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Un déluge d’affection

May Sélim, Mardi, 16 juillet 2013

La chanteuse marocaine Jannat sort son troisième album produit par Rotana, avec comme titre Hob gamed (un amour fou). Surprises musicales.

Ganat

Quatre ans d’absence ont éloigné la chanteuse marocaine Jannat de ses fans. Mais au début de cette saison estivale, elle lance son troisième album Hob gamed (un amour fou), marquant un retour plein de surprises. La chanteuse présente treize chansons, avec de nouveaux compositeurs et paroliers. La diversité des rythmes et des thèmes accorde à sa voix romantique maturité et richesse.

Dans Wahechni (il me manque) écrite et composée par Aziz Al-Chafei, Ayecheni aktar (fais-moi vivre), paroles de Mohamad Al-Bougha et musique de Madih Hassan, on retrouve la Jannat, à la voix tendre qui excelle dans les chansons d’amour. Deux titres « slow », sur une musique mélodieuse, favorisant le piano et le violon.

Chokran ala ressala (merci pour ton message) et Nesseitak (je t’ai oublié) s’avèrent sans grande nouveauté ; l’interprète souffre de l’irresponsabilité de son conjoint. Pourtant, d’autres chansons constituent de belles aventures, dans un style très différent.

La chanson phare de cet album, Hob gamed, musique et paroles de Aziz Al-Chafei, constitue un mélange de pop et de jazz. Jannat chante à son aise. Le jeu de percussions engendre un rythme saccadé et dansant.

Les airs du latino-flamenco dominent la chanson Fakkart toul al-youm (j’ai pensé toute la journée), créant une ambiance festive.

Awlad wa beit constitue un vrai virement pour Jannat. Ecrite par Ali Salama et composée par Mohamad Yéhia, la chanson aborde le problème d’un couple marié, sans enfants. Les conjoints se soumettent à leur sort. L’arrangement musical d’Ahmad Abdel-Salam attribue à la chanson une dimension dramatique. La musique au tempo lent devient de plus en plus forte. La voix de Jannat s’élève et déclare sa satisfaction : j’accepte mon destin. Jannat dépasse son romantisme habituel pour affirmer sa maturité. Autre surprise, la chanson en duo avec le chanteur algérien Cheb Radouane : Keda habibi (comme ça mon amour). Celle-ci puise dans le folklore et la tradition algériens d’Ahmed Al-Atbani et Al-Morrabi Ibrahim. Elle débute par des supplications et des lamentations, ensuite les menaces d’une femme négligée par son chéri débordent. Radouane, une star du Raï Love, chante le refrain de l’un de ses tubes, datant de 2004, Kolchi normal qui dit « Tout est normal, l’aimer c’est normal, l’abandonner c’est normal, etc. ». Le raï donne à la chanson plus de vivacité et de légèreté. Le refrain, interprété en algérien, sème l’humour.

Dans cet album, l’on retrouve la Jannat d’autrefois, mais aussi on découvre une chanteuse plus mûre et plus aventurière.

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