Mardi, 28 mai 2024
Dossier > Dossier >

A la découverte de l’artisanat Égyptien

Ola Hamdi, Lundi, 18 octobre 2021

1 500 créateurs ont exposé leurs oeuvres à l’exposition Turathna, qui regroupe différents types de produits artisanaux. Tournée.

A la découverte de l’artisanat égyptien

A la découverte de l’artisanat égyptien

Tapis tissés à la main, costumes traditionnels, tissus d’ameublement brodés, poteries, céramiques, accessoires … Une vaste sélection de produits artisanaux locaux inspirés du riche patrimoine égyptien était exposée dans les deux ailes de la troisième édition de l’exposition Turathna (notre patrimoine), tenue du 9 au 15 octobre, sous les auspices de l’Autorité de développement des micros, petites et moyennes entreprises.

« Faire revivre le patrimoine est notre objectif », confirme Loula Lahham, cheffe du projet Akhmim de l’Association de la Haute-Egypte pour l’éducation et le développement, qui participe à l’exposition depuis 2019. « Les femmes du village d’Akhmim proposent des produits du tissage et de broderie inspirés du patrimoine égyptien. Nous proposons aussi de l’artisanat du village de Hagaza, des produits en bois de cèdre », dit-elle. Les produits confectionnés par 120 femmes de l’association sont des couvre-lits, des châles et des draps à 100 % coton égyptien, avec des dessins inspirés des époques pharaonique, copte et islamique. Selon elle, les habitants d’Akhmim se démarquent par leurs compétences en broderie, du fait qu’ils cousaient et brodaient les vêtements des nobles avec des fils de soie, d’or et d’argent ainsi que les anciens textiles coptes. « L’Etat nous soutient. Et le président m’a même honorée », dit-elle fièrement. « Nous avons également été invités, il y a deux ans, à participer à l’exposition du patrimoine artistique à Bahreïn. Akhmim a remporté le prix du meilleur produit arabe qui a été reçu par Mariam Azmi, l’artiste populaire de l’association, analphabète qui n’a pas étudié l’art », explique Loula Lahham, qui révèle que l’association étudie la création d’un musée des textiles égyptiens et d’une école pour l’enseignement du tissage à Akhmim, notamment après l’inscription des textiles brodés égyptiens sur la liste de l’Unesco en tant qu’artisanat qui doit être protégé et préservé. « Notre objectif est de mettre Akhmim sur la carte touristique », espère-t-elle.

Les quatre coins de l’Egypte représentés

A la découverte de l’artisanat égyptien

Loin d’Akhmim, les produits fabriqués à Bir Al-Abed, au Nord-Sinaï, attirent tout autant. L’ingénieur Hanane Makaber, présidente du conseil d’administration de l’Association du développement des petites et moyennes entreprises, a participé à l’exposition avec des produits inspirés du patrimoine du Sinaï qui ont ébloui le public : châles sinaouis, sacs, masques brodés, herbes aromatiques et huile d’olive. Hanane se dit honorée de rencontrer le président et de lui parler des problèmes des artisans et de la nécessité d’exporter les produits de l’association, affirmant qu’il les aide soit par le biais d’un soutien, ou de projets fournis par l’Autorité des petites entreprises du Nord-Sinaï.

Autre coin du pays représenté dans cette exposition, l’oasis de Dakhla dans le gouvernorat de la Nouvelle-Vallée. « Notre objectif est de réduire la souffrance des patients atteints de cancer dans les oasis. Nous avons mis en place, en 2014, un centre d’artisanat, Wahati (mon oasis), qui a réussi à apporter un soutien psychologique aux patientes en participant à des activités traditionnelles », explique Iman, jeune de 25 ans, responsable de l’Association des soins de santé intégrés de Dakhla. Les produits faits par les femmes de cette oasis vont des produits traditionnels inspirés de la principale culture du gouvernorat, qui est les dattes, ainsi que de tous ses dérivés, des produits en osier, des sacs et des kilims d’oasis, en plus de la tenue traditionnelle. « Nous visons par notre participation à apporter un soutien aux patients en chimiothérapie, qui dépensent 80 000 L.E. par mois », explique Iman.

A la découverte de l’artisanat égyptien

Parmi les exposants figurent également des personnes talentueuses et déterminées comme Zizi Abdel-Ghani, 40 ans, diplômée de la faculté des beaux-arts. Bien qu’elle souffre d’une déficience auditive et d’un handicap physique, ses produits faits mains ont attiré l’attention du public : des accessoires en perles incarnant le patrimoine égyptien pharaonique et islamique et des produits en crochet. « C’est la deuxième fois que je participe à l’exposition. J’espère avoir un endroit permanent pour exposer mes produits et participer à des expositions internationales », souhaite Zizi.

En utilisant de la fibre-porcelaine incrustée de nacre et de poudre d’or, d’argent et de cuivre, Walid Abbas, 45 ans, architecte d’intérieur, sculpte et conçoit des statues et des pièces traditionnelles en porcelaine. Les produits de Walid sont variés et de haute qualité. « Cette année, je présente des formes artistiques qui combinent art et usage, tels les tables et les abat-jours. Les gens achètent une magnifique sculpture d’Oum Kalsoum, qui est en même temps une table très élégante », assure-t-il. Pour Walid, le défi de cette année est la faible participation du public, car l’exposition a coïncidé avec la rentrée scolaire. Sans compter la pandémie, qui l’a empêché d’exporter ses produits.

Quant à Amani Riyad, 39 ans, son talent de la conception d’accessoires en cuivre et en argent lui a fait quitter sa spécialisation en génie électrique et entrer dans le monde de l’artisanat traditionnel. « Je présente cette année des sacs en cuivre avec une inscription pharaonique doublés de cuir naturel », explique Amani. Tous les modèles sont inspirés du patrimoine égyptien, en particulier pharaonique et nubien. « J’avais commencé en 2004 par des accessoires en argent. Ensuite, j’ai appris à fabriquer des bijoux. Après avoir maîtrisé cet art, j’ai commencé à former des jeunes », a fièrement dit Amani.

Les visiteurs, eux, s’en donnent à coeur joie. Nadia et ses 3 filles ont visité l’exposition pendant deux jours consécutifs afin d’en faire le tour et de s’acheter quelques bricoles. « C’est un plaisir de voir des oeuvres d’art et des produits créatifs qui reflètent notre riche patrimoine égyptien et mêlent les civilisations pharaonique, islamique et copte ».

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique