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Du référendum aux élections pluralistes

Racha Darwich, Mardi, 20 mars 2018

Depuis la fin de la monarchie jusqu’à aujourd’hui, les élections présidentielles ont connu une large évolution. Passage en revue.

Après la déclaration de la République en 1953, l’Egypte a organisé le premier référendum en 1956. Les citoyens étaient appelés à se pronon­cer sur le choix de Nasser au poste de président de la République. Le choix a été accepté par 7 millions de voix, soit un taux de 99,9%. A la mort de Nasser, la situation n’a pas changé, aucun amendement consti­tutionnel n’avait été effectué. Comme Nasser avait nommé Sadate au poste de vice-président, un référendum a été effectué sur le choix de Sadate en 1970. Sadate a obtenu 90,04% des voix avec un taux de participation de 85%. En 1976, un autre référendum a été organisé pour approuver le second mandat de Sadate qu’il a alors remporté avec 99,9% des voix.

En juillet 1979, les deux tiers des membres du parlement ont réclamé l’amendement, entre autres, de l’article 77 de la Constitution pour que les mandats présidentiels deviennent illimités. Cependant, Sadate n’en a nullement profité, car il a été assassiné quelques mois plus tard. Son successeur, Hosni Moubarak, est, lui, resté au pouvoir pour 5 mandats successifs.

Grâce au référendum d’octobre 1981, Moubarak est devenu président de la République en obtenant 98,5% des voix avec un taux de partici­pation de 81,1%. Le 5 juillet 1987, les deux tiers des membres du parlement (comme il est requis par la Constitution) ont approuvé la candidature de Moubarak au poste de président de la République pour un second mandat. Un référendum a alors été organisé en octobre 1987 avec un taux de participation de 88,5% et un taux de oui de 99,5%. Le troisième référendum de l’ère de Moubarak a été organisé en octobre 1993 autour du troisième mandat du président, dont la candidature avait été approuvée par 439 des 448 membres du parlement. Un scrutin qu’il a remporté avec un taux de 99,7%. Le quatrième référendum, organisé en 1999 pour approuver le quatrième mandat, a abouti à un résultat quasiment similaire, soit 99,8%.

Face aux revendications croissantes d’apporter des réformes démocra­tiques et face au refus d’un cinquième mandat, Moubarak a annoncé, en février 2005, une initiative pour l’amendement de l’article 76 de la Constitution de sorte que l’élection du président soit effectuée par un suffrage universel direct de tous les citoyens qui possèdent le droit de vote au lieu du référendum plébiscite. A alors été organisée la première élection pluraliste de l’histoire de l’Egypte le 7 septembre 2005, où 10 candidats étaient en lice. Cette élection a conduit à la victoire de Moubarak pour un 5e mandat. Moubarak est alors resté à la tête de l’Etat jusqu’à la révolution de janvier 2011, alors qu’une présidentielle était prévue pour juillet 2011.

Après la révolution a été organisée la deuxième élection pluraliste dans l’histoire du pays en mai 2012, avec 13 candidats en lice. Le second tour de l’élection a abouti à la victoire de Mohamad Morsi, (51,73%) contre Ahmad Chafiq, (48,27%).

En mai 2014, après la révolution du 30 juin 2013, un nouveau scrutin a été organisé avec 2 candidats en lice. Il a été remporté par Abdel-Fattah Al-Sissi (96,91%) face à Hamdine Sabahi (3,09%).

L’Egypte témoignera dans quelques jours de la 4e élection pluraliste avec deux candidats en lice: Abdel-Fattah Al-Sissi, actuel président en exercice, et Moussa Moustapha Moussa, président du parti Al-Ghad.

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