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Booster les exportations vers l’Afrique

Aliaa Al-Korachi et Ghada Ismaïl, Lundi, 13 décembre 2021

L’Egypte s’apprête à lancer un plan pour le développement des exportations vers l’Afrique. Une nouvelle phase dans l’intégration commerciale avec le continent.

La sixième édition du Food Africa a eu lieu du 12 au 14 au Caire.
La sixième édition du Food Africa a eu lieu du 12 au 14 au Caire.

Le 1er janvier 2022, c’est la date de l’entrée en vigueur du nouveau « plan stratégique pour le développement des exportations égyptiennes en Afrique ». Il s’agit d’un plan en trois phases qui vise à augmenter le volume des exportations égyptiennes vers les pays africains de 10 milliards de dollars d’ici 2025. Un comité spécial, regroupant plusieurs ministères et représentants des milieux d’affaires, est en train de finaliser cette nouvelle stratégie basée sur « une étude détaillée sur les défis et les opportunités, ainsi que la compétitivité des biens et services égyptiens », a souligné Hala Al-Saïd, ministre de la Planification et du Développement économique et présidente du comité.

Booster les exportations vers l’Afrique

« Activer les accords de libre-échange conclus entre l’Egypte et de nombreux pays africains dans le contexte de la mise en oeuvre de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECA) figure parmi les axes prioritaires de ce plan », explique Sally Farid, spécialiste de l’économie africaine. Autre volet, même plan: la présidence égyptienne du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) renforcera, selon beaucoup d’observateurs, la présence des exportations égyptiennes sur ces marchés (voir page 5).

« L’Egypte accordera une grande attention à la promotion de l’intégration continentale dans le cadre de l’Accord de zone de libre-échange continentale et bénéficiera des progrès réalisés dans le cadre de l’intégration régionale du COMESA, pour soutenir l’intégration avec les trois groupements régionaux : le COMESA, la Communauté de l’Afrique de l’Est et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), en encourageant les signataires de l’Accord de zone de libre-échange pour les trois communautés, pour ratifier l’accord, afin d’être appliqué et mis en vigueur », a déclaré le président Abdel-Fattah Al-Sissi, le 23 novembre, à l’occasion de l’accession de l’Egypte à la présidence du COMESA, avant d’annoncer son intention de lancer l’initiative égyptienne pour l’industrialisation du continent sous le slogan « Made in COMESA ».

« L’importance de la dimension économique dans la coopération égypto-africaine réside dans le fait que l’Afrique constitue géographiquement un énorme marché où les exportations égyptiennes jouissent d’une grande facilité d’accès par rapport aux autres marchés », souligne Sally Farid. Et d’ajouter: « L’Egypte considère le marché africain comme la base du partenariat et du développement, et non pas un marché spécial pour ses produits. Partant de ce principe, l’Egypte a réussi à récupérer progressivement, au cours des sept dernières années, sa puissance économique dans le continent, contribuant ainsi depuis 2019 à la croissance des exportations égyptiennes, tant au niveau qualitatif qu’au niveau quantitatif ». Les exportations égyptiennes vers l’Afrique comprennent essentiellement le gaz naturel et les produits non pétroliers tels que les vêtements confectionnés, les textiles de coton, les produits médicaux et pétrochimiques, les agrumes, le riz, les oignons séchés, le plastique, l’acier et la céramique.

Dynamisme

Booster les exportations vers l’Afrique

A chacun son rôle. Des missions spécifiques ont été confiées à chaque ministère, et ce, en coordination avec les représentants du secteur privé, partenaire essentiel, pour faire réussir cette nouvelle stratégie, comme le précise Névine Gamea, ministre du Commerce et de l’Industrie. Envoyer des missions commerciales dans les marchés africains en vue d’explorer les chances en matière de commerce et d’investissement, tel est le mécanisme adopté par le ministère du Commerce et de l’Industrie pour consolider les liens avec les communautés d’affaires africaines. Dans le même temps, Le Caire a accueilli, du 12 au 14 décembre, le salon Food Africa (voir page 4).

Par ailleurs, les bureaux de représentation économique de l’Egypte jouent un rôle-clé dans la mise en place d’une base de données sur les besoins des marchés africains. « Nous avons un nouveau modèle commercial, nous nous appuyons sur l’intermédiation plutôt que sur le commerce, et nous fournissons des services logistiques regroupés dans un guichet unique. Le facteur humain est très important pour nous, nos succursales seront dirigées par des résidents de chaque pays qui, selon nous, en savent plus sur la manière de faire des affaires dans leur société. La tâche principale des responsables de succursales sera d’identifier un réseau de grossistes et d’agents dans les centres d’affaires et les pays environnants », a déclaré Hesham Tawfik, ministre du Secteur public des affaires, qui vient de lancer Gosoor, un catalogue électronique pour la promotion des exportations égyptiennes .

Quant au ministère des Finances, il a consacré 4,2 milliards de L.E. pour soutenir le programme de développement des exportations dans le projet de budget pour l’exercice 2021-2022. En parallèle, le ministère du Transport a lancé un nombre de projets d’infrastructures visant à développer le commerce intra-africain. Parmi les projets en cours, on peut citer celui de la route Le Caire-Cape Town, long de 10300 km, qui devrait réduire drastiquement la durée du transport des marchandises interafricaines.

La Banque Centrale et les banques égyptiennes devraient, à leur tour, jouer un rôle pour faciliter les transactions financières du commerce entre les pays africains, surtout après l’expansion remarquable de nombreuses banques égyptiennes en Afrique. « Le choix du continent africain comme boussole pour les investissements égyptiens dans la période à venir profitera à l’économie égyptienne, vu que l’Afrique est un continent doté de ressources abondantes et représente un marché de 1,2 milliard de consommateurs », conclut Sally Farid.

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