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Donald Trump perd du terrain

Amira Samir, Mercredi, 19 octobre 2016

Alors que l'électorat américain est toujours indécis, le candidat républicain, Donald Trump, dont les chances s'amenuisent, met en doute l'intégrité de l'élection présidentielle du 8 novembre.

Donald Trump perd du terrain
Clinton devance désormais Trump dans les intentions de vote.

A une vingtaine de jours du vote présidentiel, les Américains sem­blent encore divisés sur le choix de leur futur président. Depuis le début de la campagne présidentielle qui oppose Donald Trump à Hillary Clinton, le dégoût s’est peu à peu installé chez les électeurs améri­cains. Certains disent que les Etats-Unis font fausse route. Alors que d’autres constatent simplement la chute de popularité qui touche les deux candidats. Même si Clinton devance son rival dans les sondages officiels, la majorité des Américains rejettent les deux candidats à la Maison Blanche.

Dans l’ombre de Donald Trump et d’Hillary Clinton, les « petits candi­dats » comme l’écologiste Jill Stein, le libéral Gary Johnson ou le répu­blicain Evan McMullin vont tenter de se frayer un chemin dans les scrutins. Les Américains ne votent pas pour un président mais pour de grands électeurs représentant chaque Etat et chargés eux-mêmes de voter pour un des candidats. Or, la plupart des Etats pratiquent le système du « winner takes all » (le vainqueur rafle tout) c’est-à-dire que le candidat qui obtient la majo­rité remporte la totalité des « grands électeurs ».

Baisse de popularité

A l’approche du jour J, le 8 novembre prochain, les deux princi­paux candidats redoutent une faible mobilisation de l’électorat tradition­nel, en particulier les jeunes et les minorités qui ont contribué largement aux victoires de Barack Obama en 2008 et 2012. « Pour une grande par­tie des Américains, la présidence d’Hillary Clinton sera un prolonge­ment du mandat de Barack Obama. C’est aussi une personnalité très froide qui aime beaucoup le pouvoir et l’argent, comme l’était son mari Bill Clinton, ancien président des Etats-Unis (le 42e président des Etats-Unis de 1993 à 2001) », explique Tareq Fahmi, professeur de relations internationales à l’Université du Caire. Outre les propos vulgaires de Donald Trump, ce dernier n’a aucune expérience politique, il admire les dictateurs du monde entier et tient des propos racistes à qui veut l’entendre. Plusieurs personnalités du Parti répu­blicain ont pris leurs distances avec le magnat de l’immobilier et ne le sou­tiennent plus.

Et des millions d’électeurs républi­cains lui ont aussi tourné le dos. Trump qui commence à être en grande difficulté dans les sondages face à sa rivale démocrate dénonce une « élec­tion truquée » par des « médias cor­rompus ». « La situation de ces prési­dentielles est effectivement exception­nelle. C’est rare de voir un parti lais­ser tomber son candidat, comme est en train de le faire le Parti républi­cain avec Trump », explique Hassan Nafea, professeur de sciences poli­tiques à l’Université du Caire. « Quoique impopulaire aux yeux d’une bonne partie des électeurs, Clinton semble être la favorite », estime Nafea. 85 des 100 derniers sondages effectués aux Etats-Unis ont donné Hillary Clinton gagnante aux élections présidentielles.

Et selon une étude conjointe effec­tuée par le Washington Post et ABC en juin dernier, deux tiers des électeurs américains considéraient que Trump n’a pas les compétences nécessaires pour diriger le pays, notamment à cause de ses préjugés sur les musul­mans, les immigrés, les minorités et les femmes. L’un des derniers son­dages publié le 3 octobre par Politico/Morning indique que Hillary Clinton obtiendrait 42 % des intentions de vote, tandis que son rival républicain ne recueillerait que 36 %. Ces deux derniers mois, Trump n’a pas changé sa ligne de conduite et ne cesse d’atta­quer sa rivale, l’accusant tantôt de malade tantôt de droguée. Malgré cela Trump est-il en mesure de remporter les présidentielles ? D’après Hassan Nafea, Trump peut encore gagner les élections même si plusieurs sondages donnent Clinton gagnante et que les minorités ne le soutiennent pas. « Outre ses partisans, une partie des minorités américaines, notamment les pauvres, et les Américains qui ont beaucoup souffert à l’époque d’Oba­ma vont sans doute voter pour Trump », estime Hassan Nafea. Cependant, ses accusations contre le système électoral révèlent peut-être qu’il sent le vent tourner.

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