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Deux questions toujours en discussion

Ali Atef, chercheur au Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques (ECSS). , Mercredi, 06 avril 2022

Les échanges de prisonniers et le retrait des Gardiens de la Révolution de la liste américaine des organisations terroristes sont les deux questions encore en discussion dans les négociations.

Deux questions toujours en discussion
Les Gardiens de la Révolution constituent une force économique, politique et sociale qui contrôle la société iranienne.

Un an s’est écoulé depuis le début du premier round des négociations sur le nucléaire entre l’Iran et le groupe (5+1) dans la capitale autrichienne Vienne. Les négociations menées à l’époque avec l’ex-gouvernement réformateur en Iran, présidé par Hassan Rohani, avaient permis à chaque camp de montrer ses intentions et ses objectifs. A l’époque, les négociateurs occidentaux estimaient que l’accord nucléaire ne serait pas conclu sous Rohani. La plupart des indices favorisaient la victoire du candidat conservateur Ebrahim Raïssi aux élections israéliennes. Ainsi, les négociations entre Téhéran et l’Occident sont devenues plus sérieuses avec l’accession au pouvoir de Raïssi en Iran en août 2021. C’est à ce moment-là que tous les pays participant aux négociations ont commencé à mettre sur la table leurs visions et leurs demandes afin de conclure l’accord. Des rapports occidentaux affirmaient que l’Iran « se rapprochait de l’arme nucléaire ».

Les discussions ont affronté maints obstacles, qui ont failli saper le marathon des négociations, comme la guerre entre la Russie et l’Ukraine, la question des échanges des prisonniers entre l’Iran et l’Occident et la demande de Téhéran aux Etats-Unis de retirer les Gardiens de la Révolution islamique de la liste des organisations terroristes. Récemment, alors que Washington a assuré à la Russie que les sanctions internationales établies à son encontre à cause de l’invasion de l’Ukraine n’affecteraient pas ses relations commerciales et militaires avec l’Iran, les tractations se poursuivent sur les autres questions, à savoir l’échange des prisonniers et le retrait des Gardiens de la Révolution de la liste des groupe terroristes.

Prémices d’un règlement de l’échange des prisonniers

Les médias occidentaux ont intensifié leurs programmes au cours des derniers mois sur la question des prisonniers américains et européens détenus par Téhéran en réclamant leur libération dans le cadre de l’accord nucléaire. Ces pressions ont incité les gouvernements américains et européens à mettre sur la table en priorité le dossier de l’échange des prisonniers. Téhéran peut également réclamer la libération de certains de ses citoyens détenus aux Etats-Unis et le dégel de ses fonds bloqués en échange de la libération des prisonniers occidentaux. Le 16 mars 2022, les autorités iraniennes ont libéré plusieurs citoyens britanniques dont deux sont d’origine iranienne : la journaliste Nazanin Zaghari et l’homme d’affaires Anooshesh Ashoori. Cette libération a été faite en contrepartie du règlement d’une dette d’un montant de 530 millions de dollars pour le compte de l’Iran. Partant, il est évident que ce dossier ne comporte plus de problèmes.

Dernier obstacle, les Gardiens de la Révolution

Dernier obstacle. Les Etats-Unis retireront-ils les Gardiens de la Révolution iranienne de la liste des organisations terroristes ? Ce dossier est le plus polémique entre l’Iran et les Etats-Unis. Téhéran demande à Washington de retirer les Gardiens de la Révolution islamique de la liste noire des organisations terroristes. Le ton est monté d’un cran ces dernières semaines, étant donné l’insistance iranienne et le refus américain. Ce retrait est très difficile vu le refus de certains Etats alliés des Etats-Unis et celui de plusieurs membres de l’Administration de Joe Biden, dont le leader de la majorité démocrate au Congrès, Steny Hoyer, qui a demandé le 1er avril à ce que le statut d’organisation terroriste des Gardiens de la Révolution ne change pas. Cependant, l’insistance de l’Iran et la volonté de Washington de parvenir à un accord dans les brefs délais, de peur que Téhéran ne fabrique l’arme nucléaire, rendent plus probable l’omission de cette demande en contrepartie de la réduction de la présence militaire de l’Iran au Moyen-Orient, surtout que le statut d’organisation terroriste n’a pas été influencé par les activités des gardiens durant les trois dernières années. Ces derniers dépendent essentiellement de leurs agents dans les régions iraniennes et à l’étranger ayant différentes nationalités. « La force des Gardiens de la Révolution n’a cessé de croître depuis qu’ils ont été classés comme groupe terroriste à l’époque de Trump », c’est ce que vient de dévoiler la porte-parole de la maison blanche, Jen Psaki.

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