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L’autre guerre

Abir Taleb , Mercredi, 09 mars 2022

De l’art à la culture en passant par les sports, les Russes subissent une panoplie de sanctions. Le pays se retrouve mis au ban.

L autre guerre
A Paris, la statue de cire du président russe a été retirée du Musée Grévin. (Photo : AFP)

Des sanctions économiques à l’encontre d’un pays qui a déclenché une guerre contre un autre. Rien de plus normal. Rien de plus banal même. Rien de plus «  légitime », dit-on. Mais face au trop plein d’émotions suscitées par l’offensive militaire lancée par la Russie en Ukraine, tout le monde ou presque s’est empressé pour sanctionner la Russie. Le monde du sport d’abord. La décision de la FIFA et de l’UEFA de suspendre la Russie de leurs compétitions a été suivie de bien d’autres: La Fédération polonaise de football a annoncé que la Pologne ne jouerait sous aucun prétexte contre la Russie lors des barrages du 24 mars, qualificatifs pour la Coupe du monde au Qatar. Une position partagée par ses homologues suédoise et tchèque, potentiels adversaires des Russes au tour suivant. Les Russes, mais aussi les Biélorusses, ont été interdits de participer aux Jeux paralympiques de Pékin, qui se sont ouverts vendredi 5 mars. D’autres disciplines sportives ne verront pas non plus la participation des Russes, comme le hockey sur glace, le basket, le tennis, pour ne citer que cela. Bref, les sportifs russes sont désormais considérés persona non grata. En réponse, les instances sportives de Moscou disent leur détermination à faire annuler ces sanctions, jugées « discriminatoires » et injustes pour leurs sportifs.

Le monde du cinéma est lui aussi venu s’en mêler. Disney et Sony Pictures ont suspendu la projection de leurs films en Russie. A cela s’ajoute une vague d’annulation de concerts de musique classique en Europe. En cause? L’origine russe des compositeurs dont les oeuvres devaient être jouées! D’autres géants du monde ont suivi la cadence. Samsung Electronics— 30% du marché des smartphones en Russie— a suspendu ses expéditions vers ce pays. Avant cette firme, Apple avait aussi pris des mesures similaires.

Qui plus est, la statue de cire du président russe a été retirée du Musée Grévin à Paris. Et pour cause, elle est devenue la cible de « quelques assauts » des visiteurs, selon le musée. Et ce n’est pas tout, le musée envisage de la remplacer par celle du président ukrainien !

Autant de décisions dont la logique ne tient pas toujours debout. Ceux qui ont pris de telles décisions, et qui n’ont que faire des fragiles équilibres géopolitiques, ont-ils omis qu’un peuple et son histoire ne sont pas résumables aux actions de son président? Ou opèrent-ils de simples opérations de communication ?.

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