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Moustapha Amin : Tout bâtiment de plus de 100 ans, qui a une valeur architecturale spéciale, est un patrimoine

Nasma Réda, Mardi, 06 juin 2017

4 questions à Moustapha Amin, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA).

Moustapha Amin
Moustapha Amin, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA).

Al-Ahram Hebdo : Quand est-ce que le ministère des Antiquités a commencé à répertorier les monuments ?

Moustapha Amin : Au début du XXIe siècle, le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) (ndlr : A l’époque, le ministère des Antiquités n’existait pas) a voulu recenser le contenu des sites antiques déjà inscrits sur la liste du patrimoine, et inclure aussi de nouveaux sites à cette liste. Les données relatives à ces monuments historiques étaient inscrites sur microfilms. Grâce à cette documentation, le ministère a réussi à récupérer plusieurs pièces volées ou sorties illégalement du pays. Aujourd’hui, nous utilisons une technologie plus moderne pour conserver tous les détails relatifs au patrimoine. Cette documentation numérique aide à protéger les monuments.

— Sur quels critères se base le ministère des Antiquités pour inclure un monument à la liste du patrimoine ?

— Nous suivons la loi 117 de l’année 1983 sur la protection des antiquités. Cette loi, composée de 12 clauses, détermine les critères selon lesquels on classe un bâtiment sur la liste du patrimoine historique. Selon la loi, tout bâtiment qui a plus de 100 ans et qui possède un style architectural ou artistique spécial, qui appartient à une personnalité célèbre, ou qui a été témoin d’un ou de plusieurs événements historiques importants, peut être inscrit sur la liste du patrimoine national. Mais il y a toujours des exceptions. Par exemple, si un bâtiment répond à toutes ces conditions, et n’a que 80 ans, il peut être inclus au patrimoine. Les procédures d’enregistrement sont compliquées. Il faut préparer un fichier détaillé sur la nature et l’état du monument.

La mosquée de Sayéda Zeinab fait partie des monuments que le ministère des Antiquités a décidé d’inclure récemment à la liste du patrimoine. Pourquoi n’a-t-elle pas été incluse plus tôt ?

— Les études sur l’état de cette mosquée ont été faites il y a très longtemps. Mais à chaque fois que le ministère essayait de l’inclure au patrimoine, les gouvernements, vu la grande importance de ce site, y faisaient des rénovations, des extensions ou autres. Et cela a retardé son enregistrement. Lorsqu’un site est enregistré en tant que patrimoine, aucune modification ne peut y être faite, seulement des restaurations. En effet, l’inclusion de la mosquée de Sayéda à la liste du patrimoine est une étape pour y inclure d’autres monuments appartenant à la famille du prophète Mohamad, comme la mosquée de Sayéda Sékina, celle de Sayéda Néfissa, au Caire, ainsi que d’autres bâtiments et monuments modernes.

Et qu’en est-il du temple d’Esna qui vient, lui aussi, d’être inclus à la liste du patrimoine ?

— Les temples et les tombes sont différents des monuments islamiques, coptes ou juifs, et bien sûr des édifices modernes ou contemporains. Ils appartiennent normalement à l’Etat égyptien, représenté par le ministère des Antiquités. L’inclusion d’un temple comme celui d’Esna à la liste du patrimoine vise simplement à le documenter, le photographier, l’étudier et le restaurer. Notons qu’un centre consacré aux antiquités égyptiennes et islamiques a été fondé au sein du ministère. Ce centre a pour mission de documenter et d’enregistrer les lieux antiques sur la liste du patrimoine.

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