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Une coopération Sud-Sud tous azimuts

Racha Darwich et Amira Samir, Mardi, 12 février 2019

L’Egypte en Afrique, un ouvrage que l’Organisme général de l’information vient de publier en trois langues (arabe, anglais et français). Une façon de sensibiliser à l’importance de l’appartenance africaine en présentant les politiques égyptiennes envers le continent. Aperçu.

Le Forum Africa, pilier fondamental
Al-Sissi aux côtés de Paul Kagame, président sortant de l'UA en 2018.

Le Forum Africa, pilier fondamental

Organisé tous les ans à Charm Al-Cheikh, le Forum Africa repré­sente un pilier fondamental de la stratégie égyptienne envers le conti­nent africain. Ce forum est le fruit de la coopération entre le ministère de l’Investissement et de la Coopération internationale, l’Agence régionale des investissements du COMESA et la Banque africaine de développe­ment. Chaque année prennent part au forum des chefs d’Etat, des ministres, de grands responsables gouverne­mentaux d’Afrique et du monde, des entrepreneurs, des investisseurs, des chefs d’entreprises ainsi que des res­ponsables d’institutions financières internationales, des experts et des académiciens concernés par l’écono­mie africaine. C’est ainsi que la pre­mière session, Forum Africa 2016, a accueilli plus de 1 200 membres de hautes délégations des secteurs publics et privés de 45 pays ainsi que 6 chefs d’Etat africains, 45 ministres et présidents d’organisations interna­tionales. 97 interlocuteurs représen­tant 30 pays ont animé le forum qui a été couvert par 522 membres des médias locaux, régionaux et interna­tionaux. Quant au Forum Africa 2017, il a oeuvré à découvrir les chances d’investissement dans les grands projets en Afrique. Enfin, le Forum Africa 2018 a consacré une journée aux jeunes entrepreneurs, afin d’encourager l’entreprenariat et la création des start-ups dans le conti­nent.

L’Agence de partenariat pour le développement : transmettre les expertises

Créée sur l’initiative du président égyptien Abdel-Fattah Al-Sissi, adoptée en juin 2014 lors du sommet de l’UA à Malabo, l’Agence de partenariat pour le développement a pour objectif d’établir des parte­nariats qui permettent à l’Egypte de transmettre ses connaissances et son expertise aux pays africains frères, afin de réaliser le développe­ment durable. L’agence accueille des stagiaires africains dans plus de 22 domaines dont l’agriculture, la médecine, l’irrigation, la justice, la diplomatie, les médias, l’aviation, l’autonomisation des femmes, le commerce, la technologie textile, les énergies renouvelables, l’électri­cité, la propriété intellectuelle et la gestion des ports, etc. A cet effet, l’Agence a recours aux institutions égyptiennes à la renommée inter­nationale, comme le Centre égyptien international pour l’agriculture, affilié au ministère de l’Agriculture, l’Hôpital 57357 pour le cancer des enfants, le Centre de Dr Magdi Yaacoub pour les maladies car­diaques et autres. De plus, elle présente, en coopération avec l’Orga­nisme de formation des forces armées et l’Académie de la police, des cours de formation dans le domaine de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme et de l’immigration clandestine. L’agence dépêche aussi vers les différents pays africains des spécialistes dans des domaines comme la médecine et l’agriculture et finance des convois médicaux en collaboration avec le ministère de la Santé dans différentes spécia­lités.

Pour réaliser ses objectifs de développement, l’agence entretient des relations de coopération trilatérale avec nombre de pays et de dona­teurs internationaux au profit des pays africains comme l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), la Banque islamique de développement et le Fonds arabe d’assistance technique aux pays africains, affilié à la Ligue des Etats arabes.

Mégaprojets, une affaire d’interconnexion

Mégaprojets, une affaire d’interconnexion
Le port routier d'Arqin, construit par le gouvernement égyptien en janvier 2016.

Dans le cadre de son membership à l’Initiative pré­sidentielle des champions des infrastructures (PICI), l’Egypte assume la responsabilité des projets de ges­tion des ressources hydriques, des fleuves, des trans­ports routiers et ferroviaires en plus du projet d’inter­connexion fluviale Victoria-Méditerranée. Ce corri­dor fluvial, qui facilitera le transport des marchan­dises et des denrées agricoles et animales entre les pays du bassin du Nil, représente l’un des piliers fon­damentaux de la vision « Un seul continent — Un seul fleuve Un avenir commun » dont l’objet est de développer le commerce interafricain. Vient s’ins­crire dans le même cadre le projet de la route Le Caire-Cap Town ainsi que la route Tochka-Arqin qui relie l’Egypte au Soudan avec un coût de 190 millions de L.E. Sans oublier le port routier d’Arqin construit par le gouvernement égyptien aux frontières égypto-soudanaises en janvier 2016.

Coopération avec les pays du bassin du Nil, un échange gagnant-gagnant

L’Egypte a conclu nombre d’accords de coopération bilatérale avec les pays du bassin du Nil, afin de consolider la coopération ou de coordonner les positions envers les causes du continent dans les instances régionales et internationales, selon le principe gagnant-gagnant.

