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Des sites de l’ancienne Nubie réhabilités

Nasma Réda, Mercredi, 18 mai 2022

La première phase de réaménagement de deux sites archéologiques à Assouan vient de s’achever. Elle vise à inclure les temples d’Amada et d’Al-Séboue sur la liste des sites touristiques.

Des sites de l’ancienne Nubie réhabilités
Statues colossales décorant la cour du temple d’Al-Séboue.

Les travaux de la première phase de réhabilitation de deux zones archéologiques importantes en Nubie, en Haute-Egypte, viennent de s’achever. Situées sur les bords du lac Nasser, à 150 km au sud du Haut-Barrage d’Assouan, ces deux zones contiennent les fabuleux temples d’Amada et d’Al-Séboue, ainsi que plusieurs monuments de grande valeur sauvés du naufrage suite à la construction du Haut-Barrage, grâce à une campagne internationale lancée par l’Unesco en 1960 et qui s’est poursuivie jusqu’en 1980.

«  Ces monuments, dont cinq temples, Al-Dekka, Al-Miharraqa, Al-Séboue, Amada et Al-Derr et la tombe de Pennout sont tous taillés ou quasi taillés dans la roche », explique Ahmed Hassan, directeur des régions d’Amada et Al-Séboue au ministère du Tourisme et des Antiquités. « Depuis 2018, une initiative est lancée par le ministère du Tourisme et des Antiquités afin de développer et réhabiliter ces deux régions archéologiques pour aider à promouvoir le tourisme, en installant des services et en aménageant le site », explique Abdel-Moneim Saïd, directeur général des monuments au gouvernorat d’Assouan. Selon lui, les travaux ont commencé par la construction d’un mur entourant les sites archéologiques afin de les protéger du sable. Ensuite, le ministère a dû construire de nouvelles résidences pour les archéologues et les employés et réaménager les anciennes constructions, et les équiper avec de l’eau potable afin d’assurer la continuité du travail. D’après lui, ces travaux ont encouragé une mission polonaise à demander la concession de travail dans les deux sites afin d’étudier les centaines de blocs éparpillés dans le parterre des temples. « Après l’aménagement du site, on fait la restauration et le nettoyage des parois des temples, des colonnes, des statues et des inscriptions », ajoute Hassan.

Temple d’Amada où apparaissent les différentes scènes aux couleurs vives.

En outre, explique Abdel-Moneim Saïd, le ministère a transformé la région en site vert, avec neuf stations solaires, dont quatre à Al-Séboue, installées par le ministère de la Production militaire avec un fonds de 5,5 millions de livres égyptiennes. « Toutes les régions archéologiques ont été éclairées et les temples munis de rampes pour faciliter l’entrée et la sortie des visiteurs », dit Nasr Salama, ex-directeur des monuments d’Assouan. Le coût total des travaux de cette première phase de développement des deux sites s’est élevé à 20 millions de L.E., financée par le Fonds de sauvetage des monuments de la Nubie.


Vue générale du temple d’Al-Séboue.

Les travaux de la deuxième phase

Ce projet inclut le développement de l’ancien port rocheux, ainsi que la fondation d’un autre plus moderne. « Les croisières sont actuellement le moyen le plus utilisé pour visiter le site. Mais vu la taille importante des bateaux, ceux-ci ne peuvent approcher les bords du lac. Les touristes utilisent alors de petites barques pour les transporter vers le port », explique Abdel-Moneim Saïd.


Tombe de Pennout.

Reste la problème d’aménager une route vers le temple Al-Séboue, puis vers celui d’Amada, situé à 50 km plus loin, derrière le Haut-Barrage d’Assouan. « Depuis plusieurs années, on souffre pour accéder aux régions archéologiques situées derrière le Haut-barrage aux bords du lac Nasser, car la route est devenue très dangereuse. Ainsi, la deuxième et dernière phase de notre projet va prendre cette affaire en considération », assure Salama. En plus de la route menant aux sites, la prochaine phase du projet consiste à installer des résidences touristiques adaptées au milieu environnant. « On vise à ce que les groupes touristiques passent des nuits supplémentaires dans cette région riche par ses monuments », renchérit Saïd, estimant qu’avec la mise en place de ces services et infrastructures, les sites d’Amada et d’Al-Séboue pourraient faire l’objet de visites touristiques.


Des panneaux explicatifs et un endroit de repos installés sur le site.

Une riche région archéologique

La construction du Haut-Barrage d’Assouan, au début des années 1960, a créé le lac Nasser qui a inondé la Basse-Nubie. La campagne de sauvegarde des monuments a été lancée par l’Unesco et quelques temples ont été enlevés de leurs emplacements originaux pour être reconstruits un peu plus loin sur des collines élevées sur les bords du lac Nasser. Cette zone regroupe d’importants temples.

Dans la région de la vallée d’Al-Séboue se trouvent les temples d’Al-Dekka, datant de l’époque des Ptolémées (305-31 av. J.-C.), d’Al-Miharraqa, de l’époque romaine (30 av. J.-C.) et d’Al-Séboue, remontant au règne de Ramsès II. De fabuleux monuments ornent la région d’Amada, dont le temple d’Amada, considéré comme le plus ancien temple de toute cette région archéologique, et qui est construit sous le règne de Thoutmosis III. S’y trouve aussi le temple d’Al-Derr, taillé dans la roche sur la rive est du Nil, datant de la période de Ramsès II, et qui est similaire au temple d’Abou-Simbel. En plus des temples qui abondent dans cette région, on trouve la tombe de Pennout, datant de la XXe dynastie, plus précisément du règne de Ramsès VI (1143-1136 av. J.-C.). Pennout était le superviseur des prêtres du temple d’Horus d’Aniba. Cette tombe a été découpée puis transportée en 1964 depuis Aniba jusqu’au site de la nouvelle Amada en raison de son importance historique et de la qualité de ses décors.

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