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Les Frères dénoncent les mesures d'exception

Ola Hamdi, Mardi, 09 juillet 2013

Malgré les assurances de l’armée, les Frères musulmans dénoncent l'instauration d'un Etat policier.

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« Les Frères musulmans rejettent la terreur de l’Etat policier qui a arrêté des figures de la confrérie et de son parti politique », a indiqué jeudi le mouvement islamiste dans un communiqué. Le jour même l’armée a réagi en affirmant qu’elle ne permettrait « aucun assaut, aucune insulte, aucun abus » contre les islamistes. « Les forces armées gardent la même estime, le même respect et amour pour eux comme pour les autres enfants du pays », lit-on dans un communiqué publié le même jour.

Mais les assurances ne sont pas visibles sur le terrain où des mesures exceptionnelles ont été prises contre des dirigeants et des médias islamistes, sous prétexte de la situation délicate que traverse le pays.

Sitôt le président Mohamad Morsi écarté, la police a ordonné l’arrestation de 300 membres des Frères musulmans, accusés d’incitation à la violence et de troubles à la sécurité et à la paix générales. Outre le président, lui-même détenu « de façon préventive » au ministère de la Défense, samedi, la justice interrogeait déjà des chefs de la confrérie, dont Khaïrat Al-Chater, son actuel numéro 2, arrêté le même jour avant l’aube, dans le cadre d’une enquête pour « incitation au meurtre ». Neuf autres dirigeants du mouvement — dont son guide suprême Mohamad Badie — sont accusés d’avoir incité à tuer des manifestants.

Mais dans la foulée de la destitution du président Mohamad Morsi, l’une des premières mesures d’exception fut le musellement des médias islamistes. Dans un communiqué commun, sept ONG égyptiennes des droits de l’homme ont condamné vendredi l’interruption de la diffusion de Misr 25, la chaîne des Frères musulmans, et la saisie d’une édition de leur journal Al-Horiya wal Adala, alors qu’une vaste campagne d’arrestation a été lancée contre la confrérie.

La chaîne d’Al-Jazeera Mubasher Egypte (filiale de la chaîne qatari Al-Jazeera), ainsi que les télévisions islamiques Al-Rahma, Al-Nas, Khaligiya ont également été coupées. Des employés de plusieurs de ces chaînes avaient également été détenus, plusieurs d’entre eux ont été libérés par la suite.

Ces opérations avaient été menées après « des incitations à la violence », elles soulignent que « demander des comptes à ceux qui incitent (à la violence) est une obligation, mais fermer des chaînes est une punition collective qui viole la liberté de la presse et l’un de ses fondements, la diversité du contenu médiatique ». Les ONG « condamnent également la détention de personnel de ces chaînes dans des lieux inconnus », ce qui met en doute, selon elles, « la légalité des procédures ».

Concernant la détention des cadres islamistes, Ahmad Al-Moslemani, qui vient d’être nommé conseiller en communication à la présidence, a annoncé samedi que les arrestations avaient été effectuées « dans un cadre juridique normal » et a réaffirmé que les arrestations n’étaient pas politiquement motivées. De son côté, le bureau du procureur général a indiqué dimanche que les accusations contre les dirigeants de la confrérie ainsi que les circonstances de leur arrestation seraient bientôt publiquement clarifiées.

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