Dans ce contexte, l’Egypte a oeuvré à apporter sa contribution aux besoins de développement des pays du bassin du Nil, que ce soit à travers l’Initiative égyptienne pour le développement du bassin du Nil ou l’Agence égyptienne de partenariat pour le développement dans de nombreux domaines comme l’énergie, la santé, l’agricul­ture, la technologie, etc.

La politique égyptienne a également oeuvré à renforcer la coopéra­tion économique et commerciale avec ces pays. Les échanges com­merciaux entre l’Egypte et les pays du bassin du Nil ont enregistré une hausse de 17,5 % durant les 10 premiers mois de 2018 par rapport à la même période de l’année précédente, pour atteindre 1,38 milliard de dollars, alors que les exportations égyptiennes vers ces pays ont aug­menté de 8,9 % durant la même période de 2018 pour enregistrer près de 876 millions de dollars, contre 804 millions de dollars en 2017. De plus, les importations de ces pays vers l’Egypte ont augmenté de 50,4 % durant la même période de 2018, pour atteindre 504 millions de dollars, contre 335 millions de dollars en 2017.

Le gouvernement égyptien a alloué, en 2018, la somme de 400 mil­lions de dollars pour l’exécution des projets du creusement des puits d’eau souterraine et de la construction des barrages dans les pays du bassin du Nil.

Maintien de la paix, une mission politique

Maintien de la paix, une mission politique
L'Egypte a effectué des exercices militaires avec les pays du Sahel et du Sahara en 2018.

L’Egypte est l’un des principaux pays participant aux missions de maintien de la paix des Nations-Unies en Afrique. Elle participe, aujourd’hui, à 8 missions de maintien de la paix sur les 9 missions existant en Afrique : en Côte d’Ivoire, en Afrique Centrale, en République démo­cratique du Congo, au Sahara occidental, au Libéria, au Soudan du Sud, au Darfour et au Mali. C’est ainsi que l’Egypte se classe 11e au niveau mondial et première au niveau arabe en termes de participa­tion aux opérations de maintien de paix avec plus de 3 000 soldats égyptiens oeuvrant sous l’ombrelle de l’Onu.

Dans sa tentative de renforcer ses efforts dans la préservation de la paix et de la sécurité en Afrique face aux menaces terroristes, l’Egypte a remporté, pour la première fois en janvier 2016, le membership du Conseil de la paix et de la sécurité de l’UA pour une période de 3 ans. L’Egypte accueille également le Centre international du Caire pour le règlement des conflits, pour le maintien et l’instau­ration de la paix qui vise, entre autres, à faciliter et soutenir les efforts de diplo­matie préventive et de règlement des conflits et la formation des forces de maintien de la paix en Afrique. Le 24 juin 2018, l’Egypte a annoncé la créa­tion du Centre régional de lutte contre le terrorisme pour les pays du regroupe­ment du Sahel et du Sahara.

Echanges commerciaux, la pierre angulaire

Afin d’augmenter le volume des investisse­ments égyptiens dans le continent, le gouverne­ment égyptien a dernièrement adopté une série de mesures pour exécuter des projets communs entre les pays africains. C’est ainsi que le prési­dent égyptien a émis des recommandations, au cours du Forum Africa 2018, pour la création du Fonds de l’assurance des risques de l’investisse­ment en Afrique, afin d’encourager les Egyptiens à orienter leurs investissements vers l’Afrique et à contribuer avec les institutions internationales au renforcement de l’infrastructure.

De plus, l’Egypte a oeuvré à développer le volume de ses échanges commerciaux avec l’Afrique. Selon les données de l’Agence cen­trale pour la mobilisation publique et les statis­tiques (CAPMAS), le total des échanges com­merciaux entre l’Egypte et les pays d’Afrique a atteint 4,2 milliards de dollars au cours des dix premiers mois de 2018, contre 3,4 mil­liards au cours de la même période de 2017. De plus, l’Egypte a accueilli, du 11 au 17 décembre 2018, la première grande foire com­merciale interafricaine organisée en coopéra­tion avec la Banque africaine d’import-export, Afreximbank, l’Union Africaine et le ministère du Commerce et de l’Industrie.

Le secteur privé est un partenaire fonda­mental du processus du développement de l’économie africaine, notamment après que le gouvernement égyptien a signé avec la Banque mondiale un accord d’un montant d’un milliard de dollars au cours du Forum Africa 2018 pour soutenir le rôle du secteur privé égyptien dans le développement inté­gral. Dans ce contexte, de nombreuses com­pagnies privées égyptiennes possèdent de grands investissements en Afrique comme les Entrepreneurs arabes, la holding Al-Qalaa, El-Seweedy Electrics, Orascom Construction. Afin d’ouvrir de nouveaux horizons de coo­pération économique, commerciale et indus­trielle, l’Egypte entretient de fortes relations avec de nombreux regroupements régionaux comme la Comesa, Cemac, UEMOA et SADC.

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