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Tensions régionales

Dimanche, 18 février 2018

Les récentes frappes israéliennes en Syrie soulèvent de multiples interrogations. La plus importante est-elle le prélude à une guerre régionale entre l’Iran et Israël? Le 10 février, Israël lançait une série d’attaques aériennes en territoire syrien visant notamment des objectifs militaires iraniens et ce, après qu’un drone iranien eut violé l’espace aérien israélien, selon Tel-Aviv. Un avion de l’armée de l’air israélienne s’est par ailleurs écrasé en Israël après avoir essuyé des tirs de la défense antiaérienne syrienne.

La guerre en Syrie a donné lieu à une nouvelle configuration régionale. La victoire du régime syrien, soutenu par la Russie et l’Iran, a renforcé l’axe chiite Iran-Hezbollah, et a permis à Téhéran de renforcer sa présence dans la région. Les Iraniens sont présents sur le sol syrien à travers leur appui militaire au régime de Damas. Une présence qui inquiète fortement Israël. En effet, le régime iranien est désormais mieux placé pour soutenir et armer le Hezbollah. L’Iran a déjà fourni au mouvement chiite libanais un arsenal impressionnant de missiles capables d’atteindre en profondeur le territoire israélien.

La question à présent est de savoir si l’on assistera au cours des prochains mois à une confrontation directe entre les deux puissances régionales. Au cours des derniers mois, Israël a fait de la menace iranienne sa principale préoccupation. Sur le plan diplomatique tout d’abord. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, tente d’attirer l’attention de son allié américain sur « les dangers de la présence iranienne en Syrie ». Et au cours d’un récent déplacement en Russie, il avait notamment exprimé son inquiétude face à l’expansion de l’influence iranienne dans la région. Les frappes israéliennes de la semaine dernière peuvent d’ailleurs être perçues comme un message à la Russie. Selon ce message, Tel-Aviv ne restera pas les bras croisés face à l’influence grandissante de l’Iran.

Deux scénarios sont possibles. Le premier est que face à l’inaction des Etats-Unis et de la Russie, Israël prenne le risque d’une confrontation franche avec l’Iran avec en perspective des frappes préventives contre des cibles iraniennes ou syriennes, visant à empêcher la République islamique et le Hezbollah de renforcer leur potentiel militaire.

Le second scénario est qu’en concertation avec les Russes, Tel-Aviv accepte une présence militaire limitée et sous conditions de l’Iran en Syrie.

Le scénario d’une guerre directe semble peu plausible. Il est peu probable que la Russie accepte une escalade militaire entre Israël et l’Iran en Syrie. Escalade qui pourrait compromettre ses efforts pour renforcer le régime syrien. Téhéran, pour sa part, ne souhaite pas gâcher ses gains réalisés en Syrie. Et les Américains appelleront leur allié israélien à la retenue. Pour le moment, il semblerait que les deux parties ne souhaitent pas s’engager dans une confrontation directe, même si le risque d’un mauvais calcul est toujours présent .

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