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Khaled Okacha : Ce dialogue reflète la volonté de l’Etat de jeter les fondements de la Nouvelle République

Racha Darwich , Mercredi, 22 juin 2022

Dr Khaled Okacha, directeur du Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques, revient sur l’importance du dialogue national et les défis auxquels il peut être confronté.

Khaled Okacha

Al-Ahram Hebdo : Quelle est, selon vous, l’importance de ce dialogue national auquel a appelé le chef d’Etat ?

Dr Khaled Okacha : Cet appel de la part du président de la République traduit la volonté de la direction politique d’inviter toutes les composantes de la société égyptienne avec leurs différentes orientations intellectuelles, politiques et professionnelles, à un dialogue profond et transparent pour dessiner les traits de l’avenir et discuter de la manière de fonder la Nouvelle République à laquelle aspirent les Egyptiens. Raison pour laquelle le président a vraisemblablement lié l’invitation au dialogue à l’idée de la Nouvelle République.

— Pourquoi ce moment précis pour lancer ce dialogue ?

— A mon avis, il y a deux principales raisons. Tout d’abord, l’Egypte a traversé avec succès une période difficile au terme de laquelle elle veut poser des fondements d’un avenir stable, surtout qu’elle a réussi à surmonter de nombreux défis, notamment sécuritaires. Par ailleurs, l’Egypte, comme le monde entier, est confrontée à des défis colossaux imposés par la guerre en Ukraine et ses répercussions. Dans ces moments charnières, il est important que les composantes de l’Etat discutent ensemble, présentent leurs opinions et conviennent des meilleures voies pour bâtir l’avenir, car le défi n’est pas minime. Le monde ne s’est pas encore rétabli de la pandémie de Covid-19 qu’un nouveau défi plus grand est apparu entraînant une hausse des prix des denrées stratégiques, sans oublier la grande confusion sur les marchés mondiaux de l’énergie. Tous ces défis confirment que c’est le bon moment pour engager ce dialogue national.

— Quelles sont les principales questions qui seront soumises au dialogue ?

— Les questions politiques, économiques et sociales formeront les principaux axes du dialogue. Le président de la République a déclaré que ce sont les participants qui détermineront eux-mêmes l’agenda du dialogue. Par exemple, le syndicat des Journalistes, qui a annoncé sa participation au dialogue, a affirmé qu’il recevrait les propositions des journalistes autour de son agenda.

— Quels sont les défis auxquels le dialogue national sera confronté ?

— Le plus grand défi est que ce dialogue ne soit pas suffisamment pris au sérieux, que les participants cherchent à réaliser des intérêts personnels alors que l’Etat a besoin que l’on pose les fondements de la Nouvelle République. L’Etat a besoin que l’on présente des propositions qui nous sortent de l’individualisme et des demandes catégorielles pour aller vers des horizons plus larges qui se rapportent à l’avenir de tous les Egyptiens. J’espère que l’on ne tombera pas dans ce piège, surtout que l’Etat insiste sur le fait que tous ceux qui veulent participer à ce dialogue y participent. Par ailleurs, j’espère qu’il y aura une bonne organisation et une bonne gestion des séances du dialogue. Ceci représente aussi un grand défi. Enfin, il est indispensable d’assurer une bonne communication entre les appareils exécutifs de l’Etat et toutes les parties qui participeront au dialogue, car ce sont ces appareils (le gouvernement) qui détiennent les informations sur tout ce qui a été réalisé ces dernières années sous l’ombrelle de l’agenda « Egypte 2030 » qui est le plan stratégique conformément auquel avance l’Etat. C’est ce flux d’informations qui contribuera à faire réussir le dialogue.

— Que pensez-vous du fait que certains courants soient écartés du dialogue, comme la confrérie des Frères musulmans ?

 — Conformément à la loi et aux verdicts de la justice, les Frères musulmans sont une confrérie terroriste qui a utilisé l’arme et la violence contre l’Etat et le peuple égyptien. Elle est impliquée dans des affaires multiples, qu’il s’agisse d’espionnage, de formation de groupuscules terroristes, comme Hasm et Liwaa Al-Sawra, ou de financement du terrorisme pour déstabiliser l’Etat. La confrérie est dans un état d’hostilité avec l’Etat égyptien et son peuple. Il est donc tout à fait logique qu’elle ne participe pas au dialogue.

Où iront les propositions de ce dialogue ?

— Le chef d’Etat, qui participera d’ailleurs à plusieurs séances du dialogue national, a dit que les résultats des discussions lui seraient directement soumis. Un plan d’action sera soumis aux appareils exécutifs pour qu’ils travaillent dessus, alors que tout ce qui nécessite la promulgation de lois sera soumis aux deux Chambres du parlement pour être étudié en détail une seconde fois avant d’être appliqué.

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