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Mohamad Raouf, le coordinateur mondial du PNUE: « L'économie verte est un outil majeur de développement durable »

Rasha Hanafy, Lundi, 11 mars 2013

La première session universelle du conseil d’administration a eu lieu à Nairobi (Kenya), visant la mise en oeuvre du Rio+20. Mohamad Raouf, coordinateur mondial de la recherche scientifique et de la technologie du programme, fait le point.

PNUE
Mohamad Raouf

Al-ahram hebdo : Quelle est l’importance de cette session du conseil d’administra­tion du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), tenue récemment à Nairobi ?

Mohamad Raouf : L’importance réside dans le fait qu’il s’agit de la première session univer­selle du conseil d’administration/forum ministé­riel mondial sur l’environnement. Pour la pre­mière fois, les ministres de l’Environnement ainsi que les délégués de haut niveau venant de tous les Etats membres des Nations-Unies pour­ront participer au conseil d’administration du PNUE. Cela a été rendu possible grâce à une décision prise en 2012 par l’Assemblée générale des Nations-Unies qui a relevé et amélioré le rôle du PNUE. La décision de rehausser le rôle du PNUE concrétise les engagements pris par les leaders du monde l’année dernière lors du sommet de Rio+20, consistant à relever les défis environnementaux et établir l’organisation en tant que première autorité internationale en charge de l’agenda environnemental au niveau global. Le conseil d’administration sera nommé dorénavant l’assemblée générale du PNUE, capable de prendre les décisions sur tout ce qui concerne l’environnement sans passer par l’As­semblée générale des Nations-Unies à New York. La 28e session du PNUE aura lieu en 2014, à Nairobi. Le PNUE est censé exécuter et réaliser les politiques sur l’environnement dans le monde à travers ses 6 bureaux.

— Quelles sont les décisions importantes de cette session ?

— Lors du conseil d’adminis­tration, les Etats membres se sont concentrés sur la gouver­nance et le financement du PNUE, les efforts pour réduire les impacts environnementaux liés à la consommation et à la production non durables, et l’amélioration de l’accès global à la science environnementale. Les 1 600 partici­pants venant de tous les pays du monde ont examiné également la mise en oeuvre d’une économie verte comme outil majeur du déve­loppement durable et chaque pays est libre de voir comment l’appliquer. Ils ont déclaré un plan de 10 ans visant à augmenter les secteurs du programme de la consommation et de la production durables comme dans l’agriculture, le tourisme, la construction et autres. Il s’agit de rendre plus efficace ce programme, dont le siège est situé en France. Parmi les résultats impor­tants, citons également la création d’un conseil scientifique liant les décisions politiques à la science, en ce qui concerne la biodiversité. Il s’agit de la conso­lidation du pilier environnement du développement durable afin d’assurer un meilleur équilibre avec les deux autres piliers social et économique

— L’année 2013 est déclarée année mondiale pour la coopé­ration dans le domaine de l’eau, qu’en est-il de l’eau durant cette session ?

— La session a discuté de l’amélioration de la qualité de l’eau, notam­ment dans les pays en voie de développement. Les participants se sont accordés sur la produc­tion d’un guide pour l’accès à l’eau et sa qua­lité. Outre la question de l’eau, la session a examiné les thèmes importants issus des déci­sions du dernier sommet de Rio, notamment les objectifs du développement durable, le suivi de l’état de l’environnement mondial, la gestion des produits chimiques et des déchets, ainsi que la cessation de l’utilisation du mer­cure sur le plan mondial.

— Est-ce que l’Egypte a participé à cette session ?

— La délégation de l’Egypte était composée des représentants du ministère d’Etat pour les Affaires de l’environnement et du ministère des Affaires étrangères. Elle était le porte-parole de l’Egypte et des pays arabes. Je dois préciser que cette session était la première session présidée par un Arabe, à savoir le ministre soudanais de l’Environnement. Durant les discussions, l’Egypte et d’autres pays étaient contre une participation des orga­nisations de la société civile sur un pied d’éga­lité avec les gouvernements. Ils préfèrent une participation de leur part en tant qu’observa­teurs. Raison pour laquelle, la décision pour préciser le cadre de la participation de ces organisations a été reportée à l’année pro­chaine.

— Pensez-vous que ces résultats et la par­ticipation à ces réunions aient des répercus­sions positives sur l’environnement ?

— Je pense qu’il est important de prendre part à ces réunions pour mettre en place les politiques de l’environnement et du dévelop­pement durable dans le monde. Il est indispen­sable de partager les informations, les exper­tises et la formation. A mon avis, les ministères de l’Environnement dans le monde auront une puissance similaire aux ministères de la Défense dans l’avenir proche.

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