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D-Caf : De Shiraz, une pièce jouée à distance

May Sélim, Lundi, 15 avril 2013

Avec Un Lapin blanc, un lapin rouge, l’Iranien Nassim Soleimanpour s’intéresse à une nouvelle forme de théâtre. Le metteur en scène réduit son rôle au minimum, incitant ses acteurs à improviser et son public à participer. Un spectacle incontournable très fantaisiste.

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Khaled Aboul-Naga dans la peau de Nassim Soleimanpour.(Photos : Bassam Al-Zoghby)

Aucune répétition, aucune prépara­tion : c’est la méthode Soleimanpour. Faute de visa, le metteur en scène et drama­turge iranien, Nassim Soleimanpour, n’a pas pu se rendre au Caire. Il devait venir présenter sa pièce Un Lapin blanc, un lapin rouge dans le cadre du festival D-CAF (Downtown Cairo Art Festival).

Le spectacle sera quand même donné. C’est le comé­dien égyptien Khaled Aboul-Naga qui l’interprète pour sa version arabe. Le décor se distingue par son dépouille­ment : une chaise, une table et un escalier.

L’espace scénique est sobre

Dès son entrée sur scène, Aboul-Naga reçoit une lettre. Il l’ouvre et lit à haute voix des histoires absurdes, et puis déclare : « Je suis Nassim Soleimanpour … ». Le comédien entre dans la peau de l’auteur et nous emmène jusqu’à l'Iran.

Sans passeport — car il a refusé de faire son service militaire — Soleimanpour est resté longtemps sans voyager. Il n’avait pas le droit de quitter l’Iran, et la censure l’empêchait de créer ou d’écrire librement. Enchaîné, il paye cher le prix de son opposition au régime.

Il crée alors une pièce de théâtre, sans mise en scène ni décor. Le but consistait à voyager hors d’Iran, tout en étant sur place, via un spectacle sans cesse renouvelé et joué chaque soir par un comédien différent.

La première de la pièce a eu lieu à Edimbourg, elle fut ensuite donnée dans plu­sieurs pays depuis 2011. Aujourd’hui, bien qu’il ait obtenu un passeport, Soleimanpour ne peut toujours pas venir en Egypte.

Impro de dernière minute

Le comédien reçoit son texte lors de son apparition sur scène. Soleimanpour souhaite de cette manière encourager l’acteur à improviser, à défaut d’avoir eu le temps de préparer son jeu. Dans son texte écrit à Shiraz, il évoque l’histoire de son oncle et de ses lapins blancs et rouges qu'il tâche d'apprivoiser.

Malgré son absence physique, l’auteur et metteur en scène s’impose. Il semble diriger son comédien à distance.

Lors de la pièce, un message invite les spectateurs à retenir l'e-mail de Nassim Soleimanpour. Le public est incité à lui envoyer des notes, des commentaires et des photos de la représentation qu'il ne voit pas.

On est face à un théâtre absurde où Soleimanpour, d’après une histoire fantaisiste et humoristique, nous emmène sur le thème du suicide. C’est alors au public de réagir, d’en­courager la mort du comédien ou de le convaincre de ne pas céder à la tentation de mettre fin à ses jours .

Un Lapin blanc, un lapin rouge.

En anglais, le 18 avril avec Ramsi Lehner.

En arabe, le 19 avril avec Salwa Mohamad Ali, et le 27 avril avec Sayed Ragab.

A 20h au théâtre Al-Falaki,

24 rue Al-Falaki, Bab Al-Louq.

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