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Tewfik Aclimandos : Les domaines de coopération entre l’Egypte et la France sont multiples

Racha Darwich, Mercredi, 30 janvier 2019

3 questions à Tewfik Aclimandos, chercheur au Centre égyptien des études stratégiques.

Tawfik

Al-Ahram Hebdo : C’est la première visite du président français, Emmanuel Macron, en Egypte depuis son élection en 2017. Quelle est l’importance de cette visite ?

Tewfik Aclimandos: Une première visite prési­dentielle est toujours importante et spéciale. La visite du président Macron va permettre de renfor­cer davantage le partenariat stratégique et écono­mique entre l’Egypte et la France. La France est notre principal fournisseur d’armes. Satellites, frégates, corvettes, Rafales, porte-hélicoptères ... Tous ces équipements militaires français ont gran­dement contribué à améliorer les performances techniques de l’armée égyptienne. La coopération culturelle et universitaire entre les deux pays existe aussi depuis très longtemps, tout comme les investissements français en Egypte, qui pourraient être encore plus importants qu’ils ne le sont.

— Quels sont les principaux dossiers de la coopération entre les deux pays ?

— Les domaines de coopération sont multiples entre les deux pays : investissements, sécurité, immigration, culture, métro, échanges commerciaux, coopération militaire et stratégique. On peut aussi évoquer l’enseignement, la technologie, le processus de paix au Moyen-Orient, le développement durable ou la coopération judiciaire et universitaire. Par ailleurs, Macron accorde un grand intérêt à la jeunesse. Et l’Egypte essaie, quant à elle, d’atti­rer plus de touristes français.

En Afrique aussi, l’Egypte et la France ont des défis et des intérêts com­muns, comme sur le dossier libyen. Depuis le début de son mandat, Macron a identifié la Libye comme le principal risque d’exportation du terrorisme et de l’immigration illégitime. Nos visions sur le problème libyen sont assez proches. La coopération à ce stade se passe plutôt bien.

— Comment les relations entre les deux pays ont-elles évolué pour devenir des relations straté­giques ?

— C’est une vieille histoire qui commence avec Mohamad Ali qui s’est beaucoup appuyé sur les cadres et les militaires français pour construire l’appareil de l’Etat et moderniser le pays. Après l’occupation britannique, le mouvement nationa­liste égyptien a souvent été tenté de jouer la carte de la France contre la Grande-Bretagne. La presse française a régulièrement ouvert ses tribunes aux nationalistes égyptiens pour qu’ils s’ex­priment. Il y a une présence des écoles francophones religieuses ou des lycées français en Egypte qui est assez ancienne. Les relations se sont envenimées avec l’affaire de Suez, mais se sont améliorées quelques années plus tard avec la visite de Abdel-Hakim Amer en France, en octobre 1965. C’est la position du général De Gaulle en 1967, en interdisant la vente d’armes à Israël, qui a marqué un tournant et a assuré à la France un capi­tal de sympathie durable. Puis la France s’est énormément investie dans le processus de paix.

Après le 30 juin 2013, et une courte période d’hésitation, les relations entre les présidents Abdel-Fattah Al-Sissi et François Hollande ont été fructueuses, et la coopération entre les deux pays s’est considérablement intensifiée. Je pense que les rela­tions entre l’Egypte et la France continueront à avancer sur la même voie. Les relations avec Macron sont bonnes et les inté­rêts communs sont de plus en plus nombreux .

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