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Indignation générale

Ghada Ismaïl, Mardi, 10 décembre 2019

La coopération entre Ankara et le GNA a provoqué de nombreuses réactions hostiles de par le monde. En voici les principales.

ANL : « L’Armée Nationale Libyenne (ANL) ne laissera pas le pays en proie aux convoitises turques, et ce, quel que soit le soutien militaire qu’Ankara apporte aux milices armées au gouvernement d’entente nationale GNA, ou le soutien politique aux Frères musulmans. La bataille est devenue désormais contre les actions turques qui menacent la souveraineté de la Libye », Ahmed Al-Mesmari, porte-parole de l’ANL.

Parlement libyen : « Cet accord est illégal et douteux. Il permet aux terroristes d’avoir accès aux armes. La commission des affaires étrangères du parlement libyen oeuvre actuellement à la mise en place de dispositions juridiques, pour assurer la poursuite des travaux de certaines ambassades sous la supervision du parlement. De nombreux pays ont commencé à entreprendre des mesures pour expulser les ambassadeurs qui représentent le gouvernement d’entente, ce qui affectera grandement les intérêts de la Libye et de ses citoyens dans ces pays », Abdullah Blehaq, porte-parole du parlement libyen.

Egypte : « L’accord signé entre Fayez Al-Sarraj et le président turc Erdogan complique davantage la situation en Libye. Le gouvernement Sarraj doit respecter l’accord de Skhirat, ou il risque de perdre toute légitimité. La menace terroriste en Libye s’étend et menace non seulement la Libye, mais aussi les pays côtiers », Sameh Choukri, ministre des Affaires étrangères.

Russie : « La Turquie et le GNA doivent éviter les mesures qui augmentent la tension en Libye et en Méditerranée. Aucune évaluation juridique de ces documents ne peut être fournie avant d’avoir examiné leur contenu qui n’a pas encore été révélé. Le protocole de coopération en matière de la sécurité suscite les craintes que la Turquie tente de légitimer son soutien militaire au gouvernement de Tripoli face à l’ANL dirigée par Khalifa Haftar », Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

Nations-Unies : « Les protocoles pourraient compromettre les résultats de la réunion internationale sur le règlement libyen prévue à la fin de l’année à Berlin. Ces événements soulèvent également de nombreuses questions auxquelles Fayez Al-Sarraj, président du Conseil présidentiel libyen, doit répondre vite », Ghassan Salamé, envoyé spécial du secrétaire général des Nations-Unies en Libye.

Union européenne : « Le GNA devrait remettre sans retard, à la commission européenne, une copie des protocoles de coopération signés entre la Turquie et le gouvernement de l’accord libyen. L’UE apporte son soutien total à la Grèce et à Chypre face aux actions provocatrices et illégales menées par la Turquie en Méditerranée orientale et la mer Egée. La Turquie doit respecter la souveraineté de tous les Etats membres de l’UE », selon un communiqué de l’UE.

Grèce : « La signature de ce mémorandum ne peut pas violer les droits souverains des pays tiers, car ce serait une violation flagrante du droit international de la mer. Cet accord va s’effondrer dès sa naissance », Kyriakos Mitsotakis, premier ministre grec.

Chypre : « Le protocole d’accord conclu entre la Turquie et la Libye ne produit en aucune façon des effets juridiques qui portent atteinte aux droits légaux de la République de Chypre ou à ceux d’autres Etats côtiers. Ce type de délimitation, si elle était effectuée, constituerait une grave violation du droit international », Nikos Dendias, ministre chypriote des Affaires étrangères.

Etats-Unis : « Les Etats-Unis sont préoccupés par les travaux d’exploration de gaz de la Turquie dans la région orientale de la Méditerranée. Les actions turques risquent d’élargir les zones de tension dans la région. Les autorités turques doivent mettre fin à ces opérations illégales », Morgan Ortagus, porte-parole des Etats-Unis.

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