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Répandre la culture du bon voisinage

Mardi, 31 août 2021

Après des décennies de troubles, l’Iraq a réussi à retrouver une certaine stabilité et à se replacer sur la scène régionale.

Répandre la culture du bon voisinage

Bagdad, Correspondance —

Alaa Sabet, rédacteur en chef d’Al-Ahram

Alaa Sabet

A mon arrivée à bagdad, je me suis senti à la fois réconforté et optimiste. Malgré la chaleur étouffante dépassant les 40°C, les rues grouillent, les magasins présentent diverses marchandises, les cafés ont retrouvé leur joie d’antan. Les Iraqiens ont réussi à dépasser les difficultés et les atrocités qu’ils ont vécues. Je me suis souvenu de tous les drames que l’Iraq avait traversés au cours des quatre dernières décennies : la guerre contre l’Iran, l’invasion du Koweït, l’embargo qui a étouffé les Iraqiens, l’invasion américaine et les énormes destructions qu’elle avait entraînées. Et enfin, alors que les Américains venaient à peine de sortir de l’Iraq en janvier 2011, est apparue l’organisation terroriste de Daech qui a ravagé le pays et commis les pires massacres. Mais l’Iraq a enfin réussi à éliminer la majorité des cellules de cette organisation. L’Iraq vit maintenant en paix si ce n’est quelques attaques ici et là exécutées par les quelques cellules restantes de Daech.

Il a réussi à dépasser toutes ces crises et a accueilli, cette semaine, la Conférence du « Bon voisinage » avec la participation de dirigeants arabes et étrangers pour engager des relations d’épaulement, de fraternité et de coopération qui ouvrent de nouveaux horizons de paix et sécurité après les longues années de guerre et de terrorisme. L’Iraq est désormais déterminé à devenir la scène de la coopération, de la paix, du développement et de la prospérité pour tous. C’est d’ailleurs là l’un des principaux objectifs du rassemblement créé par l’Egypte, l’Iraq et la Jordanie pour entamer une nouvelle étape dans la région. En effet, le plus grand objectif est d’ancrer les fondements de la sécurité et du développement autour desquels se rassemblent tous les pays de la région. Cette semaine, Bagdad est devenue la plateforme où se réunissent les pays arabes avec leur entourage régional et international pour réaliser ce noble objectif auquel aspirent les peuples du monde, notamment après les souffrances des dernières décennies auxquelles sont venues s’ajouter les conséquences désastreuses du changement climatique. Dans ce contexte, les efforts internationaux doivent impérativement se conjuguer pour sauver la planète sur laquelle nous vivons tous, pour réduire les catastrophes résultant de la pollution comme les inondations, les feux de forêt et la sécheresse qui frappent de nombreuses régions du monde.

Impact positif

Répandre la culture du bon voisinage

C’est d’ici, à Bagdad, qu’a été lancée l’une des plus importantes initiatives régionales et internationales pour que les Arabes et leurs voisins commencent une nouvelle étape de coopération pour tourner la page obscure des conflits et des guerres et ouvrir une nouvelle page dans la vie des peuples de la région. En effet, l’Egypte, l’Iraq et la Jordanie se sont donné pour mission de poser les piliers de nouvelles relations basées sur la coopération qui peut s’étendre à d’autres pays du Moyen-Orient. Je suis certain que ces efforts trouveront l’écho approprié, qu’ils réaliseront des résultats concrets car ils possèdent tous les fondements de la réussite. En effet, les peuples de la région aspirent à la coopération et au développement après avoir payé cher de leurs richesses et du sang de leurs fils durant les années de conflits, de guerre et de terrorisme. De plus, les trois pays ont lancé des projets importants comme le projet de raccordement électrique ou le projet des pipelines pour transporter le brut de Bassora à Al-Aqaba en Jordanie puis au Sinaï en Egypte. De plus, Bagdad a ouvert ses portes aux exportations égyptiennes et aux compagnies égyptiennes pour participer à la reconstruction de l’Iraq afin de produire ses besoins en électricité et en eau potable et pour mettre un terme aux souffrances des déplacés qui ont abandonné leurs villes et villages à cause des guerres contre Daech ou des guerres ultérieures.

Il est grand temps que les Iraqiens reprennent leur souffle et que Bagdad se transforme en un pont de sécurité, de paix et de coopération. L’Egypte, l’Iraq et la Jordanie possèdent tous les fondements qui leur permettent de réaliser le bon voisinage, la paix et le développement grâce à leur emplacement géographique, leur poids politique et économique, et surtout, leur vision conjointe. Une vision axée sur la nécessité d’instaurer la paix et la sécurité, d’exterminer le terrorisme, de stopper les avidités, l’occupation des terres et la nuisance des voisins par le non-respect de leurs droits légitimes dans les eaux des fleuves et les richesses des mers. Ces pays ont donné l’exemple dans le type de relations basées sur la coopération constructive en créant des compagnies aux intérêts conjoints, en développant les lignes de transport, de transfert de pétrole et de raccordement électrique, en élevant le taux des échanges commerciaux et en facilitant le transport des marchandises et des individus.

Toutes ces mesures auront certes un impact positif sur les peuples car ce regroupement se caractérise par sa large étendue et par sa capacité d’influencer. L’Iraq se trouve à l’extrémité de l’Orient arabe dans le continent asiatique comme la Jordanie, alors que l’Egypte se trouve dans le continent africain et représente le portail vers les pays arabes du Maghreb, ainsi que les pays africains. Ce regroupement tripartite est à même de se prolonger et de répandre la culture de la coopération, du bon voisinage, du développement et de la paix pour imposer la voix de la coopération au-dessus de la voix des tambours de la guerre pour que se répandent la prospérité et la préservation des richesses naturelles pour les générations futures.

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