment  profitez-vous  des  événements organisés en Egypte, comme la tenue de la COP27 par exemple ?

— Depuis l’inauguration officielle du musée en avril 2021, plusieurs délégations se sont rendues au NMEC pour découvrir ce nouveau musée qui expose des pièces de la civilisation égyptienne. On accueille presque chaque mois des personnalités haut placées, dont des présidents, des vice-présidents, des ministres, des parlementaires et autres. Le NMEC est le seul musée en Egypte à appliquer toutes les normes écologiques. Depuis son inauguration, on essaye d’économiser l’électricité, d’appliquer l’empreinte carbone et de suivre toutes les règles mondiales, afin de garantir un environnement sain aux monuments. Il répond donc aux normes de la COP. C’était donc évident de recevoir un grand nombre de visites de rois, de reines, de présidents et autres lors de la tenue de la conférence, et c’était une excellente promotion pour le musée. En fait, ces visites ont encouragé les ambassadeurs des pays étrangers en Egypte à organiser leurs journées nationales et leurs événements officiels au musée au lieu de les tenir au siège des ambassades ou aux résidences de l’ambassadeur.

— Quels sont vos plans de promotion du musée ?

— On organise périodiquement des ateliers pour les jeunes et les enfants, on accueille des événements non seulement patrimoniaux, mais aussi culturels tels que des colloques et séminaires scientifiques, on reçoit de grandes personnalités à l’exemple du politicien Moustapha Al-Fiqi, ou le chef d’orchestre de la Parade des momies royales, Nader Al-Abbassi. En plus, on vient de diffuser un documentaire sur « Toutankhamon-The last exhibition », dans le cadre du centenaire de la découverte de la tombe du jeune roi, avec la participation de son auteur et son réalisateur, un grand nombre d’ex-ministres et des spécialistes y étaient présents. Avec ces activités, dont quelques-unes sont diffusées en direct sur nos réseaux sociaux, on montre au grand public que le musée n’est pas seulement pour exposer des pièces antiques, mais qu’il représente aussi une chaîne culturelle inépuisable. Le conseil d’administration du musée cherche toujours à trouver de nouveaux moyens de promotion et de sensibilisation créatifs. Nous restons ambitieux malgré tous les défis que nous affrontons.

— Quels sont ces défis ?

— Parfois techniques, administratifs, mais surtout financiers.

— Par quels moyens pouvez-vous régler les problèmes financiers ?

— C’est à travers la coopération avec d’autres institutions. Par exemple, afin d’organiser des ateliers gratuits pour les jeunes sur un thème précis, le musée fait appel à de grandes compagnies pour sponsoriser l’événement. En outre, parfois des universités ou institutions culturelles viennent organiser leurs ateliers éducatifs au NMEC, comme dernièrement la faculté d’archéologie de l’Université du Fayoum, qui a tenu un événement où elle a présenté l’artisanat de son gouvernorat. Par ailleurs, on examine la possibilité d’exploiter nos ressources comme les laboratoires, car plusieurs facultés et missions archéologiques demandent d’en profiter. Sur le plan futur, on concentre nos efforts sur deux piliers principaux: l’un est l’accueil de diverses activités sous différentes formes, la tenue d’expositions temporaires, des missions sur des thèmes uniques et spéciaux, en plus de la diffusion de films et l’organisation de colloques, non seulement ceux liés à la culture égyptienne, mais aussi ceux en relation avec différentes cultures, dans le but d’attirer différents pays pour exposer leur civilisation. Le deuxième pilier est plus local, puisqu’il vise à attirer différentes institutions de tous les gouvernorats égyptiens, afin de présenter leurs artisanats au grand public, pour créer une communication communautaire.

— Le NMEC est doté de laboratoires assez sophistiqués. Comment fonctionnent-ils ?

— Le NMEC possède des experts dans tous les domaines archéologiques et les laboratoires sont dirigés par des spécialistes très compétents. On cherche toujours à avoir les appareils les plus modernes pour répondre aux besoins des chercheurs. Pour ce, on s’est récemment entendu pour acheter de nouveaux équipements et on travaille à élargir la superficie des laboratoires, afin de pouvoir réaliser tous les travaux demandés. Plusieurs missions archéologiques ramènent leurs pièces antiques trouvées sur les sites, afin de les restaurer et de réaliser leurs études scientifiques nécessaires.


Les nouveaux laboratoires du NMEC.

— L’inauguration du musée a été partielle. Qu’en devient-il des autres  salles  encore  inachevées ?

— La salle des « capitales égyptiennes» est à 90% exécutée. Elle sera inaugurée dans quelques mois après la révision des films documentaires. Cette salle est dépourvue des pièces antiques, elle est équipée d’écrans tactiles, de lunettes VR et d’applications de la technologie moderne. De chaque côté, le visiteur va découvrir une partie de l’histoire du Caire, surtout celle islamique. Alors que pour les autres salles, on n’a pas encore l’intention de les inaugurer bientôt, vu le manque de financement et d’équipements. Mais on continue à organiser des expositions temporaires au sein de la grande salle, à l’exemple de l’exposition de différentes parties du livre « La Description de l’Egypte » dans le cadre de la célébration du bicentenaire de déchiffrement des hiéroglyphes. En outre, on utilise quelques salles pour tenir des expositions des différentes missions archéologiques étrangères opérant sur des sites en Egypte.

— Le musée vient de remporter la médaille d’argent de l’Union mondiale des handicapés (WDU) à Sharjah, aux Emirats arabes unis. Que représente ce prix ?

— Nous déployons tous nos efforts afin de satisfaire tous les goûts. Mon rêve est de rendre la culture et le patrimoine à la portée de tout le monde. Alors, on a fourni des rampes pour les chaises à rouleaux qui mènent aux salles du musée, des espaces vides entre chaque vitrine, des pancartes explicatives et des images en 3D vues de tous les côtés. Bref, le NMEC est un minaret culturel du XXIe siècle.

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