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May Sélim, Lundi, 30 septembre 2013

La troisième édi­tion de Nuit de danse contempo­raine (CDN-3) cherche à rappro­cher la danse contemporaine du public ordinaire. Formats courts et pédagogie guident ce festival.

CDN-3
GEB, de Hazem Hayeder. (Photo : Bassam Al-Zoghby)

Six spectacles de danse contemporaine ont été donnés pour la troisième édition de Nuit de danse contempo­raine au Caire, tenue au théâtre Al-Falaki du 26 sep­tembre au 1er octobre. « Malgré les circonstances politiques qui ont conduit à l’annulation de beaucoup de manifestations culturelles et artistiques, CDN-3 a respecté son rendez-vous annuel grâce à la passion des chorégraphes, des danseurs participants, et au soutien de plusieurs institu­tions », se réjouit Ezzat Ismaïl, directeur du festival.

Malgré un budget limité, cette rencontre se développe pro­gressivement d’une édition à l’autre. Le nombre des partici­pants augmente alors que les activités proposées se diversifient.

Les spectacles misent sur la sobriété de la scène, l’originalité du mouvement et du jeu ainsi que la simplicité d’une mise en scène qui ne dépasse pas les 30 minutes.

Circuit de Dalia Al-Abd est un spectacle solo de cinq minutes. Il ne passe pas inaperçu. Un seul danseur décline les versions du verbe « tourner ». Il fait tourner sa main, ses bras, sa tête, son torse, puis tout son corps. Il danse jusqu’à arriver à la transe. Tourner est un mouvement continu, c’est l’éner­gie de la vie. Al-Abd signe ici une belle chorégraphie captant l’attention du public jusqu’au bout.

L’idée du double et du face-à-face interne entre une personne et son âme est bien traduite dans Rencontre de Raafat Al-Bayoumi. Deux danseurs opposés l’un à l’autre dansent avec harmonie, simultanément, au point de ne plus se séparer. Mais à un certain moment celui qui interprète le double s’impose.

GEB de Hazem Hayder met en évidence l’image de la société ; une société qui prétend être libre alors qu’elle favorise la discrimi­nation entre les sexes. La chorégraphie met sur scène deux camps : les hommes qui dansent, mènent le jeu et entrent en conflit, et les femmes marginalisées sur leurs chaises. Elles sont les témoins de ce qui se passe, adoptant un mouvement lent et passif. Le spectacle finit par une danse collective. Les danseurs suivent, par leur mouvement régulier, la routine du quotidien.

Tout le monde évite le briquet bleu de Mirette Michael consti­tue un spectacle léger, fait de scènes comiques et de danses, mais qui dépasse les 30 minutes réglementaires. Comme tous les spectacles de Mirette, il s’agit de faire succéder quelques scènes absurdes ou réelles inspirées de la société égyptienne. Les scènes manquent encore de lien dramatique, mais Mirette souligne que le spectacle est toujours en cours de création et que les scènes présentées ne sont que le fruit d’un long travail d’im­provisation, fait par les danseurs eux-mêmes.

Hors synchronisation de Nagham Saleh et Devenir léger d’Ibrahim Abdo abordent des sujets simples. Pourtant, ils tom­bent dans le piège des scènes longues où le mouvement devient répétitif, monotone et attendu. L’essentiel est de danser, de communiquer et de maintenir le rythme et le tempo.

CDN-3, les 8 et 9 octobre à 19h, à la Bibliotheca Alexandrina, Chatbi.

La vidéo, un médium efficace

Deux projections vidéo ont parallèlement été données dans le cadre des activités du festival, à savoir Une Nature oubliée réalisée par Ezzat Ismaïl et Une Attraction fatale par Hend Sami. Il s’agit de vidéo de danse. « La vidéo est un médium important : aujourd’hui, tout le monde en est familier, c’est très facile de consulter des vidéos sur Youtube ou autre. Pourquoi ne pas promouvoir la danse à travers ce médium ? », s’interroge Ismaïl.

Les techniques de tournage et de montage sont utilisées au profit d’un mouvement toujours cres­cendo. C’est le cas de la vidéo de Sami qui accélère le rythme de la danse et finit par présenter une vidéo rapide, de très courte durée. Quant à Ezzat Ismaïl, il fait fusion­ner plusieurs scènes pour créer une vidéo dramatiquement réussie, misant sur la redondance de son image de danseur.

Se tourner vers le public

Depuis le lancement de la première édition de Nuit de danse contemporaine en octobre 2011, Ezzat Ismaïl déclare que l’objectif essentiel de ce festival est de « rapprocher la danse contemporaine du public ordinaire ». Dans ce but, les représentations sont toujours sui­vies par des séances de discussion entre le public et les chorégraphes.

Depuis la deuxième édition, le public est invité à participer à des ateliers de danse tenus par les chorégraphes participants. L’an dernier, 60 personnes se sont inscrites dans ces ateliers. Le nombre de spec­tateurs augmente aussi d’année en année. « Les ateliers sont ouverts à tous ceux avides de mieux comprendre la danse contemporaine. Ces ate­liers ne visent pas à monter un spectacle. On introduit au public la danse et les chorégraphes professionnels. Si les participants veulent continuer à danser ou créer un spectacle, ils savent désormais où se diriger », poursuit Ismaïl. Les ateliers seront tenus au Caire aux studio Ezzat Ezzat et au studio Emadeddine. A Alexandrie, les ateliers seront tenus à la Bibliotheca Alexandrina.

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