Jeudi, 22 février 2024
Al-Ahram Hebdo > Egypte >

L’Egypte plaide les causes de l’Afrique

May Al-Maghrabi , Mercredi, 21 décembre 2022

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a participé au sommet Etats-Unis-Afrique avec un agenda défendant les intérêts du continent.

L’Egypte plaide les causes de l’Afrique
Le président Sissi a souligné les moyens de surmonter les crises que traverse l’Afrique.

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a participé aux travaux du deuxième sommet Etats-Unis-Afrique, qui s’est tenu à Washington du 13 au 15 décembre, avec la participation de plus de 50 dirigeants africains. «  Lorsque l’Afrique réussit, l’Amérique réussit », a déclaré le président américain, Joe Biden, annonçant qu’un nouvel accord avec la zone de libre-échange continentale africaine permettrait aux entreprises américaines d’accéder à un marché de 1,3 milliard de personnes. Le sommet s’est soldé par un engagement américain de consacrer 2,5 milliards de dollars pour lutter contre l’insécurité alimentaire en Afrique, 75 millions de dollars pour renforcer les institutions démocratiques et 100 millions de dollars en assistance sécuritaire.

Des résultats prometteurs pour l’Egypte représentée au sommet par le président Sissi avec un agenda reflétant l’intérêt qu’accorde Le Caire au développement de l’Afrique. Faciliter l’intégration des pays africains dans l’économie mondiale, le transfert de technologie et la promotion des investissements étrangers et les moyens de surmonter les défis financiers, hydriques et alimentaires étaient des priorités sur son agenda. Le programme de la visite du président comprenait également des réunions avec de hauts responsables américains, mettant l’accent sur l’importance de promouvoir les relations bilatérales.

Dans son discours prononcé lors de la séance de clôture du sommet, le président égyptien a abordé les crises auxquelles est confrontée l’Afrique, dont la pauvreté, les pénuries alimentaires, la crise énergétique, l’eau et d’autres sujets liés à la croissance économique. « Cet important sommet se tient huit ans après sa première édition, une période qui a connu des changements majeurs et a imposé de nombreux défis. Ce qui rend évident de développer le partenariat Afrique-Etats-Unis pour aider les pays du continent à trouver des solutions à ces crises successives », a dit le président.

Proposer des solutions

Concrètement, il a appelé les Etats-Unis à utiliser leur poids économique afin d’alléger le fardeau de la dette pour les pays les plus touchés, notant que le taux d’endettement a atteint des niveaux sérieux dépassant 250 % de leurs revenus. « Une situation qui nécessite de prendre des mesures urgentes et d’exempter ces pays d’une partie de leurs dettes et d’activer l’initiative du G20 afin de suspendre les dettes et formuler des mécanismes pour échanger les dettes contre des investissements », a-t-il exhorté, appelant les institutions financières internationales à faciliter l’accès des pays en développement à un financement durable, à faciliter les conditions de prêt adaptées à la nature de leurs économies et à formuler des programmes d’urgence pour stimuler la croissance en Afrique. Pour y parvenir, le président a souligné l’importance d’intensifier les investissements agricoles en Afrique pour développer les capacités de production et de stockage de ces pays grâce à la localisation de la technologie moderne avec des conditions faciles.

Il a par ailleurs participé à la session sur le renforcement de la sécurité alimentaire et l’amélioration des systèmes alimentaires, tenue en marge du sommet. « Les statistiques internationales sont alarmantes sachant que le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire dans le monde est passé à 800 millions en 2022, soit une augmentation de 150 millions par rapport à 2019 dont plus d’un tiers en Afrique », a-t-il dit, ce qui nécessite de formuler des cadres juridiques pour contrôler la coopération entre les pays qui partagent les ressources en eau et contribuer à la réalisation du développement sans causer de dommages importants.

Sur les efforts de l’Egypte pour assurer la sécurité alimentaire de l’Afrique, Sissi a passé en revue des initiatives lancées par l’Egypte lors de la COP27 dans le domaine du financement de l’adaptation, dont la création du Centre du Caire pour l’apprentissage et l’excellence en matière d’adaptation et de résilience en coopération avec les Etats-Unis, ainsi que l’Initiative alimentation et agriculture pour une transformation durable (FAST) avec l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Pour le politologue Mohamed Kamal, le président a présenté « une feuille de route déterminant des mesures précises pour aider l’Afrique à surmonter ses crises ». Il indique que la sécurité alimentaire et les dettes ont été au centre des priorités avancées par Sissi. « Le président a souligné que la résolution de la crise de la sécurité alimentaire n’est pas seulement dans l’intérêt du continent, mais aussi dans l’intérêt du monde après la propagation de la crise alimentaire en Europe. Et ce, vu que l’Afrique dispose des richesses qui peuvent aider à résoudre ces crises. Concernant la facture exorbitante de la dette des pays africains, le président a défini des mesures d’urgence qu’il faut prendre en soutenant les économies émergentes et en augmentant les investissements en Afrique », indique le politologue. « Même si les promesses américaines restent en deçà des attentes, il faut exploiter la volonté des Etats-Unis de contrer l’influence croissante de la Chine et de la Russie en Afrique pour maximiser les profits du continent », conclut Kamal.

Mots clés:
Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique