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Omicron : Incertitudes et interrogations

Aliaa Al-Korachi, Lundi, 06 décembre 2021

L’émergence du variant Omicron suscite inquiétudes et interrogations. Celui-ci est la conséquence directe des inégalités vaccinales dans le monde. Explications.

Omicron  : Incertitudes et interrogations

Une impression de déjà-vu. Après presque deux ans de pandémie, la bataille contre le virus n’est pas encore terminée. Et l’on attend toujours le retour à la normale. L’apparition du nouveau variant Omicron a créé une atmosphère de peur et d’incertitude partout dans le monde qui craint un retour à la case départ.

Les personnes vaccinées, comme celles non vaccinées, sont aujourd’hui menacées de contamination par cette nouvelle souche du coronavirus potentiellement plus contagieuse que ses précédentes. Détecté pour la première fois en Afrique du Sud, le variant Omicron est en train de se propager dans le monde.

C’est le cinquième variant du Covid-19 à être désigné par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme préoccupant. Avant lui, ce sont les variants Alpha, Beta, Gamma et Delta qui avaient été considérés comme inquiétants. Il est désormais présent dans 38 pays, sur tous les continents.

Omicron  : Incertitudes et interrogations

L’émergence de ce nouveau variant du Covid-19 est le résultat de plusieurs mutations qui lui permettent d’être plus résistant aux anticorps issus de la vaccination. Il suscite désormais de nombreuses interrogations: sera-t-il le variant dominant et le plus dangereux de tous? Les vaccins sont-ils sans effet contre ce variant? Ou bien le Covid-19 est en passe de se transformer en maladie bénigne avec cette nouvelle souche? Selon le Dr Amgad Al-Haddad, chef du service d’allergie et d’immunologie du laboratoire égyptien Vacsera, rien n’indique pour l’instant qu’Omicron est plus dangereux que les autres. On en saura plus sur ce variant dans les prochains jours.

Fermer les frontières, une mesure efficace ?

Une autre polémique. La fermeture des frontières est-elle une mesure efficace ? Malgré les déclarations de l’OMS affirmant que « les interdictions générales de voyager n’empêcheront pas la propagation et la mutation du virus, de nombreux pays ont décidé de prendre de nouvelles mesures strictes et de fermer leurs frontières aux voyageurs venant notamment d’Afrique australe ».

Or, selon Waël Safwat, conseiller auprès de l’OMS, les restrictions de voyage pourraient être une mesure tardive, puisque l’expérience a montré que les nouvelles souches se propagent géographiquement avant d’être identifiées. Ces restrictions peuvent seulement retarder son arrivée, mais elles n’empêcheront pas sa diffusion. La meilleure solution, comme le souligne Safwat, est de « déchiffrer le code génétique du nouveau mutant pour bien le contrôler ». Quels seraient les scénarios? « Il est très difficile de revenir à la case départ, puisque beaucoup de pays disposent aujourd’hui de nombreux mécanismes, d’expérience et de lucidité pour faire face au virus ».

Vaccins, un signal d’alarme

Résoudre la crise des vaccins est la clé pour mettre fin à la pandémie. En fait, tout le monde s’accorde à dire que l’émergence de ce nouveau variant en Afrique australe est la conséquence directe des inégalités vaccinales dans le monde. « Si nous ne remédions pas à l’inégalité en matière de vaccins, nous donnons à ce virus la possibilité de muter d’une manière que nous ne pourrons ni prévoir ni empêcher », a averti à maintes reprises le président de l’OMS, Tedros Adhanom.

Selon Al-Haddad, « la présence de personnes non vaccinées dans un pays favorise l’apparition des nouveaux variants, puisque l’émergence des variants classés préoccupants surgit dans des pays où la vaccination est faible, comme l’Afrique du Sud, l’Inde et le Brésil ». Selon les statistiques de l’Onu, alors que la plupart des pays occidentaux ouvrent la voie à une troisième dose, seuls 6% des 1,2 milliard d’habitants de l’Afrique sont vaccinés, contre environ 67% en Europe et 58% aux Etats-Unis.

En outre, la stratégie vaccinale des pays les plus riches est pointée du doigt, puisque 80% des vaccins dans le monde sont stockés par les pays membres du G20. Quant au programme Covax de distribution des vaccins anti-Covid de l’OMS, il n’a envoyé que 537 millions de doses jusqu’à présent, alors qu’il devait initialement envoyer 2 milliards de doses aux pays en voie de développement, notamment en Afrique sub-saharienne, avant la fin de l’année.

Mahmoud Mohieddine, dans son article intitulé « Avec Omicron, l’anxiété est un sentiment légitime, alors que la panique est à rejeter », dit: « Alors que la science a gagné, la volonté politique a échoué et son pouvoir a été très limité face à l’avidité de ceux qui accaparent seuls 100 millions doses de vaccin. La date d’expiration de ces doses stockées devrait prendre fin début 2022, sans que ni les pauvres ni les riches n’aient pu en profiter ».

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