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Barakat Al-Farra : Une nouvelle Intifada peut être déclenchée 

Aliaa Al-Korachi, Mardi, 15 mai 2018

3 questions à Barakat Al-Farra, ancien ambassadeur de Palestine en Egypte.

Al-Ahram Hebdo : 70 ans depuis la Nakba, transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, blocage total du processus de paix ... Comment voyez-vous la situation actuelle ?

Barakat Al-Farra: Actuellement, on ne voit aucun horizon pour le processus de paix. Et ce, pour deux raisons: d’abord, l’intransigeance des Israéliens qui rejettent toute tentative visant à relancer la paix, ensuite l’alignement total des Etats-Unis sur Israël et leur soutien indéfectible à l’Etat hébreu. Ce qu’on vient de voir avec le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Face à cette conjoncture, la solution à deux Etats n’est plus valide, du moins plus praticable. Pourtant, nous, Palestiniens, nous restons attachés au processus de paix et à la solution à deux Etats.

— Face à cet état des lieux, quelles options ont les Palestiniens ?

— Le peuple palestinien insiste à obtenir la totalité de ses droits quels que soient le prix à payer ou les défis à affronter. Les Palestiniens se doivent de poursuivre leur lutte pacifique par tous les moyens que leur octroient le droit international et les Nations-Unies. Pour sortir de cette impasse et faire face aux défis qu’Israël et les Etats-Unis nous imposent, nous avons besoin d’une nouvelle stratégie palestinienne et arabe. Il est aussi nécessaire d’en finir avec les divisions interpalestiniennes. Nous allons user de tous les moyens pacifiques pour atteindre nos objectifs.

— Il est clair qu’Oslo a échoué, que peut ajouter ou changer le fameux « marché du siècle » ?

— Oui, Oslo n’est plus valide. Mais ce qu’il faut rappeler, c’est que c’est Israël qui a rendu Oslo caduc. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de cet accord. Les régions censées être autonomes sont toujours sous occupation et Israël continue d’y mener toutes les transgressions. Pour ce qui est du « marché du siècle » — qui n’est du reste toujours pas annoncé—, il ne faut pas s’attendre à des miracles, puisque les deux principales questions, à savoir Jérusalem et les réfugiés, sont bafouées. Ceux qui parlent de « marché du siècle » ne cherchent pas véritablement la paix.

Mais il y a un vrai danger, la situation à Gaza est explosive. Si la situation perdure ainsi, le risque d’une nouvelle Intifada, bien plus violente, est réel. Et personne ne peut prévoir quel cours prendront alors les choses.

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